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Les retrouvailles
Paul Bérenger fait son entrée dans l?hémicycle. Il chantonne. De l?autre coté, les parlementaires de la majorité arrivent petit à petit. L?atmosphère est détendue même si l?on note une certaine fébrilité: c?est après tout la toute première fois pour beaucoup. Il est 11 h 30. Le speaker fait son entrée dans une ambiance maintenant solennelle.
Le leader de l?opposition, Paul Bérenger, lit sa Private Notice Question adressée au Premier ministre. A la fin de sa lecture, deux secondes passent et tous les yeux sont braqués sur le Premier ministre qui n?a pas levé les yeux de ses notes. Satish Faugoo se lève et répond à la question. Fou rire général de la majorité.
Paul Bérenger, visiblement pris par surprise, est agacé et ne le cache pas. Il hoche la tête. Le Premier ministre lève la tête, regarde Ashock Jugnauth, et se met à rire. Le ministre, James Burty David, est particulièrement en forme. Il applaudira son collègue de la Santé à plusieurs reprises. Ce qui agace Rajesh Bhagwan: ?To pann eli, to pa gayn drwa koze!? ?Taler to pou kone?, réplique James Burty David. Alors que les piques continuent de plus belle, Paul Bérenger hoche toujours la tête: ?Ayooooo??, dit-il, dégoûté.
Face aux critiques de l?opposition, James Burty David hausse les épaules: ?I always stir up passion?, dit-il en riant. Paul Bérenger n?est pas impressionné: ?Barik vid?. James Burty David n?en a cure. Il reprend l?offensive.
Les hostilités de la récente campagne n?ont pas été oubliées. Alors qu?Abu Kasenally répond à une question, Showkutally Soodhun bavarde avec Paul Bérenger. Le ministre est irrité. ?You are not in Quinze-Cantons now. Listen please?, dit-il sévère à celui qui était son adversaire au n° 15. Paul Bérenger éclate de rire. ?He thinks he?s the speaker?, dit-il.
Entre-temps, la députée rouge Nita Deerpalsing interrompt de temps en temps la lecture de son roman pour narguer le leader de l?opposition. A tel point que le normalement impassible Ashock Jugnauth est irrité.
Alors que les débats continuent, l?entente entre les frontbenchers du gouvernement est évidente. Sithanen, Duval, Beebeejaun et Ramgoolam se concertent souvent et éclatent de rire. Autre évidence: la solidarité entre les nouveaux ministres. Indira Seebun est visiblement très nerveuse quand elle répond à une question qui lui est adressée. Et les autres ministres, sensibles à la nervosité de cette dernière, la félicitent.
Petit accrochage entre le Premier ministre et le leader de l?opposition durant la seconde partie de la séance parlementaire alors que Navin Ramgoolam présentait sa motion. ?Les gens parlent de chasse aux sorcières. Ils oublient qu?en 1982, le MMM avait amendé la Constitution pour faire partir beaucoup, y compris les civil servants?, dit-il. ?Cela ne concernait pas les civil servants?, réplique Bérenger. ?Bien sûr que si?, répond Ramgoolam. ?Admet que tu as tort?, persiste Bérenger. ?Je sais de quoi je parle. Hervé Duval était fonctionnaire?, lui lance Ramgoolam remonté. Réponse: ?Tu as tort. C?est toi qui a mis un fonctionnaire à la porte.? ?Tu as la mémoire courte?, observe Navin Ramgoolam. ?Tu as tort?, reprend Bérenger?
La réplique du leader de l?opposition au Premier ministre suscitera le plus d?interruptions. En tant qu?ancien Premier ministre, ce dernier veut ?donner un conseil? parce qu?il faut ?keep the equilibrium?. Bérenger utilisera cette phrase à plusieurs reprises. A tel point que Rihun Hawoldar proposera de donner un poste de conseiller à Bérenger. Et qu?à chaque fois que le leader du MMM dit les mots ?because we have to??, les travaillistes terminent en ch?ur: ??keep the equilibrium!? avant d?éclater de rire.
Un portable se met à sonner. C?est celui de Dharam Gokhool, ministre de l?Education. Il l?éteint à la hâte. Tout de suite après, un autre cellulaire. Paul Bérenger est agacé. Il demande au speaker s?il ne faudrait pas interdire les cellulaires dans l?hémicycle. ?D?ailleurs, il y a un signe à l?entrée.?
Le speaker réagit en demandant au coupable de se faire connaître. Il regarde les bancs de la majorité. Ces derniers, ravis, montrent ?Laba sa?. Direction Jayen Cuttaree qui se met debout, s?excuse et s?explique.
Alors que Paul Bérenger s?évertue à rappeler au gouvernement qu?il n?a pas la majorité requise pour faire les changements qu?il souhaite, les députés n?apprécient pas. ?Aksepte to defet!? entend-on.
?Speaking nonsense?, réplique le Premier ministre. ?S?ils avaient fait campagne sur le thème de révoquer le président, ils seraient dans l?opposition?, affirme Bérenger. ?Li malad sa matlo. Pa kapav aksepte eleksyon!? commente Navin Ramgoolam. ?Kot to winning formula?? se demande James Burty David.
Au tour de Paul Bérenger d?être mécontent. ?Tout le monde sait que nous avons accepté les résultats dans la sérénité et le fairplay?, dit-il. Et c?est l?hilarité. ?Demann Barbier, li pe envi vinn minis?, réplique James Burty David.
Bérenger reprend son discours. ?Cela fait 37 ans depuis qu?ils sont au pouvoir?? Rires de la majorité. ?37 an ki nou pou opouvwar!? répondent-ils. Le leader de l?opposition éclate de rire en réalisant son erreur. ?Ils ont tellement mal commencé que les 37 jours ont l?air de 37 ans?, ajoute-t-il.
La séance prend fin dans la bonne humeur. Alors qu?Alan Ganoo demande l?ajournement des travaux et le speaker demande si les autres sont d?accord, c?est seul le whip du gouvernement qui lance un ?ay?sonore. ?The ays have it?, dit le speaker. Rires. ?Tonn gayn mazorite absolu zordi?, plaisante Paul Bérenger. Les parlementaires repartent, tout est bien qui finit bien?
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