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2e conférence tamoule et présence dravidienne
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2e conférence tamoule et présence dravidienne
En marge de la 2e conférence internationale sur la culture dravidienne, se déroulant dans le pays au début d?août 1980, la presse multiplie les dossiers sur la présence tamoule à Maurice. Ils rappellent volontiers la part dravidienne dans le vocabulaire mauricien : patole, carripoulé, pipengaille, poutou, cotomili, moolooktani, vindaye, moutaille, mouroungue, etc.). Nous lui devons aussi la roche curry et son baba, personnages principaux de plusieurs anecdotes d?émigrants mauriciens expliquant, à des douaniers étrangers, la raison de la présence de cette « grinding machine » dans leurs bagages. On cite aussi le cas d?un haut fonctionnaire mauricien à l?UNESCO, à Paris, exhibant fièrement, à ses invités, sa roche curry « cum » baba.
Pas question non plus d?oublier que nous devons à La Bourdonnais la venue des premiers artisans tamouls à l?Isle de France, un bon siècle avant cet engagisme, déclenché avant même l?émancipation des esclaves. Cette première vague d?émigration explique la multiplicité des patronymes à résonance dravidienne au sein de la population dite générale. De Pondichéry et des autres comptoirs français du sud de l?Inde nous viennent également des artisans, des forgerons, des charpentiers, des maçons.
D?autres travailleurs viennent les rejoindre au siècle suivant (le XIXe) et nous leurs devons plusieurs bâtiments historiques dont les bâtiments du Trésor, de la Poste Centrale (pourtant revendiqué par les partisans du Centre culturel africain Nelson-Mandela), le poste de police d?Abercrombie. Les Tamouls passent pour d?excellents tailleurs de pierre, sculpteurs, orfèvres, bijoutiers, horlogers, forgerons. Ils possèdent également un sens inné du commerce et règnent en maîtres, à la fin du XIXe siècle, au marché central de Port Louis et dans les rues environnantes. Ils font aussi d?excellents agriculteurs et d?aucuns leur attribuent l?introduction du vétiver pour combattre l?érosion dans les plantations de cannes à sucre, encore que des connaisseurs, comme Guy Rouillard et Joseph Guého, font état d?envois de plants de vétiver, en 1764, à partir de Coromandel par Brénier à son neveu Cossigny et de tentatives d?acclimatation au Jardin du Roy par Céré.
Ramoo Sooriamoorthy parle de 8 740 soldats tamouls participant, avec les militaires anglais, à la conquête de l?Isle de France en novembre/décembre 1810. Le même auteur rappelle l?introduction du théâtre en plein air par des troupes de comédiens et de musiciens tamouls. Ils excellent dans l?art de dresser rapidement un décor, de se costumer, de se grimer, de fabriquer des masques et d?autres accessoires de théâtre.
Ils se montrent irréprochables sur le plan de la ferveur religieuse et du respect des rites et des sacrifices culturels. Ils jeûnent volontiers, en famille et à nombreuses reprises au cours de l?année. Cette piété exemplaire est à la base de la multiplicité de temples tamouls, érigés même dans les localités les plus excentrées. Cette architecture religieuse est pourtant complexe. Elle impose le respect des lois canoniques des Agamas (textes sacrés d?origine dravidienne) régissant la construction des lieux de culte tamouls. Cette architecture religieuse s?inspire volontiers d?un corps humain gisant. C?est sur ce plan inspiré que se construit à partir de 1855 (il y a de cela exactement 150 ans) le temple Shree Sockalingum Meenatchee Amen à la route Nicolay, Port Louis.
Nous devons, bien sûr, aux Tamouls nos processions de Cavadee, dédiées au dieu Mourouga, si populaires parmi la population en raison de l?austérité des sacrifices que s?imposent, en cette occasion, les disciples de ce dieu.
La littérature tamoule figure de bonne heure dans la presse mauricienne. Pendant ses première décennies d?existence, le très bourgeois « Cernéen » d?Adrien d?Epinay (à qui nous devons, ne l?oublions jamais, la liberté de la presse) n?hésite pas à publier des insertions publicitaires, des notices administratives, des communiqués officiels, rédigés en langue tamoule. On note, une première tentative de journal rédigé en langue tamoule, le « Mercantile Adviser », en 1868, un bon siècle avant l?indépendance de Maurice.
Deux ministres du Tamil Nadu, MM. Nidunchezran (Finances) et C. Araganayagam (Education) débarquent à Maurice pour participer à cette conférence sur la culture tamoule. On note aussi la présence du Dr S. Kichebire et de M. et Mme Jebane du club tamoul de la Réunion, de S. Chetty des Seychelles, de N. Nadar de Durban, de R. Canagarathuam du Sri Lanka, de Gurupatham et Subaya Narayanasamy de Kuala Lumpur, du Dr V. Subramania de Madras, une délégation d?une douzaine de personnes de Malaisie.
Une première conférence internationale sur la langue tamoule a eu lieu à Madras en 1977.
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