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CIEL, le patron !
Il aurait pu nous sortir la moue du grand patron, prendre un ton un peu précieux, nous accueillir avec une attitude hautaine ou encore nous donner l?image d?un homme trop affairé. Mais non, nous avons rencontré un chef charismatique, qui sait vous mettre à l?aise, un homme dont le succès n?est pas monté à la tête. Et alors que le textile a une épée de Damoclès sur la tête, Harold Mayer, Chief Opera-tion Officer du groupe CIEL, est sous les feux de la rampe.
Il a été élu « Entrepreneur de l?année 2004 » et s?est vu octroyer le Tecoma Award, un concours organisé par L?Écho Austral, en partenariat avec Emtel. Son groupe a été récompensé pour ses résultats financiers, sa rentabilité, son sens de l?innovation et sa dimension sociale. « On était au bord du gouffre après la crise malgache, mais on a réussi à redresser la barre deux ans après. C?est peut-être cela qui a séduit ceux qui ont voté pour nous », affirme-t-il. Il a certes raison, mais il y a autre chose.
Harold Mayer est un homme d?action, mu par une quête incessante de progresser, d?améliorer. Il considère qu?il ne fait pas grand-chose si ce n?est diriger une centaine de managers et une dizaine de milliers d?employés de six compagnies du groupe CIEL à Mau-rice, sans parler des employés en Inde et à Madagascar. Harold Mayer manage comme il respire. C?est non seulement un meneur, mais aussi un homme d?affaires qui grouille d?idées et ne s?endort jamais sur ses lauriers.
Le travail est colossal
Dans ses usines, on dessine, on découpe, on assemble. Résultat : cinq millions de chemises confectionnées par an pour de grandes griffes comme Marks & Spencer, 14 millions de T-shirts, 4,5 millions de pulls. Pour arriver à ces chiffres, le patron mise sur les ressources humaines.
« Il faut que les gens prennent plaisir à travailler avec vous, pour qu?ils donnent le meilleur d?eux-mêmes. Il faut que vous soyez passionné par ce que vous entreprenez, que vous soyez un perfectionniste. Quand cette volonté rejaillit sur le personnel, ce dernier suit dans le même sens. »
En d?autres mots, Harold Mayer doit être avant tout lui-même, animé d?un brin de folie pour pouvoir l?insuffler à son personnel et lui donner l?envie de se surpasser.
Et dire qu?il y a quinze ans, rien ne laissait présager la naissance d?un tel groupe. « J?ai commencé comme Financial Controller chez New Island Clothing.
À un certain moment, des Anglais ont acheté l?usine pour la confection quasi exclusive des chemises de Marks & Spencer. Nous pensions qu?avec notre savoir-faire, nous pouvions diversifier notre marché. On a donc formé Aquarelle. »
La petite usine, qui produisait 25 000 chemises par an, a alors déployé ses ailes pour fabriquer 500 000 chemises quelques années après. Harold Mayer et ses partenaires ont, entre-temps, fait l?acquisition de plusieurs usines textile et il y a cinq ans, ces dernières ont fusionné sous le nom de CIEL.
Le travail est colossal. Il court, il court, Harold Mayer. De pays en pays, il voyage une quinzaine de fois par an, rencontre ses gros clients, négocie les contrats avec ses fournisseurs, ouvre une usine par-ci, une autre par-là.
Quand il est à Maurice, il enchaîne les réunions, développe des projets, fait des suivis. Il est tantôt chez Aquarelle, tantôt chez Ferney Spinning. Il enchaîne ses journées, au mépris du temps qui passe ou des décalages horaires. « Le monde du textile est exigeant. Il y a toujours beaucoup de problèmes, il faut persévérer et ne pas se décourager. Il faut en plus avoir un mental fort », confie-t-il.
Le modèle de la réussite
Il se permet tout de même de passer un peu de temps avec sa femme et ses quatre enfants. Il lit des livres sur la psychologie et la spiritualité. « Mon ancre dans la vie c?est la spiritualité. Ma foi est à la base de tout », explique-t-il. Son modèle est Nelson Mandela, celui qu?il surnomme un « ambassadeur multiracial ». « Je l?admire pour ses qualités humaines, sa détermination, ses qualités de pardon, sa capacité à rassembler tout le monde. J?aurais aimé posséder un peu de toutes ces qualités qu?il a. »
Il pratique beaucoup de sport et met un point d?honneur à faire du vélo au moins trois fois par semaine de 5 à 7 heures. Il est également le président et le fondateur de « Curepipe Starlight », un club qui regroupe neuf disciplines sportives. « On dit?healthy body, healthy mind?. C?est à 100 % vrai. Le sport renouvelle l?esprit, vous déstresse et cela m?aide beaucoup dans le travail. » On peut dire que Harold Mayer incarne le modèle optimiste de la réussite.
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