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Le Grup Koli XploZif s?expose en bandes dessinées

6 août 2005, 00:00

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Lumière sur les membres du Grup Koli XploZif, (KXZ). Ils en sont à leur toute première expérience dans le domaine de la publication d?un magazine de bande dessinée. Ils ont choisi de relever le défi : celui d?étaler leur ?uvre et leurs idées aux yeux du public. Certains d?entre eux ont déjà démontré leur talent au dernier concours de B.D organisé par l?Alliance Française. Perchées sur des escabeaux, les s?urs Barbe, Dominique et Christelle, nous parlent de créativité. « Même si cela nous a coûté cher, affirme Christelle, nous ne voulons qu?une chose, être libre de communiquer nos idées et cela, sans censure? »

Libre de dépeindre. C?est à l?école Raoul Rivet que nous rencontrons sept membres du Grup Koli XploZif où ils exécutent une fresque. «Koli», c?est pour livraison et «XploZif» pour «déchaînement d?histoires». Au loin nous apercevons une artiste qui badigeonne le mur d?une couleur sombre. Les cheveux relevés, les doigts empreints de peinture fraîche et c?est Christelle, 22 ans, qui ouvre les portes de sa passion. « Ce que nous faisons, c?est de la bande dessinée moderne, plus exactement du genre manga?» déclare-t-elle.

Le format de ce nouveau magazine de 32 pages est composé de trois histoires principales et de quatre à cinq histoires secondaires qui seront en grande partie en noir et blanc. Le but derrière cette idée, « c?est de mettre les textes en valeur et d?essayer un autre style. Parce qu?au-delà des dessins, l?histoire racontée transmet un message,» explique Dominique.

De la violence à volonté

Les s?urs Barbe se complètent. C?est en collaboration qu?elles ont obtenu le Prix de l?Espoir 2004-2005 au concours B.D de l?Alliance Française. Quand l?une affirme, l?autre consent. Elles oeuvrent toutes pour le succès de la bande dessinée version remasterisée.

Le manga, un style japonais, c?est la passion de ces bédéistes. Tandis que certains d?entre eux pêchent leur histoire dans le réel, d?autres basculent dans le surréalisme déroutant et saisissant du mouvement «dark». De la violence à volonté. Des histoires inspirées de la vie quotidienne. Sur la pochette de leur bande dessinée, ils ont choisi de mettre en avant la mise en garde.

«Déconseillé aux moins de dix ans». La raison est très simple. Trop de liberté. « Quand mo invente ene zistoir, mo mette bann zafaires qui mo pa capav fer dan realite,» confie Anderson Arcanthe. Ce jeune de 16 ans doit son développement en tant que bédéiste aux s?urs Barbe. «Monn commence par copier bann dessins, puis plus tard kan monn ale lecol, monn commence cre mo personnages,» relate Anderson.

Parcours du combattant

Cependant, cette parution leur a demandé à tous, des sacrifices, tant financiers que personnels. « Je suis bédéiste à plein temps, ce n?est pas évident mais je continue la lutte,» affirme cette ancienne des Ticomix. Tout en essuyant le refus de certains sponsors, elle et sa s?ur n?ont pourtant pas baissé les bras. Après des mois de recherches, elles ont finalement pu obtenir l?aide du ministère des Arts et de la Culture.

« Mais pas zis sponsors qui ene contrainte, bann materiel qui nu bisin aussi coute tres chers.» Et d?après elles, ce sont là les raisons qui font que les artistes ne réussissent pas à Maurice. Quand on la voit qui sourit, masque ses difficultés, ravive le mur trop blanc de l?école Raoul Rivet d?une belle bande dessinée géante, l?on se dit qu?elle mérite amplement un rien de reconnaissance pour son travail. Voguant de Tintin à Bill et Boule, les opinions sont les mêmes. «C?était de l?époque ancienne ,» s?exclame Sébastien Tahucatte, 19 ans, ancien étudiant du collège La Confiance. Il n?a pas peur de dire ce que les autres pensent tout bas. Alors que Dominique lui jette un regard interrogateur, Sébastien s?explique. «D?accord, il existe des B.D que nous aimons et d?autres que nous étudions. Même si nous n?apprécions pas certains, nous relevons les techniques derrière l?histoire.»

Adepte de l?encre

Il sautille de droite à gauche, relève le menton et affirme lentement qu?il n?a rien contre ces anciennes bandes dessinées. Simplement que le ton est tout autre aujourd?hui.

Et c?est quoi ce style nouveau? «Plus solide, plus fluide et plus de technique.» Sur cela Christelle est inébranlable, c?est là la définition du manga. Gare à ceux qui retrouveront une part de «gore» dans ses histoires, elle s?y oppose. « Je camoufle la violence par des couleurs vives ». Donc, libre cours à l?imaginaire et plongeons dans le monde fait de méchants et de gentils de ces adeptes de l?encre. Qu?à cela ne tienne ! Le succès est au rendez-vous car trois autres membres primés à l?Alliance Française y ont participé : Véronique Barbe-Emrith, pour le 1er Prix 2005, Noah Nanny, pour le Prix de la couleur 2005 et Lionel Anthony, le «cool man» de la bande, pour le Prix du Jury.

Alors, croient-ils en l?avenir ? Bien évidemment. Est-il défendu de rêver ? Aucune loi ne l?interdit. S?ils ont tenu à faire publier ce magazine, c?est pour promouvoir la lecture. Ouvrir de nouveaux horizons et créer de nouvelles perspectives pour les jeunes en quête d?un débouché dans le monde artistique. Leur magazine sera mis en vente à Rs 50 seulement. Curieux et adeptes des mangas, ce supplément est le vôtre. La parution est fixée pour le 13 août. C?est sur une trace d?encre et une pointe de réflexion que nous refermons la bulle de la conversation.

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