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Les 50 ans de la Hindu Band Society

4 août 2005, 20:00

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La presse observe ceci au début d’août 1980 : “Il est certaines organisations dont on méconnaît la valeur historique. La Mauritius Hindi Band Society (HBS), par exemple. Première formation musicale orientale, elle a joué un rôle prépondérant dans la conservation et le développement de l’une de nos cultures ancestrales : la culture indienne”. Attendons voir si la célébration de ses 75 ans aura un impact supérieur à celle de son cinquantenaire.

Depuis 1980, la présence de la culture indienne à Maurice s’étoffe de jour en jour, grâce à l’existence et à la vitalité de plusieurs facteurs combinés et complémentaires, parmi lesquels il convient de mentionner, en vrac, le MGI, le centre culturel indien Indira-Gandhi, le succès croissant rencontré par les productions de Bollywood, les tournées de plus en plus nombreuses d’acteurs et de chanteurs de la Grande Péninsule, les uns plus populaires que les autres, les pages magazines réservées aux différentes facettes de la culture indienne dans un nombre croissant de publications locales, la MBC-TV qui dispose désormais de moyens technologiques plus adéquats pour diffuser dans de meilleures conditions les productions culturelles indiennes, tant locales qu’étrangères.

Pour s’en tenir au plan musical, qui concerne plus particulièrement la Mauritius Hindu Band Society, on ne peut se plaindre du nombre ni de la qualité des différentes formations culturelles locales. Chanteurs, danseurs, musiciens, chorégraphes rivalisent en professionnalisme et en savoir-faire. Ils comptent parmi nos artistes les plus talentueux et les plus professionnels même si l’ensemble de la population n’est pas capable d’apprécier comme il se doit la qualité de leurs performances scéniques. Ils ont, de plus, déjà prouvé, et à plusieurs reprises, pouvoir inclure, avec bonheur, dans leur répertoire, des apports étrangers (rythme, mélopée narrative) sans rien perdre de la pureté originelle de leurs sources d’inspiration. Depuis 1980, le public, friand de cette culture indienne, privilégiant la comédie musicale et ses nombreux ingrédients, les uns plus plaisants que les autres, ne cesse de s’élargir pour toucher des différentes composantes de la population mauricienne.

Les succès d’aujourd’hui reposent toutefois en grande partie sur les efforts patients et tenaces des animateurs culturels des précédentes générations. Ils ont eu le mérite d’avoir tenu bon et de n’avoir jamais désespéré, en des temps peut-être moins favorables qu’aujourd’hui à la promotion et à la diffusion de la culture indienne. Les promoteurs et autres responsables de la Hindu Band Society figurent en bonne place dans la liste de ces hérauts et héros de la présence culturelle indienne à Maurice.

C’est en 1930 que Harvey (Retnon) Marimootoo fonde la Hindu Band Society. Ce groupe musical rassemble, au départ, des amis musiciens, heureux de pouvoir exercer ensemble leurs talents. D’autres musiciens se joignent à eux et la troupe ne tarde pas à se constituer en ensemble musical, sinon en orchestre. Il anime volontiers fêtes populaires et célébrations religieuses dont le cavadee, le divali, le Krishna Gayanti (la naissance de Krishna), la marche sur le feu.

Les instruments utilisés sont la trompette, le clarinette, le saxophone, l’alto mais aussi le violon, l’harmonica, le tabla, le banjo, le tambour (grosse caisse). Le groupe reçoit une aide polyvalente appréciable du Major Dickmore, originaire de Pondichéry.

Les musiciens sont tellement talentueux que l’orchestre de la police n’hésite guère à recruter dans les rangs de la Hindu Band Society. Celle-ci est particulièrement fière de sa participation à différents événements aussi importants que des départs des pionniers pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, la célébration de la Victoire sur le nazisme (mai 1945), la célébration de l’Indépendance de l’Inde (15 août 1947), le 50e anniversaire de la fondation du scoutisme (1968).

A l’occasion de ses 50 ans, la HBS songe à créer un centre de musique karnatique (sud de l’Inde). Elle compte en son sein, deux joueuses de Veena (sitar tamoule) et un joueur de mirdangum.

Parallèlement à la célébration des 50 ans de la HBS, Maurice s’apprête à accueillir, en août 1980, les participants de la 2e Conférence internationale sur la Culture Tamoule. Parmi les organisateurs de cet important événement culturel figure, en bonne place, Harry Ruthmun, le secrétaire de la branche locale de cette organisation internationale.

Terminons sur une note involontairement humoristique : un journal titre allègrement en ce début d’août 1980 : “La Fédération des Temples Tamouls se dépolitise : Elle désigne comme son président… Kadress Pillay” (alors directeur de l’Audit). Comment ne pas penser ici à Charles Péguy, disant au sujet de la Réforme et Contre-Réforme chrétienne, au XVIe siècle en Europe : “Tout commence en mystique et tout finit en politique”.

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