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Guy Ollivry : L?UDM ne suppliera pas Boodhoo
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Guy Ollivry : L?UDM ne suppliera pas Boodhoo
L?Union Démocratique Mauricienne admet une certaine proximité idéologique avec le Parti Socialiste Mauricien (PSM) d?Harish Boodhoo. Pas au point, cependant, de le supplier en vue d?une alliance. Il reconnaît l?existence de certains changements, toujours idéologiques, au sein du MMM mais demeure sur ses gardes. PTr et PMSD connaîtront des défaites, semblables à celle enregistrée en décembre 1976 par l?UDM, s?ils ne changent pas d?attitude et d?hommes. Guy Ollivry, le leader de l?UDM, s?insurge contre un titre de la presse (?UDM : Ah ! si seulement le PSM le voulait??) pouvant faire croire que son parti se jette aux pieds d?Harish Boodhoo. La réalité est plus nuancée : entre le PTr/PMSD à droite et le MMM à gauche, il y a de la place pour une 3e force socialiste mais modérée, pragmatique sans tomber dans l?opportunisme ni le reniement des idées. Ce désir d?une 3e force est d?ailleurs antérieur à la création du PSM.
L?UDM se réjouit, en revanche, que le MMM de Bérenger accepte, en 1980 et mieux qu?auparavant, le pluralisme politique, autrement dit l?existence de plusieurs partis et l?alternance du pouvoir. Il se félicite des changements au sein du MMM à l?égard des élections législatives (devenant la voie normale pour qu?il prenne le pouvoir), du patronat (cessant d?être une ?bouffonnade?). Mais sa politique économique (anticapitaliste) et sa diplomatie (privilégeant les pays prônant la révolution marxiste) maintiennent des appréhensions antérieures.
Guy Ollivry se contredit toutefois quand il prévoit la disparition d?un PMSD laissé sur la touche par le PTr. Il se fonde sur la bipolarisation de la marmite politique à Maurice, prônant le vote utile (pour l?un des blocs) et excluant d?office toute 3e force politique. L?UDM préconise un socialisme de partage dans le cadre d?une économie mixte. En dehors des cas incontournables de nationalisation, la libre entreprise, sous contrôle d?un gouvernement socialiste, est le meilleur moyen d?assurer le développement planifié d?un peuple donné et centré sur l?Homme qu?il prétend servir. Un Homme participant à la gestion de son entreprise, comme il participe à celle de son village, de son quartier, de son district, de sa ville. Un vaste programme qui inclut d?importants changements constitutionnels.
Ne quittons pas les méandres diplomatiques et les politiques étrangères où les positions du MMM se situent aux antipodes de celles de Gaëtan Duval, tandis qu?au sein du PTr on louvoie allègrement entre ces deux pôles, n?hésitant surtout pas à sauter du coq à l?âne. Au début d?août 1980, un transfuge de l?Union des Soviets Socialistes, le capitaine Lyssenko, se livre à des révélations donnant froid dans le dos. Il allègue que Moscou n?hésite pas à détruire systématiquement et même chimiquement les ressources marines des différents océans, y compris le nôtre. Cela confirme les multiples mises en garde locales contre les techniques de pêche particulièrement destructrices des bateaux de pêche russes. Et ce n?est pas avec un ?Amar? solidement amarré au Quai C que Maurice parviendra à protéger le million de kilomètres carrés de sa zone exclusive économique des 200 miles marins.
Ce sont ces mêmes océans que deux aventuriers des mers veulent parcourir à bord d?un voilier de leur construction. Ils sont Patrick Dalais et Bernard Chasteau. Ils meurent d?envie de suivre les traces de leurs glorieux aînés, Mico Sauzier et Michel Pitot qui rallièrent la Martinique en 1958 à bord d?un bateau construit à Grand-Gaube. Mico Sauzier devait ensuite s?établir à Tahiti. Plus tard, Noël Harel et Gérard Sauzier, apparenté à Mico, se rendent aux Antilles à bord d?un sloop. Patrick Dalais et Bernard Chasteau construisent eux-mêmes l?embarcation de leur rêve, faute de sous pour financer leur expédition. Ils ont respectivement 24 et 27 ans, une volonté inébranlable, la passion de la mer, de la voile, de la navigation. Ils n?ont pas froid aux yeux. Patrick travaille chez ?Art Décor? de Marcel Lagesse et Bernard, le skipper du yacht ?Sabrina?, organise des excursions touristiques en mer. Ils optent pour un monocoque de 35 pieds de long sur 10 de large, muni d?une quille en plomb. Le principal atout de ce type de bateau : il peut se redresser s?il vient à chavirer. Une qualité dont devraient se doter maints gouvernements.
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