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Alain Laviolette fait vivre la glace
La réputation du Shandrani, qui compte parmi les plus beaux hôtels du sud de Maurice, repose en partie sur le talent des professionnels qui y travaillent. Alain Laviolette, surnommé Ice Man, y est employé depuis dix ans. Spécialisé dans la sculpture sur glace, il a pu se consacrer à cet art et le développer grâce à l?appui du chef Guibert.
Le chef, arrivé au Shandrani depuis quatre ans, explique que la sculpture sur glace ne s?est développée que récemment à Maurice. Les blocs de glace, dont le coût était très élevé, il y a encore trois ans, étaient réservés aux poissonniers de l?île. ?Au Canada, des équipes s?affrontent lors de compétitions. Ils sortent d?énormes blocs de glace d?un lac ou d?une rivière gelée et les taillent sur place?, affirme-t-il.
Alain Laviolette a fait ses études au collège Eden de Rose-Hill. Il a grandi dans une famille d?artistes qui lui a transmis une réelle passion pour le dessin et la sculpture. Il a commencé par la sculpture sur bois, mais n?a pas pu en faire un métier. Dans les années 1990, explique-t-il, peu de Mauriciens avaient les moyens de s?offrir de tels objets.
Il a alors l?idée de se lancer dans la sculpture de glace, de fruits et de légumes. Et c?est ce qui plaît aux grands hôtels, qui lui ouvrent rapidement leurs portes. Il a travaillé au Méridien, au Paradis, à l?hôtel Ambre. Mais c?est au Shandrani qu?on lui donne l?opportunité de progresser. Un matériel approprié a été acheté spécialement pour l?artiste et un stage d?approfondissement en ice carving lui a été offert.
Alain Laviolette fait partie de ceux qui n?ont pas besoin de tracer un dessin avant de tailler leur matériau. Son imagination, sa créativité et son aisance à manier ses outils lui permettent de sculpter des formes toujours nouvelles, en traçant ses dessins de tête. ?Il faut une bonne condition physique pour exercer cette profession. La glace est un matériau très dur. Il faut la tailler rapidement pour éviter qu?elle ne fonde?, explique-t-il.
Un art éphémère
Alain Laviolette taille au moins une pièce de glace par jour. Celle-ci, comparable à un bijou de cristal, est disposée chaque soir au milieu du buffet, entre les salades et les desserts. Les pièces de base sont parfois agrémentées de couleurs, précise-t-il. ?En introduisant des fruits dans les blocs de glace, je peux obtenir des effets nouveaux et surprenants.?
Lors de grandes occasions, pour les fêtes de Pâques ou Deewali, le jeune homme taille jusqu?à cinq pièces pour une soirée. Pour les dîners d?entreprise, il propose aux sociétés de réaliser leur logo en glace. Cette année, une quinzaine de jeunes se sont adressés à lui pour apprendre à sculpter la glace. Heureux de transmettre sa passion, il leur a donné des cours pendant quelques mois.
Nombre d?entre eux se sont découragés. Car, souligne Alain, ?c?est un travail très difficile, qui demande beaucoup de patience?. Mais l?un de ces jeunes s?est découvert un vrai talent. ?Il a sculpté une rose en trois jours. J?étais impressionné et fier de lui.?
A ce jour, l?île ne compte que sept sculpteurs de glace. Selon Alain Laviolette, la plupart d?entre eux ?se limitent à ce qu?ils connaissent déjà et ne cherchent pas à développer cet art?. C?est dommage, certes. Mais Alain est un artiste dans l?âme. Sa curiosité, sa créativité et sa soif d?apprendre assureront sans aucun doute un bel avenir à la sculpture sur glace.
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