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Renouveau
Les rôles sont inversés mais le scénario est le même. Hier le PTr, aujourd?hui le MSM, chacun qualifie à son tour le traitement de l?information par le service public audiovisuel de partisan. Le chef de file du groupe parlementaire du MSM a attiré l?attention de l?IBA hier sur la couverture de deux conférences de presse, données samedi respectivement par la majorité et l?opposition. Il s?appuie sur cet exemple pour accuser la MBC de faire de ?la propagande gouvernementale.?
Les trois chaînes de la MBC sont financées en partie par l?argent du contribuable et elles ont une mission de service public. Elles ont une obligation légale de présenter l?information ?in an impartial manner?. Or, sous tous les gouvernements, à des degrés divers, il y a eu accaparement de la télévision par les princes du jour. C?est pourquoi, il faut dès maintenant provoquer la réflexion sur le choix du futur directeur de la MBC. Pour favoriser l?incontournable évolution du paysage audiovisuel, celui-ci doit être un professionnel qui sait distinguer l?information de la propagande.
Il n?est pas possible de moderniser les médias publics si ses responsables manifestent une grande complaisance envers les puissants du jour. S?ils continuent à être nommés par le gouvernement uniquement sur la base d?affinités partisanes, ils auront du mal à respecter un cahier des charges qui exige l?indépendance et le pluralisme de l?information.
Sous l?ancien régime, il y a eu un recul concernant les programmes informatifs. La direction de la station nationale a été incapable d?organiser des émissions régulières tournant autour des questions politiques. Il fut un temps où la MBC parvenait à organiser des face-à-face, réunissant sur un même plateau des dirigeants des deux principaux blocs. Aujourd?hui, l?évocation même de tels débats tourne au psychodrame, avec, pour conséquence, une absence totale de confrontation d?idées en direct. Il faut espérer que le successeur de Torriden Chellapermal pourra incarner le renouveau du service public audiovisuel. S?il a pour seul objectif de servir le pouvoir, le défi ne sera pas relevé. Déjà, il y a des signes inquiétants au niveau de la rédaction de Louis Pasteur. Des responsabilités ont été attribuées aux journalistes en fonction de leurs sensibilités politiques. On peut mettre cela sur le compte de faux-pas commis dans l?euphorie d?une victoire électorale ou de règlement de comptes.
Mais, ces petites querelles partisanes terminées, on aimerait que la télévision soit dirigée par un homme ou une femme capable d?avoir une vision qui réponde aux attentes du téléspectateur. Et, sans le développement du pluralisme, il est impossible de transformer radicalement l?image tiers-mondiste de la station nationale. Il n?y a plus beaucoup de pays où les journaux télévisés sont consacrés presque exclusivement aux activités des ministres.
Il y quelque temps, Maurice figurait parmi les deux ou trois derniers pays de la planète où les radios libres étaient encore interdites. Depuis, il y a eu la libéralisation des ondes. En ce qui concerne la télévision, on entrevoit une possibilité de chaînes privées à travers une promesse contenue dans le discours-programme : ?Government will encourage the setting up of private television channels to enhance pluralism of the media.? Après avoir raté son entrée dans l?histoire comme le parti ayant libéralisé les radios, le PTr se rachètera-t-il grâce à la télévision ?
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