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Voyage, visas et arnaque

30 juillet 2005, 20:00

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Qui dit voyage, dit évasion et découverte… Désormais il faudra aussi y associer un autre mot, celui d’arnaque. En effet, à l’ombre de certaines agences de voyages, bien sous tous les rapports, se tapissent des personnes pour le moins peu recommandables.

Ainsi, une sexagénaire a failli en faire les frais le 12 juillet. Voulant se rendre en Angleterre, où ses sœurs sont établies depuis des années, elle réserve un billet aller-retour pour fin juillet. Comme elle a déjà obtenu satisfaction auprès d’une agence portlouisienne pour un récent voyage effectué en Australie, elle n’hésite pas à faire appel à elle à nouveau.

La date de départ est alors prévue pour le 28 juillet. Toutefois, il y a des démarches à accomplir pour obtenir un visa, ce qui fait sourciller la fille aînée de notre « mémé » car elle sait que les touristes mauriciens sont exemptés de visa depuis 2001. La vieille dame s’enquiert alors auprès d’une employée au comptoir, qui l’informe que le visa est délivré à Maurice ou au Royaume-Uni, mais que dans la plupart des cas, les voyageurs font leurs démarches avant le départ. La pauvre en ressort encore plus confuse, mais décide de se fier à ce que dit l’agence.

<B>Elle tourne les talons sans demander son reste</B>

Les formulaires pour la demande de visa remplis, la dame et sa fille se rendent aux Visa & Consular Sections du haut-commissariat britannique. Un employé de l’agence, âgé d’une cinquantaine d’années, les accompagne. Son travail consiste à s’occuper de tou-tes les formalités concernant la deman-de de visa.

Après plus d’une heure d’attente, le préposé du consul accueille la sexagénaire. Elle est seule, car sa fille a dû la laisser pour reprendre le travail. Après un rapide examen du formulaire, le préposé s’étonne : « E ou la, misie ou finn amenn sa madam la pran visa ici ? », dit-il en s’adressant à l’employé de l’agence de voyages.

« Atann lot kote, poursuit-il, « mo bizin koz avek madam la. »

Il lui pose alors quelques questions de routine, et finalement, l’informe que comme elle est âgée et que l’objet de son voyages est le tourisme, elle n’aura pas besoin de visa.

Rassurée et contente de ne pas avoir à dépenser Rs 2 750 pour les frais de visa, elle s’apprête à partir. L’employé de l’agence de voyage s’approche alors et lui confie : « Misié-là inn trouv ou avek moi sa mem li pann dimann ou narien. Li pense ou enn paran avek moi lakoz sa li pann rod narien. La, mo pou bizin donn li enn ti cash… Pa bizin dir ou tifi narien… » Sentant le roussi, la vieille dame ne souffle mot et tourne les talons sans demander son reste.

Informée de l’incident, sa fille annule illico la réservation. « On a essayé de nous berner en nous soutirant de l’argent, sans parler de la perte de temps que ma mère, qui souffre de problèmes cardiaques, a dû endurer », tempête-t-elle.

Une lettre racontant l’incident a été envoyée à l’agence de voyages qui se dit interpellée par les manœuvres douteuses de son employé. « Certains clients se sont plaints dans le passé. Mais comme ils n’avaient rien consigné noir sur blanc, nous n’avons jamais pu agir », laisse-t-on entendre.

Informée des agissements de l’indélicat, la chancellerie britannique ne tarde pas à réagir. « Le haut-commissaire et le vice-consul ont été avertis. Cette semaine, nous déciderons des mesures à prendre pour mieux renseigner le public sur les visas », affirme-t-on au consulat. Et le comportement de ce monsieur ne serait pas passé inaperçu à la chancellerie.

Cet incident ne laisse pas les associations d’agence de voyages indifférentes. « C’est vraiment condamnable ! », fulminent Jeenarain Soobagrah et Kamlesh Rampoortab, respectivement présidents de la Mauritius Association of IATA Travel Agents (Maita) et de l’IATA Travel Agency Association (ITAA). Kamlesh Rampoortab conseille donc aux voyageurs dans le doute de se renseigner auprès du consul ou de l’ambassade. Jeenarain Soobagrah se veut, quant à lui rassurant et affirme que les brebis galeuses ne sont pas légion.

<B>Un risque d’expulsion</B>

Mais il souligne que si le visa n’est pas obligatoire, il y a cependant un risque d’expulsion à l’arrivée. « L’année dernière, 200 Mauriciens qui s’étaient fait passer pour des étudiants ont été expulsés du Royaume-Uni, car les universités auxquelles ils s’étaient inscrits n’étaient pas reconnues par l’Immigration. »

Pour rappel, le visa pour le Royaume-Uni n’est plus obligatoire depuis 2001. « Les autorités britanniques ont alors remarqué un boom chez les jeunes qui, prétextant faire des études pour entrer sur le territoire britannique, ne rentraient pas dans leur pays natal. Ainsi, depuis 2004, les étudiants ont besoin d’un visa. »

Et un visa, poursuit Jeenarain Soobagrah, n’est pas une garantie d’entrée sur le territoire. « L’Immigration est le décideur final. Par exemple, si le voyageur répond mal aux questions, si la personne chez laquelle il est censé résider pendant son séjour refuse de l’accueillir, ou encore si le motif du voyage n’est pas très clair, il peut être refoulé. »

Dommage que ces informations ne soient pas facilement disponibles dans certaines agences, car les employés au comptoir manquent souvent d’expérience et de formation. Selon Jeenarain Soobagrah, seule une vingtaine de personnes est formée en Outbound Tourism à l’IVTB. « Elles sont vite happées par les grosses agences… J’ai déjà écrit au Human Resource Management & Training du ministère de l’Éducation pour signaler que nous faisons face à un manque de personnes qualifiées », affirme-t-il.

Au lieu d’être un plaisir, voyager devient parfois un vrai calvaire…

<B>Pagaille à Plaisance</B>

La fermeture de l’aéroport international de Mumbaï, à la suite des inondations de cette semaine, a été une véritable épreuve pour de nombreux voyageurs bloqués à Maurice.

Si Air Mauritius dit avoir pris des dispositions pour que ses vols puissent être opérationnels « le plus vite possible dès la réouverture de Bombay » au trafic international, les passagers n’ont pas toujours eu accès aux informations appropriées à Plaisance.

Ainsi, le vol MK 748D, prévu pour le 26 a dû être reporté au 27, puis à nouveau reporté au 28, avant d’être prévu pour le vendredi 29, avec pour conséquence que de nombreux passagers ont fait à chaque fois le déplacement à Plaisance pour s’entendre diresur place que le vol allait probablement être reporté, mais sans plus de détails.

« J’ai téléphoné à maintes reprises à Plaisance, vendredi, pour confirmer si le vol décollait à 10 heures. À chaque fois, j’ai été mis en attente de longues minutes, sans que personne ne me donne le moindre renseignement. Bravo aux services aéroportuaires ! », a déclaré un passager désabusé.

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