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La campagne est finie
Il vaut mieux réinstaurer le ?ranking? et la ?rat race? au primaire s?il faut absolument que les travaillistes honorent leur engagement d?abolir les ?Form VI colleges?. Car, il n?y a pas de système plus juste que le classement par ordre de mérite pour sélectionner les élèves au cas où ces collèges d?élite recruteraient à nouveau en ?Form I.?
Mais les dirigeants du pays ne sont pas tenus d?aller de l?avant avec leur projet de retour vers le passé. Ils peuvent encore l?abandonner et reconnaître qu?ils ont eu tort, dans le feu de la campagne, de promettre la réouverture des collèges d?élite aux élèves de ?Form I.? Ils peuvent encore renoncer à leur intention de revenir à un système qui a broyé plusieurs générations de petits Mauriciens et rejeté des milliers d?autres hors du circuit éducatif.
Le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, annonce formellement hier, dans une interview à? Week-End? : ?Nous allons revenir au I-VI?. Il admet, plus sagement, que durant la campagne, son parti a ?dû utiliser une argumentation disons très énergique.? Effectivement, la disparition alléguée de l?élite rurale a été un sujet exploité à fond par l?opposition d?alors car il cadrait bien avec l?affaire Illovo et le reste de la thématique sur laquelle s?est bâtie la campagne travailliste.
Maintenant que nous ne sommes plus en campagne, les politiciens doivent oublier les slogans destinés à enflammer les esprits. Il n?y a pas lieu, par exemple, de s?attaquer au nouveau CPE, qui est un des acquis de la réforme Obeegadoo. Tout comme, en dépit de tout le tapage autour des ?cinq familles?, l?Etat ne va pas s?attaquer aux capitalistes historiques et les déposséder de leurs biens?
La proposition de retourner à l?ancien système éducatif a été faite par un PTr en campagne. Elle avait une nature politique. Parvenu au pouvoir, ce parti a accès aux documents et analyses techniques. Il peut maintenant s?appuyer sur des considérations pédagogiques. Il n?y a aucun mal, dans ces circonstances, à changer d?avis.
Outre le fait que l?abolition du classement au CPE répondait à une obligation morale envers l?enfance mauricienne, on peut trouver dans les statistiques officielles d?autres raisons d?être satisfait du changement apporté au primaire. Avec le stress en moins, la réussite au CPE est en hausse. Le taux enregistré en décembre dernier pour une première tentative au CPE est de 71, 16 % contre 69,89 % l?année précédente. Cette tendance ascendante devrait se maintenir si l?on ne touche pas au système. En 2000, 17 600 enfants étaient admis en ?Form I?. Cette année ils sont 22 000. Avant l?abolition du ?ranking?, 2 000 élèves de fin de cycle primaire redoublaient avec pour seul but d?améliorer leur rang. Ce chiffre a chuté à une moyenne de 80.
De même, les résultats du HSC révèlent que le nouveau système fonctionne déjà sans ratés. Les collèges d?élite ont présenté pour la première fois l?année dernière des candidats dont la moitié viennent de l?extérieur. Leurs performances n?en sont pas, pour autant, affectées. Le QEC a enregistré cette année un taux de réussite de 96 % pour une promotion qui comprenait 120 étudiantes issues d?autres collèges. Sa transformation en collège dédié aux élèves de ?Form VI? réussit également au collège Royal de Curepipe qui affiche un taux de 89, 9 %. Ces chiffres flatteurs démontrent, du reste, que l?élite n?a pas été démantelée !
Certains souhaitent le retour au ?Form I-VI colleges? pour continuer à former une élite. Ils ne font qu?enfoncer une porte ouverte.
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