Publicité

Espoirs pour le tourisme

18 juillet 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Juin 2005 a été le meilleur des mois de juin depuis 2001, au niveau de la croissance des arrivées touristiques. Elle a connu une augmentation de 10 % par rapport à la même période en 2004. Isolée, la nouvelle peut paraître insignifiante. Néanmoins, elle constitue une bouffée d?air frais pour une destination mauricienne qui, depuis quelques années, n?arrive plus à se débarrasser d?une sacrée gueule de bois.

Passé l?euphorie des années 90, durant lesquelles la croissance annuelle des arrivées flirtait avec les 10 %, Maurice semble avoir du mal à retrouver sa vitesse de croisière. Il y a eu, depuis, les attentats du 11 septembre 2001 et la crise du monde des voyages. Les taux de croissance des arrivées en 2002, 2003, 2004, n?ont pas dépassé 3 %.

Aussi, lorsque le mois le plus creux de l?année bat des records, il y a de quoi se réjouir. D?autant plus que le taux d?augmentation semestriel passe à 5 %, un taux qui n?avait plus été atteint depuis 2001. Juin 2005 sonnerait-il le réveil de la destination ? Français, Allemands, Réunionnais, Sud-africains, Indiens? 42 900 vacanciers, peu refroidis par l?hiver tropical, en pleine campagne électorale, ont afflué.

La Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) attribue cette performance à l??aboutissement de campagnes promotionnelles agressives? (affiches, spots). Elles ont été menées ces derniers mois en France, le premier marché de la destination et en Inde. Ce résultat dope quelque peu le taux d?augmentation des arrivées pour le premier semestre qui s?établit à 5 % (et 349 300 visiteurs, dont 231 200 Européens).

Pour les plus optimistes, le ton est donné pour 2005. Le taux d?augmentation annuelle ne devrait pas redescendre en dessous de la barre des 5%, ?sauf catastrophe??, comme le fait ressortir un professionnel des voyages, prudent. Certains marchés émergents comme l?Autriche, l?Espagne ou l?Australie, sont en forte croissance, au premier semestre. Ils affichent des taux d?augmentation à deux chiffres. L?Afrique du Sud, l?Inde et la Chine en font de même. Dans une moindre mesure, les grands marchés comme la France, la Réunion, l?Allemagne progressent également

L?accès aérien, solution miracle

Depuis 2000 (et en règle générale), la deuxième partie de l?année fournit, en effet, au moins 53 % du nombre total de touristes qui visitent Maurice. Ils sont nombreux à affluer en juillet-août, en novembre et surtout en décembre, traditionnellement le meilleur mois de l?année. Et, cerise sur le gâteau, les recettes ont elles aussi augmenté, pour le premier semestre 2005, par rapport au premier semestre 2004?

Mais malgré cette bonne performance, le ministre des Finances, Rama Sithanen, s?inquiète du fait que les objectifs de croissance du secteur touristique, pour 2005, pourraient ne pas être atteints. Les professionnels, eux aussi, refusent de crier victoire. Bien au contraire, il auraient plutôt tendance à tirer la sonnette d?alarme. Les hôteliers font état, à travers l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice (AHRIM) de leur inquiétude pour le reste de l?année. Ils sont préoccupés par le taux d?occupation des hôtels qui a durement chuté. Le parc hôtelier a accueilli plus de 1 000 nouvelles chambres, en 2004, soit une augmentation de 10 %. ?La croissance n?est pas suffisante?, insiste l?un d?entre eux. Ils réclament plus de visibilité, plus de promotion, plus d?accessibilité.

Par ailleurs, la tendance à la baisse du marché britannique, notamment, est un sujet d?inquiétude. Le deuxième marché de la destination mauricienne a chuté en juin et ne progresse que très légèrement pour le premier semestre. Paul Bérenger, le leader de l?opposition, est même monté au créneau, samedi. ?Cette baisse est inquiétante. Il y a des choses à faire?, insiste-t-il, sans toutefois être plus explicite. Quant au marché italien il s?écroule et recule de 5,8 % durant le premier semestre.

L?optimisme a donc ses limites. Et les impératifs de croissance sont implacables. Seul un taux d?augmentation des arrivées à deux chiffres semble pouvoir satisfaire l?industrie. Autrement dit, Maurice devra attirer deux fois plus de visiteurs au deuxième semestre et environ 70 000 touristes de plus qu?en 2004. ?Mais une augmentation de 8 % ferait aussi l?affaire?, laisse tomber un professionnel de la promotion, plus réaliste.

Cela est-il possible ? Tous les professionnels sont d?accord sur un point : la solution miracle c?est l?accès aérien. La France, premier marché de la destination mauricienne, bénéficie de 17 vols hebdomadaires. Les marchés émergents qui ont le plus progressé, à l?image de l?Autriche, ont désormais des accès aériens directs. Dans son programme pour le tourisme, le nouveau gouvernement ne s?y est pas trompé, lui qui a énoncé ses priorités : promotion et accès aérien. Deux conditions essentielles pour sauver le tourisme en 2005.

Publicité