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Au chevet des séropositifs
Ils ont encore du chemin à parcourir dans leur approche des malades du sida. Mais le changement s?opère. Lentement mais sûrement. Appren-dre à maîtriser la peur qu?inspire cette maladie, apporter du réconfort et comprendre la souffrance de ceux qui en sont atteints, voilà leur tâche. Depuis le mois de mars, cent cinquante infirmiers des hôpitaux Victoria, Jawahar-lal Nehru et Jeetoo donnent une nouvelle dimension à leur métier en s?efforçant de changer leur regard sur les séropositifs.
La Nursing Association (NA) fait preuve d?initiative en proposant aux infirmiers des séminaires sur le thème Fighting HIV/Aids Stigma, en collaboration avec l?Aids Unit du ministère de la Santé. L?association, qui fait partie des treize organisations regroupées au sein de la SADC Nursing Organisation, a bénéficié d?une aide financière de Rs 200 000 de l?Association nationale des infirmiers de Norvège pour démarrer ce projet.
De l?Health Care Assistant au Ward Manager, tous les grades d?infirmiers sont concernés. « Le but est de sensibiliser le personnel soignant, en particulier le corps des infirmiers, sur l?importance de la prise en charge psychologique et morale des malades atteints du sida », confie Francis Supparayen, le président de la NA.
Le changement est palpable
Pour l?association, le sida reste l?un des plus grands défis du secteur de la santé. Et le nombre de séropositifs est en nette progression ; on compte déjà 1 300 personnes atteintes. On a vu un revirement de la situation à partir de l?année dernière, quand le taux d?infection a atteint 80 % parmi les toxicomanes utilisant des seringues. Le taux d?infection parmi les hétérosexuels est de 20 %. Avant, c?était l?inverse?
D?où l?intérêt que suscitent, selon les responsables, ces ateliers de travail. Par leur présence assidue, les blouses blanches montrent l?intérêt qu?elles portent à leurs semblables. « Grâce à ces cours, nous apprenons à modifier notre approche du séropositif. Si ce dernier est stigmatisé, il n?osera pas avouer qu?il est malade et cela peut créer encore plus de problèmes », admet un infirmier. Il y a encore beaucoup à faire, mais le changement est palpable. « Dans leur attitude et leur approche, nous voyons bien qu?ils ont changé. On s?attend maintenant qu?ils forment leurs collègues afin qu?ils adoptent la même attitude positive envers les malades. »
Partager les expériences et les réussites
Le préjudice et la stigmatisation peuvent, en effet, faire énormément de mal aux victimes de cette maladie. « Ils souffrent déjà beaucoup dans leur corps. Les préjugés les atteignent dans leur c?ur et blessent leur dignité », reconnaît Francis Supparayen. Comparée aux pays européens et industrialisés, soutient-il, Maurice a encore beaucoup à apprendre en termes d?accueil et d?acceptation des sidéens. « Cela se vérifie parmi le personnel soignant, médecins et infirmiers compris. »
C?est un peu pour cette raison que la NA s?est engagée dans ce combat. L?association cible les infirmiers à cause de leur proximité avec les malades. « Ils peuvent jouer un rôle déterminant dans ce combat au niveau de l?accueil, du réconfort moral, de la confidentialité et éviter les remarques qui peuvent blesser ces derniers. »
Les infirmiers de l?hôpital du Nord et de Flacq ne sont pas oubliés. La NA prévoit des séminaires du 2 au 4 août pour les premiers et en septembre, pour les seconds. En octobre, l?atelier de travail ira à Rodrigues. En tant que vice-président de la SADC Nursing Association, Francis Supparayen a maintenant comme tâche d?aider l?Association nationale des infirmiers de la République démocratique du Congo à mettre en place des séminaires semblables, le mois prochain. Une occasion de partager nos expériences et nos réussites mais aussi d?apprendre des autres.
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