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Politiciennes?une nouvelle race s'impose
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Politiciennes?une nouvelle race s'impose
Serions-nous en train de nous libérer de la tutelle des hommes dans le domaine de la politique ? Officiellement, c?est de plus en plus une réalité? dans les esprits, cela reste encore à confirmer. Quoi qu?il en soit, douze élues, douze parlementaires sur soixante, voilà qui donne quand même matière à réflexion.
Qu?on le veuille ou non, la parité dans la politique est en train de faire son petit bonhomme de chemin. « Le message est passé. Je suis convaincue que le tollé de Media Watch a fait son effet. Les gens ont été sensibilisés, mais surtout, les femmes ont entendu le message. Elles ont voté pour les femmes », affirme la psychothérapeute Audrey d?Hotman De Villiers, qui y croit dur comme fer, tout en regrettant que le jour du dépouillement du scrutin, on faisait très peu allusion à l?élection des femmes, au poids de la femme dans la balance.
Media Watch ne peut que s?en réjouir et ne manque toutefois pas de faire le point sur la réalité arithmétique : « C?est la première fois dans l?histoire du pays que 12 femmes ont 12 sièges à l?Assemblée législative. Nous n?avons pas atteint l?objectif de la SADC qui est de 30 % de représentativité féminine, mais nous sommes sortis de la dernière à la sixième place pour ce qui est de la représentation de la femme en politique dans les pays de la SADC. »
Le plus dur reste à venir. Tous les yeux sont désormais braqués sur ces femmes qui ont désormais le pouvoir et sur la façon dont elles vont l?exercer. Nos douze élues seront non seulement ju-gées sur leurs actes, et il est peu probable qu?on leur laisse le droit de faire des faux pas. À en croire leurs témoignages, ce mot « pouvoir » les effraye un peu. Elles préfèrent parler de responsabilités et de compétences. Souvent, elles ne courent pas après des postes de ministres et montrent même des réticences à faire la distinction homme-femme.
Battre le fer tant qu?il est chaud
« Espérons que ces femmes ne seront pas gender blinded, qu?elles n?auront pas peur d?être pro gender et qu?elles tiendront en compte les besoins des femmes dans les décisions qui seront prises », fait ressortir la psychothérapeute qui est convaincue que le combat pour la reconnaissance de la femme est loin d?être finie, qu?il n?y a pas eu forcément eu une évolution des mentalités. Elle doute que les gens font passer les compétences avant le sexe.
« Cet automatisme-là est beaucoup plus important qu?on ne le croit, et c?est beaucoup plus dur à changer. Là où les femmes manquent, on ne le voit pas, et il faut mettre la pression pour que cela se remarque. Mais du moment qu?il y a une femme en plus, ça se voit tout de suite. »
Loga Virahsawmy a cherché à battre le fer pendant qu?il était encore chaud en embrayant sur des propos de Xavier Duval qui demandait qu?une femme soit nommée Speaker à l?assemblée.
Est-ce à dire que nous approchons d?une ère où il n?y aura pas d?obligation de parité ? Peut-on déjà rêver qu?un jour les femmes auront leur place naturellement, que des femmes en politique ne soient plus un événement, et qu?elles soient des politiques comme les autres ? La saga n?est pas finie.
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