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Restreinte et responsabilité

6 juillet 2005, 00:00

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La transition politique qui s?opère en ce moment confirmera ou désavouera notre réputation de vitrine de la démocratie en Afrique. Les premiers signes sont encourageants.

Les crispations de la campagne électorale n?ont pas empêché les dirigeants de créer des conditions justes et équitables pour le scrutin. L?euphorie de la victoire ne semble pas prévenir une alternance exemplaire. Le nouveau chef de l?exécutif semble déterminé à l?assurer.

S?adressant à la nation lundi, Navin Ramgoolam a porté le manteau d?un Premier ministre qui a su prendre de l?altitude. Il a quitté le terrain miné des querelles politiciennes. Avec son appel au respect des institutions, au pluralisme d?opinion et à l?unité nationale, il est au rendez-vous de son temps. Les défis sont grands, les projets qu?il annonce sont porteurs d?espoir. Le nouveau chef n?a pas raté l?occasion de prendre le meilleur départ possible.

Si ce n?est pas tout simplement le patriotisme, ce sont les principes d?équité, de non-partisanerie et d?ouverture qui devraient inciter tous les Mauriciens, y compris les 50,61 % de l?électorat qui n?a pas voté pour l?Alliance sociale, à contribuer à entretenir dans le pays une atmosphère favorable au développement. Ce n?est certainement pas un reniement de ses convictions politiques que de souhaiter la réussite de son pays quel que soit le camp au pouvoir.

Ces perspectives d?espoir se fondent sur le discours du chef du gouvernement et de Paul Bérenger, le leader de l?opposition. Bien sûr, on les jugera à nouveau quand ils passeront aux actes mais pour l?instant les deux dirigeants s?élèvent au-dessus de leurs intérêts partisans. Les résonances guerrières de leurs harangues préélectorales ont cédé la place à une tonalité apaisante, une gestuelle (?body language?) rassurante.

Avec le nouveau paysage politique, on devrait rapidement sortir de ce climat d?étouffement qui bloquait l?initiative privée. Les incitations de l?Etat à la classe des entrepreneurs, ceux qui créent la richesse, étaient si suspectes aux yeux d?un grand nombre de citoyens qu?elles avaient presque disparu. Il s?en est résulté un engourdissement préjudiciable au développement.

Navin Ramgoolam aura très vite l?occasion de démontrer que le sens des responsabilités affiché au Labourdonnais le jour de sa victoire est réel. Il pourra, dès demain, se démarquer des pratiques qui ont entaché les changements de régime dans le passé. La composition de son cabinet et le choix des hommes qu?il placera aux commandes des postes de responsabilité dans les grands organismes para publics donneront les premières indications concrètes de l?orientation de son mandat.

Il est normal qu?un chef choisisse des hommes de confiance, c?est-à-dire de son entourage immédiat, pour les postes clés mais rien n?interdit, qu?en sus de la proximité politique, le critère de méritocratie soit également respecté. Déjà, des courtisans rivalisent de zèle pour donner des gages de servilité afin d?être récompensés. Le chef ne paraît pas forcément sensible à cette affection très marquée de sa cour.

Sur le plan de la qualité de notre démocratie, il reste en tout cas, un problème qu?aucun gouvernement n?est parvenu à résoudre. Il s?agit de notre système électoral inique. L?espace que l?opposition MSM-MMM s?est aménagé au Parlement, grâce à ses 24 sièges, lui accorde une tribune importante mais inadéquate par rapport aux suffrages qu?elle a recueillis aux législatives.

Les tenants du pouvoir affichent le sens de la responsabilité, l?opposition professe le fair-play, les acteurs de la politique ont planté le décor pour un sursaut national.

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