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Le squat gagne Cité La Cure
Et rebelote ! Après Camp-Levieux, Rose-Hill, et Camp-Laboue à Terre-Rouge la semaine dernière, c?est au tour de Cité La Cure d?être la proie des squatters. Depuis hier, 120 maisons de la National Housing Development Company (NHDC) sont illégalement occupées par des habitants de la localité.
Hier 8 h 30. Les premiers ?locataires? débarquent à la rue Jean XXIII, Cité La Cure. Là où sur un immense terrain, s?érigent des maisons en construction de la NHDC. Certains en brisent les vitres afin d?y pénétrer tandis que d?autres, munis de marteaux et de ciseaux froids, cassent les gonds des portes. Une dizaine de maisons s?en trouve ainsi endommagée.
La nouvelle se répand comme une traînée de poudre et les maisons inoccupées trouvent rapidement preneur. Certains, plus prudents, choisissent de camper devant les constructions en affirmant : ?Mo lakaz sa.? Des enfants en bas âge, pieds nus, déambulent aux alentours jonchés de pierres et de fers rouillés.
Mariée et mère de deux enfants, Marie, 40 ans, tente de justifier sa démarche : ?Mo finn fer demars pou gagn enn kont Pla epargn lozman (Pel) depi sink an. Aster la mo tande ki dimoun ki pena kont pe rod pran ban lakaz la. Li pas zis e se pou sa ki mo finn vinn bare mosi.? Comme elle, de nombreuses familles qui attendent la livraison d?une maison sur ce site de la NHDC, après s?être conformées aux procédures, font part de leur inquiétude devant cette occupation illégale.
Tout comme les 148 ?locataires? de Camp-Levieux, ceux de Cité La Cure et de Camp Laboue se plaignent aussi du dépôt ?exorbitant? de Rs 75 000 à Rs 100 000 requis pour devenir acquéreur de ce type de maison. Si certains sont détenteurs d?un compte PEL, la majorité qui s?est installée à Cité La Cure n?a même pas un compte à la NHDC, déclarant ouvertement qu?ils ne pourront pas satisfaire ce critère.
Le chef inspecteur Shyam Jugmohun et l?inspecteur Ah kim arrivent sur place. Vu l?ampleur de la situation, des hauts gradés de la police, l?assistant commissaire de police, Noël Chinappen, le surintendant de police, Joseph Calice et l?assistant surintendant, Gérard Céline sont mandés pour évaluer la situation.
?Avis légal et dans le dialogue?
Suivent des éléments du poste de police d?Abercrombie, de la Divisional Support Unit et de la Special Supporting Unit (SSU) afin de quadriller la zone et de parer à toute éventualité.
Sous les huées des squatters, ils reçoivent pour consigne de se poster à proximité des habitations pour empêcher qu?elles ne soient endommagées. Malgré tout, certains réussissent à pénétrer dans les maisons et commencent à installer des rideaux.
D?autre part, des habitants de la vieille cité de la Central Housing Authority allèguent avoir vu certains individus emporter des équipements sanitaires des demeures en construction. ?Sa fer nou gagnonte. Eleksion finn fini bien, aster zot kas lakaz?, confie une quinquagénaire.
Le directeur de la NHDC, Eshan Khodabocus, joint hier soir, explique s?être entretenu avec le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, et qu?une déposition a été consignée sur le squat illégal à Cité La Cure. ?Nous avons cherché avis légal auprès du State Law Office pour décider de la marche à suivre mais nous souhaitons régler le problème situation dans le dialogue. Actuellement, c?est le statu quo à Camp-Levieux et Camp-Laboue.?
Cité La Cure est restée sous haute surveillance de la SSU pendant toute la nuit sous les ordres de l?assistant surintendant de police, Joe Mootoosamy.
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