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Ciment, essence, fertilisants, pain... des prix en suspens

6 juillet 2005, 00:00

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Des dossiers brûlants attendent le nouveau ministre du Commerce. Il devra vite se prononcer sur les prix du ciment, de l?essence, du gaz ménager, du pain, des fertilisants, et du transport en commun. Avec la hausse du fret et des prix sur le marché international, la situation n?est guère reluisante.

Tout d?abord le ciment. Le prix du fournisseur était d?environ 62 dollars (Rs 1860) la tonne à l?achat pour l?appel d?offres 2004-2005, contre 56 dollars la tonne pour 2003-2004.

Après d?âpres discussions, le gouvernement sortant a accordé à la fin de février une augmentation de 17%. Du côté des importateurs-distributeurs, notamment Lafarge (Mauritius) Cement Ltd et Holcim (Mauritius) Ltd, on soutient que cette augmentation couvre seulement le fret et l?assurance, mais exclut les coûts d?opération et la marge de profit.

Résultat : Holcim s?attend à des pertes de Rs 30 millions pour 2005, contre Rs 17 millions en 2004, avec la hausse des coûts d?opération, du prix à l?achat et du fret si le prix de vente sur le marché local n?est pas révisé. ?Dès que le nouveau gouvernement va s?installer, on compte soulever la question. Car, depuis les trois derniers mois, le dossier du prix sur le marché local n?a pas été touché par le gouvernement?, a appris l?express des milieux concernés. Lafarge a subi des pertes de Rs 2 millions l?année dernière. Pour la période allant de janvier à avril 2005, elles sont estimées à Rs 10 millions, même si elles ont baissé légèrement à la suite des bonnes ventes réalisées en mai.

Pertes de Rs 300 m pour la STC

Vient ensuite l?essence. Malgré la hausse du fret maritime et du prix des produits pétroliers à l?importation, le gouvernement sortant avait décidé de ne pas les répercuter sur le prix de vente aux consommateurs. L?application de l?automatic price mechanism (APM), qui intervient chaque trimestre suivant l?évolution du taux de change du dollar, ainsi que du prix de l?essence et du diesel à l?achat, a été reportée à octobre. La STC a ainsi essuyé des pertes de Rs 300 millions de juillet à septembre. Elles s?ajoutent aux pertes de Rs 400 millions sur le gaz ménager; les hausses n?ayant pas été répercutées sur les consommateurs.

Il s?agit maintenant de savoir si le nouveau gouvernement prendra des décisions sur un ajustement des prix qui permettra à la STC de sortir la tête hors de l?eau et de les reporter sur le consommateur. Toutefois le prix actuel de Rs 214 la bonbonne de gaz de 12 kg peut rester inchangé, si le gouvernement trouve d?autres financements pour atténuer cette hausse, à travers, par exemple, une augmentation des subventions. A cause de la hausse du prix sur le marché mondial et du fret, le prix de cette bonbonne aurait dû être de Rs 300.

L?opposition d?alors, qui prend les rênes du pouvoir, a soutenu que la politique monétaire avait une grande part de responsabilité dans la mauvaise posture de la STC. Car le gouvernement sortant, disait-elle, laissait se déprécier la roupie délibérément. D?où les hausses des produits importés. Une situation cornélienne pour le nouveau gouvernement car le prix du baril du brut oscille actuellement autour de 60 dollars. Les gérants des stations-services avaient demandé une hausse de leur marge de profit.

Hausse du ticket de bus réclamée

Des propriétaires de boulangerie se sont aussi plaints de la hausse des coûts d?opération, en particulier à cause du diesel et de la main-d??uvre. Malgré la détaxe de certains intrants dans la production du pain, ils ont maintenu leur demande d?augmentation du prix du pain. Cette détaxe avait été annoncée dans le dernier budget.

Des subsides de Rs 20 millions par mois ont été accordés aux compagnies d?autobus au cours des six derniers mois pour empêcher l?augmentation du coût du ticket d?autobus. Mais trouvant ces subventions insuffisantes, elles ont quand même réclamé une hausse du ticket.

Le privé ayant refusé d?importer des fertilisants pour la culture du tabac, c?est finalement le Tobacco Board qui s?en est chargé, vu l?urgence. Certains prix étant fixés, le privé ne veut pas importer à pertes. Le prix à l?importation a aussi augmenté pour les fertilisants pour les cultures vivrières et sucrières.

Avec toutes ces demandes d?augmentation en attente, le nouveau gouvernement a du pain sur la planche, en sus de tous les autres dossiers urgents qui réclament son attention.

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