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Des urgences, dont le sucre attendent le nouveau régime
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Des urgences, dont le sucre attendent le nouveau régime
Un nouveau locataire de l’hôtel du gouvernement fera un état des lieux pour prendre les mesures nécessaires face aux défis économiques qui l’attend. Il a déjà un dossier des plus urgents à traiter : sauver l’industrie sucrière d’une mort certaine au cas où la réforme sucrière en Europe serait entérinée au niveau politique à Bruxelles.
La Commission européenne a proposé une baisse des prix de 39 % étalée sur quatre années. Si ce cas de figure est maintenu, le secteur sucre mauricien ne survivra pas même avec les restructurations au niveau local, s’accordent à souligner les observateurs.
La proposition devra être approuvée par le Conseil des ministres de l’Union européenne (UE) au mois de novembre de cette année. Il ne reste que très peu de temps pour agir (il faut exclure le mois d’août qui est la période des grandes vacances en Europe).
Le nouveau Premier ministre, Navin Ramgoolam, n’a d’ailleurs pas fait d’allusion à ce sujet. Le sucre est un de ses dossiers prioritaires, indique-t-il lors de son intervention publique lundi soir à la télévision. Ce sera le tout premier test de son équipe. Il ne reste que quelques mois pour agir et convaincre les dirigeants politiques européens que la réforme devra être moins radicale et doit être échelonnée sur une plus longue période. Dispose-t-on des moyens de réussir cette course contre la montre ?
Préserver les 52 000 emplois dans le textile</B>
Les dernières missions de lobbying dans les capitales européennes n’ont pas pu influencer la proposition de la Commission européenne dans le sens du souhait de Maurice et de ses partenaires d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. “Jusqu’ici, ce sont les technocrates à la Commission qui ont préparé le projet de réforme. Aujourd’hui, la réforme a quitté le champ technique et se situe au niveau politique”, explique le secrétaire général de la Chambre d’agriculture, Jean Li Yuen Fong.
Il y a donc moyen d’agir d’ici novembre. Entre politiques, les discussions devraient être moins compliquées qu’entre politiques et technocrates. Mais toujours est-il que la sugar diplomacy devra être le plus efficace possible afin de faire adoucir la réforme, allonger la période d’ajustement et obtenir des mesures d’accompagnement adéquates pour permettre à l’industrie d’envisager un nouveau tournant.
La réforme dans le textile-habillement est moins urgente mais tout aussi importante que dans le sucre. L’objectif est de préserver les quelque 52 000 emplois restants dans cette activité après les licenciements massifs de ces dernières années. “Le gouvernement doit créer un environnement qui nous permet d’opérer dans un environnement compétitif. Nous avons déjà expliqué au gouvernement précédent la nécessité de revoir le coût de certains services dont l’électricité et le fret aérien. Nous avons toujours les même demandes”, affirme Ahmed Parkar, le président de la Mauritius Export Processing Zone Association.
La confection ne sera plus en mesure d’absorber les chômeurs en grand nombre. Le pays devra toutefois toujours compter sur elle pour la stabilité. L’industrie devra se repositionner afin d’exploiter de nouveaux créneaux et de nouveaux marchés niches. Le gouvernement devra accompagner ce repositionnement qui a pour objectif d’éviter une confrontation directe avec les géants du textile, à savoir la Chine, l’Inde et le Pakistan.
Selon les plans de l’Alliance sociale, c’est l’industrie du tourisme qui est appelée à être le principal moteur de la création de richesse et de l’emploi pour les prochaines années en attendant que les autres industries identifiées dont les technologies de l’information fassent leurs preuves.
L’équipe de l’Alliance sociale compte créer 10 000 emplois directs dans l’hôtellerie moyennant des campagnes de promotion plus agressives et une plus grande libéralisation de l’accès aérien. Il faut rendre la destination plus visible et plus accessible pour un plus grand nombre de touristes.
La nouvelle équipe dirigeante se retrouve devant les énormes chantiers de réforme économiques légués par son prédécesseur. Redémarrer les réformes sur de nouvelles bases est une des principales promesses de l’Alliance sociale.
Le ministre des Finances désigné, Rama Sithanen, avait énuméré ses priorités lors d’une conférence de presse la semaine dernière pour les cinq prochaines années. La création de 55 000 jobs, la réduction du déficit budgétaire à 3 % du produit intérieur brut (PIB) et ramener la dette publique à 50 % du PIB sont parmi les priorités.
Ramener les dépenses et les recettes de l’Etat vers un certain équilibre devrait contribuer à réduire le niveau de la dette. Les emprunts du secteur public s’élèvent à Rs 115 milliards pour le dernier exercice budgétaire.
<B>Réduire le déficit public à 3 % du PIB</B>
Le futur grand argentier se donne trois années pour atteindre l’objectif de déficit public de 3 % du PIB. Peu de choix s’offrent au nouveau locataire de l’hôtel du gouvernement à ce chapitre. Le processus de rééquilibrage devra s’opérer dans un contexte de relaxation fiscale car l’allègement du fardeau de la taxe directe sur le contribuable est une des grandes idées du programme du Parti travailliste (PTr) et de ses alliés.
Le démantèlement progressif des droits des douanes dans le cadre de la libéralisation commerciale privera les caisses de l’Etat d’une source de revenu conséquente. Par ailleurs, l’on voit mal le nouveau gouvernement augmenter le taux de la taxe à valeur ajoutée pour accroître les revenus.
Une croissance supérieure demeure ainsi un des moyens les plus sûrs pour s’assurer d’un meilleur niveau de recettes fiscales. La nouvelle administration devra au plus vite mettre en place des mesures qui puissent dégager un tax buoyancy dans le système fiscal et qui permettra au budget national de se prendre en charge.
L’Alliance sociale a aussi promis de privilégier les solutions de financement du type build, operate and transfer ou encore le public-private partnership pour réaliser les gros projets de développement.
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