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Anil Hawabhay applique les freins

11 juin 2005, 20:00

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Après six années à dévaler le long des spéciales, Anil Hawabhay met un frein à sa passion. On ne le verra plus dans son unique Saxo Kit Car rouge, reconnaisable au bruit strident de son moteur. « C?est une décision mûrement réfléchie. En plus il y a un Réunionnais qui s?est montré intéressé à acheter la voiture, et ce n?est pas tous les jours que l?occasion se présente », explique-t-il.

L?équipe Citroën Sport Maurice perd ainsi un de ses pionniers. Au début de l?aventure, cette Saxo d?approximativement 200 chevaux promettait beaucoup. Se séparer d?elle est évidemment un pincement au coeur. « On a quand même démarré l?assemblage en partant de zéro. Le truc c?est que j?ai eu pas mal de difficultés à la maîtriser. Il faut beaucoup de temps pour apprendre. Le problème c?est que la voiture coûte tellement cher qu?il y a une peur qu?elle se casse quand on attaque », avoue le Quatrebornais de 35 ans. Néanmoins, il ne manque pas de lancer qu?il est : « fier et heureux d?avoir réussi à faire partie de la création de Citroën Sport Maurice ».

Et dans le lot d?arguments qui a pesé lourd dans la balance de la décision d?arrêter, il y a avait aussi le facteur temps.

« Quand on participe à un rallye, on est à fond dedans depuis le mois de janvier jusqu?à la première épreuve. Qui plus est, si j?avais pris part cette année-ci, j?aurais dû mettre beaucoup d?argent pour ?gonfler? la voiture davantage », fait-il ressortir et d?ajouter : « Je me suis dit Anil tu t?es bien amusé. Ça suffit maintenant ».

Un mal pour un bien car le temps récupéré, l?opticien le partagera avec sa petite famille, son épouse Bella et sa fille de 5 ans, Twisha. Les deux femmes qui partagent sa vie ne sont d?ailleurs pas des ignorantes en matière de rallye. Son épouse a régulièrement occupé le baquet de co-pilote de la Saxo ? ils avaient réalisé leur meilleur rang, 4e, lors d?un slalom ? et la petite suit même les courses de voitures à la télé « en plus de ses dessins animés bien sûr », précise le papa, et reconnaît même le champion du monde de rallye, Sébastien Loeb.

Une page est donc tournée dans la vie de cet ardent passionné de vitesse. Son premier amour a cependant été le karting. « J?ai commencé le karting quand j?étudiais en Angleterre. A mon retour à Maurice en 1998, j?ai acheté un kart et je faisais des courses régulièrement », se souvient-il.

Il décide de franchir le pas des minis bolides à? une Mini. « Je voulais faire du rallye et mon beau-père, Prakash Hazareesing m?avait conseillé de débuter par une Mini », lance Anil Hawabhay, une Mini qu?il avait bien pris le soin de booster avec des pièces venant d?Anglettere.

?L?automobile est un virus?

Sa première frayeur (la plus grande d?ailleurs), il l?a eue lors de sa première course à Plaine Champagne, en nocturne. « On se dirigeait vers le Virage la Grotte, mon co-pilote Rudy Parmanam m?a dit 200m à fond et puis plus rien. J?ai accéléré et d?un coup j?ai vu un virage en face de moi », se souvient-il. Heureusement, il n?y avait pas eu de conséquences graves si ce n?est une peur bleue.

Des souvenirs, il en plein la tête. Comme lors d?une spéciale à Plaine Champagne où, en passant dans sa Peugeot 309, il avait la surprise de voir la voiture d?Ashok Ramdenee sur le flanc, sur le bas côté de la route. « On dirait qu?on avait pris le soin de la stationner dans cette position », rigole-t-il.

Ce qu?il retient par dessus tout dans sa carrière de pilote, en dehors de « cette satisfaction à la fin d?une spéciale », ce sont les instants qui durent quelques secondes entre le moment où la voiture semble se diriger dans le décor et l?autre moment, où il réussit à redresser le volant. Un lapse de temps qui fait grimper le taux d?adrénaline.

Selon lui, c?est sa carrière de karting qui l?a grandement aidé. « Je pense que c?est mon expérience de pilotage de karting qui m?a permis de développer certains réflexes. D?ailleurs, si quelqu?un a envie de faire du rallye automobile, le karting est une bonne école », fait-il ressortir.

Le kart, sa passion, il ne s?en sépare pas complètement. « Je le garderai comme un hobby pour combler le manque des quatre roues », lance celui qui est, par ailleurs, président du Go-Kart Club. « Je remercie tout ce qui m?ont soutenu toutes ces années », voulait-il aussi préciser.

Même s?il ne sera pas présent sur la grille de départ du championnat national organisé par AutoSport, qui pour rappel, démarre le 23 juillet prochain, il déclare qu?il sera prêt à donner un coup de main à ses amis? en attendant de réaliser un rêve : « assembler une voiture pas pour le rallye, mais pour me faire plaisir car l?automobile est un virus, qui peut venir n?importe quand? »

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