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« Adopt » ou espoir? avorté pour enfants abandonnés ?
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« Adopt » ou espoir? avorté pour enfants abandonnés ?
Elle a à peine vu le jour qu?elle est déjà menacée. Adopt est une association qui veut offrir aux enfants abandonnés un foyer. Elle a rappelé son existence quand a éclaté l?affaire Tipo. Mais elle va au-devant de la polémique. Le souvenir proche d?un trafic d?enfants plane encore sur nos têtes. Les autorités laisseront-elles une ONG agir d?intermédiaire pour l?adoption ?
Shirin Aumeeruddy-Cziffra, l?Ombusdperson pour les enfants, est l?une de ceux qui s?oppose au projet. Elle explique qu?il n?y a aucun cadre de loi pour une telle association. « Cette association part d?un bon sentiment. Mais je trouve qu?il n?est pas correct qu?une ONG s?occupe d?adoption d?enfants, parce que cela risque d?ouvrir la porte au trafic. Je ne suis pas très keen pour ce genre de projet. C?est quelque chose qui doit être contrôlé par l?État. »
À ce jour, il n?y a aucune agence spécialisée qui s?occupe de l?adoption des enfants par des Mauriciens. Et le besoin se fait sentir. Sensibles à ce manque et pleins de bonne volonté, les membres d?Adopt ont réagi en créant leur association. « Nous avons réalisé qu?il y a des enfants très malheureux venant de familles pauvres, incapables de subvenir à leurs besoins. Les crèches sont bondées d?enfants en manque d?amour, malgré toute l?attention des religieuses », poursuit Maryse Rouillard.
Le point de vue de l?Ombudsperson pour les enfants est difficilement acceptable pour ces bénévoles. « Cela fait un an que nous luttons pour mettre sur pied Adopt. Aucune des autorités concernées nous a dit que notre projet était illégal. Il faut préciser que nous allons travailler de concert avec le gouvernement. » La Child Development Unit, dit-elle, lui a expliqué qu?il valait mieux trouver des enfants avant qu?ils n?entrent à la crèche. Elle soutient aussi avoir la bénédiction du National Adoption Council (NAC).
« Adopt fonctionnera dans la transparence », assure pour sa part Murielle Lincoln, une des membres d?Adopt.
« Nous n?allons pas démarcher. Si des parents se retrouvent en difficulté pour élever leur enfant, ils viennent nous voir et nous lui trouverons une famille. Nous travaillerons en étroite collaboration avec le gouvernement et le NAC. Les étrangers et les Mauriciens pourront faire appel à nous. »
<B>Aider les enfants à avoir un avenir</B>
L?association veut faire le pont entre parents potentiels et enfants adoptables. Comment pourrait-elle fonctionner ? Ses membres soutiennent qu?Adopt recevra les demandes d?adoption de Mauriciens et d?étrangers et leur fournira les conditions nécessaires. Elle recensera les cas reçus dans ses différentes antennes et prendra conseil avant de soumettre les cas et des suggestions d?adoption au NAC. « Notre but, c?est d?offrir une solution aux femmes qui voudraient avorter et aider les enfants abandonnés ou maltraités à avoir un avenir grâce à l?attention et l?amour de parents adoptifs », affirme Maryse Rouillard.
Elle rappelle le « parcours du combattant » auquel on doit se livrer lorsqu?on est à la recherche d?un enfant. Un couple désireux d?adopter un enfant s?adressera le plus souvent à une crèche. La recherche des parents biologiques en vue d?obtenir leur consentement est, dans la plupart des cas, le plus gros obstacle. « S?ils n?ont pas disparu dans la nature, ils sont en prison ou à l?hôpital psychiatrique. » Cette étape franchie, le couple peut enfin effectuer une demande auprès du juge en chambre qui soumet le dossier au ministère public.
L?association saura bientôt si elle peut aller de l?avant avec son projet puisqu?elle compte se faire enregistrer dans les prochains jours. Si tout va bien, elle se lancera dans une campagne d?information pour mieux faire comprendre ses objectifs. Mais ce n?est pas gagné.
<B>Marianne pourrait demander l?annulation de l?adoption plénière</B>
« D?après le code civil, l?adoption plénière est irrévocable. La motion de révocation ne tient donc pas », maintient le juge Paul Lam Shang Leen. Il a entendu, vendredi, Marianne Alfred, le couple Mahmad et Ameenah Aurdally, ainsi que leurs avocats respectifs et Me Carol Green-Jokhoo, représentante du parquet. Les hommes de loi de Marianne Alfred, Mes Jacques Panglose, Hervé Lassémillante et Pazahany Rangasamy ont présenté une motion de révocation de l?adoption de Mohamade Aurdally, alias Tipo. « Nous allons maintenant décider s?il faut amender la motion de révocation en une d?annulation », affirment-ils. Celle-ci sera débattue demain. Marianne Alfred a présenté des excuses à la Cour pour l?outrage qu?elle a commis en refusant de remettre Tipo à ses parents adoptifs, malgré l?ordre du juge Bhushan Domah. Me Carol Green-Jokhoo, a fait ressortir que les grands-parents de Tipo (ses tuteurs de plein droit) avaient un mois pour demander l?annulation de l?adoption lorsque celle-ci a été prononcée. Le juge Lam Shang Leen a, par ailleurs, soutenu que l?Ombudsperson pour les enfants, Shirin Aumeeruddy Cziffra, devrait s?exprimer sur ce cas.
La principale concernée réfute : « L?Ombudsperson for Children Act est clair à ce sujet : je n?ai aucun droit de m?immiscer dans les procès en cours. »
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