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La bataille des mots

12 juin 2005, 00:00

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Le propre des politiques, c?est de peindre tout en blanc ou tout en noir, selon qu?ils soient de la majorité ou de l?opposition. Pendant cette campagne, ils ne font pas exception.

C?est l?éducation qui en a vu de toutes les couleurs cette semaine. Les deux principaux blocs qui s?affrontent pour le scrutin du 3 juillet ont une vision radicalement opposée de ce qui a été fait dans le domaine de l?éducation au cours de la législature qui vient de s?achever.

Jeudi matin, Steven Obeegadoo, ministre de l?Education et candidat dans la circonscription La Caverne-Phoenix, chiffrait à Rs 25 milliards l?investissement dans le domaine de l?éducation ces quatre dernières années.

Quelques heures plus tard, l?opposition tirait une fois de plus à boulets rouges, sur ce même secteur. Steven Obeegadoo avait, outre la construction des collèges, évoqué les principaux éléments de la réforme : abolition du classement aux examens du Certificate of Primary Education, recrutement du personnel enseignant et formation dispensée aux concernés. L?opposition, minutieusement, à son meeting tenu à la place de taxis à Phoenix, battra ce bilan en brèche. Patrick Assirvaden soutiendra que cette réforme est un « crime contre l?élite », que l?infrastructure mise en place se résume à des bâtiments vides et qu?il existe un manque criant d?enseignants.

L?ancien ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo, ajoutera pour sa part que tout ce qui a été accompli dans ce domaine se résume à la construction de collèges et que le ministre de l?Education n?a rien accompli. Il se fait fort de préciser que ce projet est le fruit exclusif des techniciens qui tombaient alors sous sa responsabilité ministérielle.

Après l?éducation, les free and fair elections, sujet également de divergences. L?opposition, par l?entremise de son leader, annonce avoir alerté l?Electoral Supervisory Commission sur ce qu?elle considère être des abus de pouvoir et de l?appareil de l?Etat. Dans les différents meetings tenus durant la semaine, Navin Ramgoolam reproche à la Disciplined Forces Services Commission (DFSC) et à la Public Service Commission d?avoir entamé des procédures de recrutement au sein de la police et au ministère de la Santé respectivement.

Revenant une fois de plus sur cette question, Navin Ramgoolam a annoncé, à l?instar de Sylvio Michel, que « le prochain gouvernement reverra tous ces cas ».

Leur donnant la réplique, hier, le Premier ministre a affirmé que l?exercice entamé par ces deux institutions n?est que « on going ». Il a précisé que la DFSC a recruté 3 526 policiers en sept groupes distincts, de l?an 2000 à ce jour, et qu?un huitième groupe de 458 sera recruté «soit avant, soit après les élections ».

Pour ce qui est du ministère de la Santé, Paul Bérenger a expliqué que l?actuel exercice de recrutement a débuté en novembre 2004 et n?a rien à voir avec la présente campagne électorale.

Pour réfuter les accusations d?abus de l?appareil d?Etat proférées par l?opposition, Pravind Jugnauth puise dans les réponses parlementaires de l?ancien ministre Mukhesswur Choonee. Il soutient que l?ancien gouvernement avait distribué pas moins de 303 parcelles de terres de l?Etat quelques semaines avant le scrutin du 15 septembre 2000 dans le but d?influencer l?électorat.

Le chef du gouvernement, qui se décrit comme « jeune vétéran » de la politique, fait cependant l?impasse sur le fait que la sélection au ministère de la Santé a eu lieu en week-end. Ce qui laisse l?inévitable impression d?une course contre la montre, le 3 juillet n?étant que dans 21 jours.

<B>«Chacun a le droit à son opinion»

Les deux blocs ont également commenté de manière différente la participation de lady Sarojini Jugnauth à des réunions organisées par l?aile féminine de l?alliance Mouvement socialiste militant-Mouvement militant mauricien (MSM-MMM), notamment lundi dernier à la municipalité de Quatre-Bornes.

Dès le lendemain, Arvin Boolell qualifiait la participation à une réunion politique, de l?épouse du président de la République d?immorale et ajoutait que lady Jugnauth « pe particip dan kampagn pou sov la po so garson ». A la conférence de presse d?hier, le leader de l?Alliance sociale a été plus loin : « C?est le signe évident qu?ils savent qu?ils ont perdu les élections. »

À ce propos, Paul Bérenger et Pravind Jugnauth ont des attitudes quelque peu nuancées. Alors que le leader du MMM se contente de noter que «chacun a droit à son opinion », Pravind Jugnauth avance que Lady Jugnauth estime le faire « dans l?intérêt piblic », que sa participation n?entache en rien la présidence tout comme les activités politiques de l?époux d?un juge ou d?un magistrat ne dévalorisent en rien le judiciaire ou la magistrature.

Les deux dirigeants de la majorité ne sont cependant pas sans savoir que Lady Jugnauth se rend à ces réunions politiques précédées d?estafettes de la police et sous la protection rapprochée des agents de l?Etat... Quand on plaide ses droits de citoyenne, il faut laisser aux vestiaires son habit de première dame.

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