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Chronique d?une saisie ratée

12 juin 2005, 00:00

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La Mauritius Society of Authors (Masa) a eu toutes les peines du monde pour faire appliquer le Copyright Act, hier. Elle souhaitait faire saisir plusieurs centaines de CDs contrefaits, mais a buté contre des obstacles fortuits?

En cette période électorale, presque tous les membres de l?Anti-Piracy Unit (APU) sont sur les dents. « S?ils n?ont pas été mutés ailleurs, ils se sont convertis comme gardes du corps auprès des politiciens », affirme le directeur de la Masa, Gérard Louise. Résultat : aucun des deux membres de l?APU censé être en stand-by le week-end, n?était à son poste, hier, lorsque la Masa a fait appel à eux.

Avertie de la présence de faussaires de CD à l?Indexpo Trade Fair au Vivekananda International Convention Centre, deux officiers de la Masa ont effectué une discrète vérification pour s?enquérir de la situation.

Ils constatent que les contrefacteurs n?ont pas froid aux yeux. Deux espaces, l?un près de l?entrée et un second tout au fond, offrent, au nez et à la barbe des organisateurs de l?événement, des CD et DVD piratés à Rs 100. On ne trouve pas de musique locale ou internationale, mais une pléiade de films américains et indiens.

<B>Officiers inexpérimentés</B>

Un des vendeurs présente, sourire aux lèvres, le troisième opus de la saga Star Wars : La revanche des Siths. Sa réponse, lorsqu?on lui demande où il se l?est procuré, est d?une candeur désarmante : « Film là fine enregistré dans ene lasalle cinéma? » Et dire qu?ils risquent une amende ne dépassant pas Rs 300 000 à la première offense et un séjour de deux ans maximum au cachot?

« C?est un emplacement déguisé, surtout dans un grand centre de conférences? Ceux qui louent des stands doivent bien s?enquérir de ce que les revendeurs mettent en vente. Ces derniers persistent et signent malgré qu?ils soient au courant des peines qu?ils encourent », affirme Gérard Louise, le directeur de la Masa. Ce constat effectué, les officiers de la Masa doivent maintenant consigner une déclaration à l?APU. Mais là bas, il n?y a pas âme qui vive. Ils n?ont d?autres choix que de prendre leur mal en patience. En attendant, les CD se vendent comme de petits pains.

A 15 h 00, Gérard Louise parvient enfin à mettre la main sur le responsable de l?APU. Deux officiers sont mandés sur les lieux. N?ayant pas beaucoup d?expérience en la matière, ils hésitent. « C?était assez énervant. Nous devions leur dire ce qu?il fallait faire », confie un des officiers de la Masa. Ils notent finalement les noms des commerçants, le type de produit vendu et le lieu où ils sont offerts.

Maintenant c?est une autre paire de manches qui les attendent. Il faut qu?un magistrat signe l?ordre de la Cour pour la saisie des CD contrefaits. Mais ceux qui sont supposés être de garde ne sont pas à leur domicile. L?un habite Quatre-Bornes et l?autre Rose-Hill. Il est 17 h 30, les membres de l?APU tentent leur chance auprès d?un magistrat habitant Coromandel.

Les officiers de la Masa rongent leur frein encore une fois. A deux heures de la fermeture de l?exposition, aucune saisie n?a été effectuée. L?organisateur de l?événement, la Royal Class Events, affiche la sérénité. Ranjita Bunwaree, la directrice, affirme que les officiers de l?APU ont effectivement fait une vérification «de routine». Lorsqu?on lui a demandé si elle était au courant qu?on vend des produits contrefaits à la foire, elle affirme : « Les policiers sont partis sans avoir saisi quoi que ce soit. Je pense qu?il n?y a pas de problème. »

A ce rythme, les faussaires ont encore de beaux jours devant eux.

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