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Créateurs à l?ouvrage

11 juin 2005, 00:00

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C?est cela la haute couture. Du stress et des strass. Des paillettes multicolores à broder ou à coudre sur la robe en écaille. Christophe 23 ans, élève en première année s?acharne sur la planche à repasser. Ce sera vendredi prochain son premier défilé et il n?est pas encore prêt, à l?instar de nombreux de ses camarades.

«C?est peut-être l?un des seuls défauts de ces jeunes créatifs, la gestion du temps de travail», explique l?une des formatrices, Vandanah.

L?école de design est devenue «une ruche», remarque Jay Tanapakion, training center Manager. Les abeilles butinent d?atelier en atelier, pressées par le temps, au son des machines à coudre. Leurs petites mains piquant, repiquant, surpiquant le tissu.

Les ateliers ou studios de l?école sont entièrement dévoués aux jeunes créateurs. Chacun son style, chacun dans sa bulle. Beaucoup ont l?air fatigués. L?école est spécialement ouverte pour eux, tous les jours de 8 heures à 22 heures.

Les salles sont de joyeux chaos créatifs. Il y a des papiers à patrons partout, au sol, sur les tables, sur les murs, dessinés, découpés, dans tous les sens. Des fils, des crayons, des couleurs.

Mélange de genres

Le thème de cette année est transit. Pas facile. Une figure libre où chacun y va de son interprétation et propose quatre à six ensembles à être approuvés par un conseil constitué de professeurs et de professionnels. Leena, 21 ans, a choisi de mélanger les genres et les époques en s?inspirant de la civilisation aztèque. «Je cherche à moderniser ces vêtements». Kathy 24 ans, «J?ai interprété le thème,ascension to purity, pour montrer que la femme moderne ne doit pas se laisser influencer par le culte de l?image, en utilisant la symbolique, une colombe blanche».

Les jeunes couturiers sont penchés sur leurs ouvrages et vacillent de salle en salle, avec à la main, un bout de pantalon, de la broderie fine ou encore un poncho mexicain orangé.

Le long des couloirs, les plaques de sérigraphies bronzent au soleil et sèchent au vent. On y voit gravés les différents styles à découvrir. Des dessins très fins, des impressions tout en contrastes, tantôt romantique, tantôt abstrait.

Charmant bazar

En suivant la trace des impressions, on entre dans d?autres salles, vides celles-là. Cela sent bon la peinture fraîche venue de l?atelier des impressions sur tissu.

Les pots de peintures sont grands ouverts et dégoulinants. Le bazar donne du charme à la création.

Côté teinture, on rivalise de parfums avec la salle des impressions, là aussi, il y a des couleurs partout.

De la musique se fait entendre. Un rythme sympathique, agréable, même si personne ne l?écoute vraiment. Certains, les plus occupés, ne doivent même rien entendre du tout, tellement concentrés qu?ils sont, le nez à quelques centimètres du tissu, les yeux rivés sur l?aiguille de la machine à coudre. Les créateurs sont des électrons libres. Les professeurs n?interviennent pas vraiment dans le processus de création. Ils contrôlent et surveillent. Vandanah explique, «en fait, on les guide, on leur explique comment procéder, à différents stades».

Jay Tanapakion souligne aussi «qu?il y a une collaboration des partenaires de l?industrie textile qui apportent une aide technique et un ?il critique sur les travaux des jeunes créateurs. Les entreprises se sont impliquées car elles croient dans nos jeunes designers. C?est plutôt bon signe. Et c?est ce qui fait du Fashion Show un événement important, un tremplin pour les élèves».

Mais en dehors de cette aide technique, ce sont les élèves qui réalisent toutes les étapes de création, du dessin aux retouches finales, en passant par l?achat des tissus.

Toutes les équipes sont mises à contribution. Bien sûr les étudiants en design, mais aussi les graphistes qui s?occupent de tout le publishing, affiches, invitations? et les créateurs de bijoux, qui fabriquent pour leurs camarades les accessoires des costumes.

Ils auront aussi leur heure de gloire puisque le Fashion Show, qui aura lieu le 17 juin, au Suffren, à Port-Louis, sera suivi d?une exposition des travaux de tous les étudiants en design et graphisme et bijouterie à partir du 20 juin, dans le gymnase de l?IVTB à Ebène.

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