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«Bérenger n?a pas su ?market? son bilan »
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«Bérenger n?a pas su ?market? son bilan »
● Il y a en ce moment un grand absent de la scène politique. Où est Harish Boodhoo ?
Beaucoup se posent la même question et pensent que je suis la seule personne qui pourra faire basculer l?opinion publique dans le camp de mon choix. Mais à la différence des roder de l?air qui changent de camp comme les « carapates » changent de chiens, je ne m?agrippe pas à la chose politique, ni aux leaders politiques. Je n?ai pas mis les pieds à l?hôtel du gouvernement depuis 1986 et je ne fréquente pas les politiciens. Je reste loin d?eux et je garde jalousement mon indépendance. Comme tout citoyen, j?ai mes convictions mais je les garderai pour moi contrairement à septembre 2000. Je suis conscient que bon nombre de Mauriciens attendent que je prenne position et que je leur donne le mot d?ordre. Car sur chaque dix électeurs, trois sont indécis. Ils n?arrivent pas à choisir entre la boue et la mare, entre les voleurs et les pickpockets.
● Pourquoi ce silence alors que vous êtes habitué à prendre des positions sans équivoque ?
Parce que les politiciens et l?électorat n?ont pas de gratitude. Je vous ferai quand même remarquer qu?en septembre 2000, même si SAJ m?avait envoyé en prison 12 fois, avait proféré des mensonges sur ma mère et avait détruit mon parti, le PSM, et mon journal, le « Socialiste », je l?ai quand même aidé quand le pays avait à choisir entre la terre et le fumier. Je l?ai pardonné parce que j?ai choisi de regarder l?horizon plutôt que la mer. C?était pareil en 83 et en 87. Mais maintenant j?ai décidé de laisser la décision au peuple. Gandhi avait dit « live and let live », moi je dis aux deux blocs « mor ek al mor ».
● Pourquoi ce changement d?attitude ?
Vous savez, j?ai été très blessé suite à cette affaire de Sale by Levy. S?il est vrai que le gouvernement a mis sur pied une commission d?enquête, elle n?a pas donné les résultats escomptés surtout avec la présidence de Sir Victor Glover que j?avais contestée. Et le leader de l?opposition, Navin Ramgoolam, n?a pas posé une seule question au Parlement sur la Sale by levy. De par son silence, il est complice de la mafia des avoués et des casseurs. Il y a aujourd?hui 15 000 familles qui vivent dans l?angoisse. Je suis dégoûté de la chose politique parce que j?ai entrepris une mission pour sauver ces petites gens et j?ai échoué. C?est pour cette raison que je laisse au peuple de décider quelle est la meilleure voie. Ils attendent un mot d?ordre et je n?en donnerai aucun.
« Ramgoolam est une personne extrêmement rancunière et jalouse. Il est très anti Harish Boodhoo. »
● A quoi attribuez-vous le silence de Navin Ramgoolam ?
Vous savez, Ramgoolam est une personne extrêmement rancunière et jalouse. Navin Ramgoolam a peur de mon ombre et il est très anti Harish Boodhoo puisqu?il n?y a que deux personnes qui savent la vérité sur lui, SAJ et moi. Parce que le combat sur la Sale by Levy était le mien, il a décidé de ne rien faire.
● Et Paul Bérenger dans tout cela ?
Écoutez, au moins, lui, il a reçu ces victimes à trois reprises. Il a instauré une commission d?enquête alors que Ramgoolam n?a rien fait. J?espère que les deux blocs vont mettre la Sale by levy dans leur manifeste électoral. Si l?un des deux blocs libère ces 15 000 familles des griffes de la mafia des avoués et des casseurs dans les jours qui viennent, je serai le premier à demander aux gens publiquement de soutenir cette équipe. Le message est clair. Je ne demande rien pour moi contrairement aux autres.
● Vous avez été l?architecte de l?accord Medpoint, quel bilan faites-vous de ces quatre dernières années ?
Il faut vraiment être de mauvaise foi ou être fou pour ne pas reconnaître le bon travail qu?à fait ce gouvernement mené par SAJ et Bérenger depuis 2000. Avant septembre 2000, il y a eu l?affaire Kaya, l?Amicale, Zamalek, l?escadron de la mort et tant d?autres incidents qui ont secoué Maurice. Il régnait une pagaille. Ce gouvernement a permis au pays de respirer. Le problème c?est que Bérenger n?a pas su market son bilan. Il y a la perception créée par l?opposition à savoir qu?il protège une poignée de gens. Je dois dire que durant ma vie de politicien, je n?ai jamais vu une campagne de haine aussi virulente contre un politicien. Ce qui me rend perplexe, c?est que Bérenger ne réagit pas : il reste dans sa tour d?ivoire. Je voudrai faire ressortir que c?est mon opinion personnelle et ce n?est certainement pas un mot d?ordre.
● Que se passerait-il si les deux blocs viennent de l?avant avec la proposition de réformer le système de « Sale by levy » ? Lequel choisirez-vous ?
Il ne suffit pas de promettre. Il faut le faire. Là maintenant. Tout de suite.
● Mais le leader de l?opposition ne peut rien faire à ce stade contrairement au Premier ministre?
Bien sûr il peut. Les deux ont une ligne de communication et si Ramgoolam met la pression sur Bérenger, ce dernier n?aura d?autre choix que de réagir.
● Quelle est votre analyse de la situation politique sur le terrain ?
Il me semble que c?est le plastique qui ira voter surtout avec cette campagne de haine. La machinerie de l?opposition a trouvé sa vitesse de croisière alors que celle du gouvernement semble être grippée. Bérenger m?étonne quand il va aux meetings avec kostim kravat et c?est bizarre que l?équipe gouvernementale n?arrive pas à attaquer et reste sur la défensive. L?impression est que l?opposition a un avantage. Mais attendons les débats télévisés. J?ai des raisons de croire que la situation va changer. D?un côté, vous avez une équipe homogène et de l?autre un vrai panier de crabes. Si jamais l?opposition remporte les élections, je ne lui donne pas plus de six mois.
● Justement, qu?est-il arrivé aux militants ? Sont-ils las ?
J?avoue ne pas comprendre. à tel point que certains dans l?entourage de Bérenger trouvent que Bérenger est en train de les mener directement à l?abattoir.
Je pense que la faiblesse de Bérenger réside dans son arrogance intellectuelle.
● Où est-ce là une tactique de Bérenger qui songe peut-être à un accord avec Ramgoolam ?
Effectivement, c?est une thèse. Que Pravind Jugnauth et son équipe vont être éliminés avec une alliance Bérenger-Ramgoolam. La politique est avant tout l?art du possible, n?est-ce pas ?
« Certains trouvent que Bérenger les mène à l?abatttoir. La faiblesse de Bérenger réside dans son arrogance intellectuelle. »
● Autre phénomène assez particulier qui ressort est que beaucoup d?anciens militants sont aujourd?hui rouges. à quoi attribuez-vous cela ?
Mais quand le bateau est en train de couler, les rats se sauvent, non ? Ce sont d?anciens camarades de Bérenger qui l?ont délaissé de même que ceux de l?ancien leadership du MSM. Ramgoolam les a tous accueillis. Il oublie, dans sa philosophie de ratisser large, que l?histoire a démontré que les traîtres restent des traîtres. Et comme ils ont trahi Bérenger, ils trahiront aussi Ramgoolam ; ce sont eux qui feront éclater un gouvernement travailliste. Il ne faut pas oublier que la seule fonction des « carapates » est de sucer le sang. Ils changent de chiens mais ils ne changent pas de fonction. Le drame du PTr est que les pur- sang rouges sont en dehors alors que les traîtres et les ennemis à l?intérieur.
● Vos relations avec SAJ ont connu des hauts et des bas. Quel regard portez-vous sur sa relève, Pravind Jugnauth ?
D?abord, sans Harish Boodhoo, SAJ n?aurait pas existé sur la scène politique. Pravind Jugnauth ? Je préfère ne pas faire de commentaire sur lui.
● Irez-vous voter le 3 juillet ?
Ah oui. Et je demande à tous d?exercer leur droit civique.
Quel est le souhait de Harish Boodhoo à 22 jours des élections ?
Il est important que le peuple agisse en gardien de buts et veille à ce que le pays sorte gagnant de ces élections. Je fais un appel à la population pour qu?elle condamne les excès et les abus.
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