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Garde de Tipo : Marianne s?excuse
Pas de foule manifestant devant la Cour suprême, plus de fuite ou de cachette. Marianne Alfred s?est hier exprimée sincèrement et simplement : elle regrette son geste et s?en excuse. Elle le sait, elle est passée outre l?ordre du juge Bushan Domah, qui l?exhortait à remettre Tipo à Mahmad et Ameenah Aurdally. Pour cela, elle plaide coupable. Mais elle l?a fait « akoz latasman ek lamour ki mo ena pou Tipo ».
Le juge Paul Lam Shang Leen n?ayant pu trancher hier, l?affaire reste en suspens. En attendant de savoir qui des Aurdally ou de Marianne obtient la garde définitive de Tipo, le garçonnet reste avec Marianne.
Autre fait marquant : le juge a suggéré aux deux parties d?inclure l?Ombudsperson pour les enfants, Shireen Aumeeruddy-Cziffra, dans cette affaire. Tipo pourrait alors bénéficier des services d?un avocat. Les deux parties n?y ont pas vu d?objection.
Lors de sa plaidoirie, hier, Me Juddoo a soulevé un point de droit. Il indique que les grands-parents de Tipo, Mahmood Carrim et Bibi Fazila Thoophany, n?ont aucun intérêt (locus standi) dans cette affaire. Ayant confié Tipo à Marianne, ils ne peuvent, estime-t-il, affirmer maintenant qu?ils ont pris soin de Tipo. Citant l?article 369 du Code civil, l?avocat soutient que l?adoption plénière est irrévocable, contrairement à une simple adoption. Et ses clients ont adopté le garçonnet en vertu dudit article du code civil. Il s?agit donc bel et bien d?une adoption plénière.
De ce fait, poursuit, Me Juddoo, Marianne ne peut réclamer la révocation de cette adoption. Ce que conteste Me Panglose. Pour lui, les grands-parents de Tipo ont un intérêt légitime dans cette affaire surtout qu?il y est question de fraude. Un échange de propos s?ensuit entre le juge et Me Panglose. Le juge lui fait comprendre que d?après la loi, l?adoption plénière est irrévocable.
Mais pour l?avocat de Marianne, il s?agit d?une question de phraséologie. Il insiste sur sa motion pour réclamer la révocation de l?adoption. Motion que le juge l?invite à modifier : au lieu de réclamer la révocation, il faut demander l?annulation pure et simple de l?adoption plénière. Selon la loi, les grands-parents sont les tuteurs de Tipo et,précise le juge, « by law the grand-parents cannot refuse the tutelle ».
Me Panglose a alors consulté son confrère, Me Hervé Lassémilante, et Me Pazhany Rangasamy, avoué, pour décider de la marche à suivre. Il a ensuite réclamé un renvoi pour modifier sa motion initiale. L?affaire a été renvoyée à lundi.
Interrogée dans le cadre de l?outrage à la cour dont l?accusent les Aurdally, Marianne s?est, par ailleurs, excusée pour des commentaires qu?elle a faits dans la presse contre l?administration de la justice et la Cour suprême. Elle répondait alors à une question de son avocat, Me Jacques Panglose.
A chaque fois que le Senior Puisne Judge Bernard Sik Yuen ou le juge Domah l?ont sommée d?amener Tipo en cour, elle a obtempéré, affirme-t-elle. Me Panglose a demandé au juge d?être clément envers sa cliente, ses commentaires devant être attribués, argue-t-il, au cri de c?ur d?une mère pour son protégé.
Mais l?avocat de la partie adverse, Me Juddoo, ne l?entend pas de cette oreille. Après avoir interrogé Marianne et que celle-ci a admis avoir également dit, dans la presse, que « lazistis pa bon dan sa pey-la dan zafer adopsion la », il a fait ressortir qu?il s?agit de graves allégations. Et qu?elle a bafoué l?ordre d?un juge.
Les débats sur cette affaire ont été courts, le juge ayant, au début même de l?audience, invité les deux parties à ne pas faire perdre son temps à la cour sur cette motion. Cela, tout en indiquant, néanmoins aux deux parties que techniquement, Marianne a bien commis un outrage à la cour. «Un ordre de la cour est un ordre. Whether it is good or bad, it is still an order». Me Panglose en convient. Il fera connaître sa décision ultérieurement.
Tipo n?était pas en cour hier. Mais les proches de Marianne et des Aurdally étaient présents.
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