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«Tricheries» aux courses : les interrogatoires s?enchaînent
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«Tricheries» aux courses : les interrogatoires s?enchaînent
Deux jockeys de l?écurie Philippe Henry, Jeffrey Lloyd et Swapneel Rama, ont été interrogés par les enquêteurs de l?Independent Commission against Corruption (Icac) dans la journée d?hier. L?interrogatoire, indique t-on dans les milieux proches de l?enquête, ne portait que sur des «détails techniques» liés aux courses hippiques à Maurice, une simple «procédure de vérification». Les limiers ont également interrogé Chan Sui Ko Fat Yan, homme d?affaires, pendant plus de trois heures. Tous ont été autorisés à s?en aller dans l?après-midi.
Les deux jockeys de l?écurie Philippe Henry se sont rendus au siège de l?Icac, accompagnés de leurs hommes de loi, pour y être interrogés hier matin. Me Maxime Sauzier, dont les services ont été retenus par Jeffrey Lloyd, explique que son client n?a été interrogé sur aucune allégation concernant les courses truquées. «Ce n?était qu?un interrogatoire de routine. Les enquêteurs souhaitent simplement entendre les jockeys pour se faire une idée du fonctionnement du monde hippique.»
Les enquêteurs de l?Icac se sont, en ce qui concerne l?ancien bookmaker et businessman Chan Sui Ko Fat Yan, rendus à son domicile la veille de l?interrogatoire. Il n?y était pas et y a donc eu droit le lendemain. «L?Icac a souhaité entendre mon client car son nom a été cité dans l?enquête sur les ?courses truquées?. Il a nié être impliqué dans cette affaire et a assuré qu?il n?a, à aucun moment, rencontré les jockeys qui ont été interrogés ces derniers jours», explique Rajesh Unnuth, avocat de l?homme d?affaires.
«Environ Rs 10 000 par journée»
Chan Sui Ko Fat Yan est très connu dans le monde hippique pour avoir été bookmaker pendant des années. Il a cependant rendu sa licence d?opération en 2000, estimant que les taxes imposées sur les bookmakers affectaient le business. «Même s?il n?est plus bookmaker, mon client se rend régulièrement aux courses. Il a expliqué aux enquêteurs qu?il ne parie pas de grosses sommes d?argent, soitentre Rs 10 000 et Rs 15 000 par journée.»
Bien qu?aucune charge n?ait été retenue contre lui, Chan Sui Ko Fat Yan a donné son consentement pour que ses comptes bancaires soient vérifiés. «Il a même accepté que ses relevés téléphoniques soient examinés si le besoin se fait sentir. Il a aussi fait savoir qu?il se tient à la disposition des enquêteurs.» Les interrogatoires se poursuivront la semaine prochaine avec la convocation d?autres jockeys et «acteurs du milieu hippique ».
Les premières interpellations dans l?enquête sur les courses truquées ont débuté vendredi dernier avec celle de Jason Taylor, à la suite d?une lettre anonyme reçue par la commission anti-corruption. Les enquêteurs découvrent, lors d?une perquisition à son domicile, au complexe Bougainvillea, à Grand-Baie, une somme de Rs 534 000. Interrogé sur sa provenance, le jockey australien explique que Rs 300 000 lui ont été remis par trois punters et Rs 234 000 par son beau-père, comme un « cadeau » avant qu?il ne quitte Maurice.
Mais les règlements du Mauritius Turf Authority (MTC) stipulent que tout jockey «adopte un comportement inacceptable» s?il accepte ou consent à accepter «any pecuniary or other gift or other consideration in connection with any race without the consent of the Stable Manager or Trainer.» Jason Taylor a retenu les services de Me Gavin Glover. Il sera de nouveau entendu par l?Icac d?ici mardi.
Le jockey français Gilles Lemius a, lui, été arrêté lundi, mais cette fois par la police des jeux. Il avait été suspendu à l?issue de la 6e course, le 28 mai dernier, pour n?avoir pas donné toutes ses chances au cheval Cavendish. Lors de son interrogatoire, il a incriminé un autre jockey, Rye Jeerawon et Chandrekansingh (Mann) Ramdour, propriétaire de chevaux.
Multiples témoignages
Gilles Lemius a avoué aux enquêteurs que ces derniers lui auraient demandé de truquer une autre course lors de cette même journée en retenant sa monture ? Qui Lord ? et favoriser ainsi la victoire d?Accelerate. A l?issue de leur comparution mardi devant le magistrat Vijay Appadoo, Gilles Lemius et Rye Joorawon ont été remis en liberté provisoire après avoir versé une caution de Rs 10 000 et signé une reconnaissance de dette de Rs 50 000 chacun.
Quatre autres jockeys ? Vinay Naiko, Brent Stanley, Dany Craven et Yashin Emamdee ? ont été interrogés par la commission anti-corruption mardi. Les enquêteurs pensaient qu?ils pourraient leur fournir des informations sur certaines «magouilles» ayant cours dans le monde hippique. Ils ont tous été autorisés à rentrer chez eux après leur interrogatoire.
C?est à la suite de multiples témoignages recueillis que les enquêteurs ont décidé de procéder à l?interrogatoire d?autres jockeys et de propriétaires de chevaux afin d?obtenir des informations supplémentaires sur le fonctionnement des courses à Maurice.
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