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Un sursis pour Marianne

5 juin 2005, 00:00

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Un tonnerre d?applaudissements accueille Marianne Alfred et le petit Mohamade Mamet « Tipo » Aurdally. Des proches et amis ont patienté des heures durant devant la Cour suprême vendredi pour connaître la décision du chef juge par intérim, Bernard Sik Yuen, sur l?accusation d?outrage à la Cour qui repose sur elle. « Le chef juge a écouté Marianne Alfred et les Aurdally en l?absence de l?enfant et a décidé de le laisser à Marianne jusqu?au vendredi 10 juin », affirme Me Pazhany Rangasamy, avoué de Marianne Alfred. Les deux parties devront revenir demain pour décider si la motion du couple Aurdally, qui sera débattue le 10 juin, a été faite selon les règles.

Marianne Alfred et le petit Tipo ont défrayé la chronique ces dernières semaines. Elle maintient que l?enfant, dont elle s?est occupée depuis l?âge de trois mois, a été adopté de manière « frauduleuse » par les Aurdally. Ce que ces derniers ont toujours réfuté, affirmant que toutes les procédures ont été faites selon les règles. « Nous gardons confiance en la justice », disait Mahmad Aurdally, la semaine dernière.

L?adoption plénière a été prononcée en avril. Mais Marianne Alfred a toujours refusé de remettre l?enfant à ses parents adoptifs, commettant ainsi un outrage à la Cour - elle risque de passer un temps à l?ombre. Pour qu?on ne lui enlève pas Tipo, elle est prête à tout : « mo prêt pou al zisko bou. Ma pa per, depi ti baba li avek moi. » Marianne Alfred n?a ainsi pas hésité à l?enlever de l?école primaire Jean Lebrun et d?être en cavale.

« Tipo est angoissé. Dès qu?il voit un policier, il se cache », soupire Jameela, sa grande s?ur, qui vit avec Marianne depuis son enfance.

Mais la joie des sympathisants sera de courte durée. La décision du chef juge par intérim, Bernard Sik Yuen, ne remet nullement en question l?adoption plénière. Dès demain, ce sera le retour à la case départ. « Nous manifesterons tant que Marianne n?aura pas obtenu la garde de son enfant. Si on la lui refuse, on est prêt à faire une grève de la faim », affirme un des sympathisants muni d?une pancarte : « Ran Tipo so mama. »

Jeudi, ils faisaient encore le pied de grue devant la Cour suprême pour « plus de justice pour les pauvres ». Les commentaires allaient bon train. Les uns et les autres parlaient « d?enquête bâclée », « d?attente angoissante », « de souffrance d?une mère »... Demain sera une longue attente pour les Alfred et les Aurdally. La partie ne fait que commencer.

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