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L?étrange disparition de Wilhelmine
«Cause du décès : dysfonctionnement aigu des reins en raison du diabète et d?un alcoolisme chronique », souligne Percy Salva d?un ton monocorde. Il n?arrive toujours pas à croire ce qu?il lit sur l?acte de décès de sa tante Wilhelmine Nankoo, 56 ans, morte dans la salle de dialyse de l?hôpital Candos, jeudi. « C?est vrai qu?elle souffrait du diabète, mais dire qu?elle était alcoolique chronique, c?en est trop !» s?insurge-t-il.
Toute la famille s?accorde à dire que Wilhelmine Nankoo, habitante de Roche- Brunes, n?a jamais touché à une goutte d?alcool. « Cela nous choque d?autant qu?elle n?était pas de cette nature. Elle ne fumait ni ne buvait », s?indigne sa s?ur Jocelyne, anéantie par cette perte. Elle se souvient d?elle comme d?une personne douce qui n?aimait pas sortir. Son unique passe-temps : les feuilletons télévisés.
Suivie pour des problèmes mentaux à l?hôpital psychiatrique depuis ses 30 ans, Wilhelmine ne s?est jamais mariée. Elle vivait jusqu?à tout récemment chez sa mère, avant que cette dernière ne décède voilà quatre mois. Mais la quinquagénaire n?était pas seule, elle pouvait compter sur ses deux neveux et son grand frère pour s?occuper d?elle.
Outre sa maladie mentale, elle souffrait du diabète de type 2 (insulinodépendante). Mais, il y a deux semaines, elle qui se sent mal. Rendez-vous est pris chez un médecin du privé.
Après les examens d?usage, il découvre que le taux d?urée dans le sang est anormalement élevé. Il conseille l?hospitalisation immédiate. « On est tombé des nues. Le médecin a expliqué que c?était dû au diabète. On se demande comment cela est passé inaperçu alors qu?elle était suivie depuis belle lurette à l?hôpital », soupire sa s?ur.
Wilhelmine est donc admise à l?hôpital Candos lundi. Elle y subit des examens médicaux avant qu?une fistule ne lui soit placée pour purifier son sang. Jeudi, alors qu?elle subit sa première dialyse, elle succombe sur son lit d?hôpital. « Elle aurait peut-être pu être sauvée si on avait détecté qu?elle avait développé des complications. »
Encore sous le choc, les Nankoo essayent de trouver une explication à ce décès. « Je me souviens que mardi, une infirmière nous a approchés pour nous demander si Wilhelmine était alcoolique. Lorsque nous avons nié, elle nous a dit que le médecin devait alors se tromper de maladie. » Cette remarque n?a pas fini de les tourmenter. Ils envisagent maintenant de porter plainte pour négligence médicale. « Ils peuvent porter plainte s?ils s?estiment lésés. Mais nous pensons avoir fait tout notre possible pour soigner cette dame », affirme un médecin.
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