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Les marchands ambulants gagnent La Réunion
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Les marchands ambulants gagnent La Réunion
Qui ne connaît pas une voisine ou une amie qui refourgue des articles ramenés d?un voyage en Inde ? Une expatriée aujourd?hui à la tête d?une chaîne de magasins avait débuté en important un conteneur de meubles de Bali à la demande de ses amies. Et l?inverse aussi est vrai.
Nombreux sont les Mauriciens faisant officiellement du tourisme à Madagascar ou à l?île de La Réunion mais qui partent les bagages remplis d?articles à vendre dans l?espoir de couvrir les frais de leurs voyages.
La réalité s?est révélée brutale mardi pour quinze de nos compatriotes qui avaient l?intention, semble-t-il, de jouer aux marchands ambulants dans la capitale réunionnaise. Les autorités de l?île s?ur ont annulé leur visa et les ont sommées, ainsi que l?organisatrice du voyage, à rentrer au pays. Car elles sont soupçonnées de vouloir écouler des produits textiles et des bijoux fantaisies à St.-Denis.
<B>Surveillées par les policiers</B>
Agées de 30 à 50 ans, les Mauriciennes ont débarqué du Mauritius Pride mardi et devaient rester dans l?île jusqu?au 10 juin pour divers motifs. Certaines ont expliqué qu?elles rencontraient des parents, d?autres ont évoqué des raisons médicales.
Tout semblait avoir été réglé comme du papier à musique. Mais comble de malchance pour elles, une équipe de policiers les avait à l??il, relate le Journal de l?île de La Réunion (JIR) dans son édition de mercredi et de jeudi.
Tout laissait croire qu?elles venaient écouler des produits textiles, sans doute des contrefaçons, sur le marché. Leurs sacs étaient remplis de marchandises lorsqu?elles ont embarqué à bord de deux minibus pour la Pension Anaïs, anciennement connue comme la Pension des îles, au 335 rue du Maréchal-Leclerc, à St.-Denis.
Les policiers ont fait le guet, surveillant leurs moindres faits et gestes, avant d?investir leurs chambres. Interrogées pour commerce illégal sur la voie publique, elles ont été invitées à rentrer à Maurice par avion, à leurs propres frais.
Les autorités les ont aussi informées que le visa qui leur a été délivré à leur descente du Mauritius Pride a été annulé. En cas de récidive, les quinze femmes seront passibles de poursuites.
Depuis la mésaventure de ces dames, les autorités réunionnaises ont décidé de durcir le contrôle des passagers en provenance de Maurice. La filière sera passée sous la loupe et les enquêteurs réunionnais comptent bien remonter à la source des marchandises saisies dans l?espoir de vérifier l?existence d?autres filières clandestines.
Selon la police aux frontières, les Mauriciens sont très actifs dans ce genre de commerce et font souvent des séjours de courte durée à l?île s?ur.
Le propriétaire de la pension où les Mauriciennes sont descendues s?est confié au JIR. Il ne soupçonnait pas le groupe de commerce illégal, affirme-t-il. Mais leur accompagnateur ne serait pas à son premier voyage. Il vient à St.-Denis chaque deux mois avec des Mauriciennes. Sept de ces femmes sont rentrées à Maurice jeudi, révèle la préfecture de St.-Denis.
Ce séjour qui a viré au cauchemar avait « soigneusement » été « préparé par l?organisatrice du voyage et de l?opération, Ida Marie Beesoo », rapporte le JIR.
Le Bureau du Premier ministre a été informé des tribulations des Mauri-ciennes en milieu de semaine. « Nous sommes en train de vérifier si elles ne s?adonnaient pas à d?autres activités illégales à l?île s?ur », déclare un proche du dossier.
L?une des filles d?Ida Marie Beesoo se montre hystérique lorsqu?on a essayé d?avoir sa version de l?histoire. « Vous ne téléphonez pas chez moi. Ma mère est partie faire du tourisme », criait-elle au téléphone.
Avec cette affaire, l?octroi de visas aux Mauriciens pour se rendre l?île s?ur risque d?être plus ardu. « Déjà l?ambassade de France essayait de faire assouplir les formalités », confie une source proche à l?ambassade.
<B>Ces « tracers » arrêtés pour piratage</B>
Ils sont nombreux ces Mauriciens tombés dans les filets de la police réunionnaise pour commerce illégal. En octobre dernier, un homme de 27 ans et une femme de 51 ans avaient été interceptés à un contrôle routier avec des produits contrefaits : des bijoux, des parfums et des vêtements contrefaits de la marque Adidas, Ralph Lauren, Eden Park et Levis?s. Le couple faisait du porte à porte avec ces produits importés illégalement.
En janvier 2002, deux hommes, dont un Mauricien, avaient été interpellés avec des sacs de voyages contenant quatre-vingt faux polos Ralph Lauren et Eden Park ainsi que trois cents pièces d?autres types de vêtements. Ils étaient aussi en possession de faux lunettes Oakley.
En février, les douanes mauriciennes avaient mis la main sur une cargaison de 3995 polos Lanvin fabriqués en Inde et destinée au marché français après être passée La Réunion. On ne se demande plus pourquoi Maurice à la réputation d?être le pays du faux luxe.
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