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Ces effets d?optique qui font tiquer

5 juin 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Ena de kiksoz finn fatig latet boukcou nou bann dimounn mardi e mercredi. Nou finn pass enn ti moman difisil, me a partir jeudi nous finn repran, y compris psychologiquement. » Venant de la bouche de Paul Bérenger, l?aveu est de taille. Il n?y a pas à dire, l?alliance Mouvement socialiste militant-Mouvement militant mauricien (MSM-MMM) a connu un laborieux début de semaine. Sur le terrain, les sympathisants de l?Alliance sociale ont paru dans l?ensemble plus motivés.

Ce début difficile, il faut l?attribuer à deux faits. D?abord, l?assistance au meeting de lundi après-midi à Rose-Hill était de loin inférieure à celle rassemblée le même jour par l?Alliance sociale à Triolet. Ensuite, visuellement, les rouges ont semblé plus présents.

Commentant ces deux éléments, hier, à son point de presse hebdomadaire, le leader de l?alliance gouvernementale s?évertue à les relativiser. Le meeting de Rose-Hill était un meeting régional, dit-il. « Nous l?avions prévu depuis le début. Le Parti travailliste, lui, a tenu un meeting national, avec des sympathisants venus des quatre coins de l?île. »

Pourtant, à la présentation des candidats, le samedi 21 mai, le leader du MMM nous avait annoncé autre chose : «Zour Nomination Day, le 30 à Rose-Hill, à Bar Chacha, nou pou ena enn gran meeting de lancement de campagne. » Pour nombre d?observateurs, le rassemblement de Rose-Hill était loin d?être « grand ».

Dans son édition de mardi matin, l?express juxtapose des photos des deux foules, celles de Rose-Hill et de Triolet. Il conclut que pour ces meetings, les partisans de l?Alliance sociale étaient environ deux fois plus nombreux que ceux de l?alliance MSM-MMM. De quoi faire monter l?adrénaline dans les rangs MSM-MMM. Comme il est souvent plus commode en pareille circonstance de tirer sur le messager, Paul Bérenger parle dès mardi après-midi de traitement « unfair ». Le journal a eu tort de « met le de meeting sur un pied d?égalité ». Il entonne la même rengaine dans les meetings suivants.

<B>Dans l?attente de manifestes </B>

A la profusion de la couleur rouge dans certains villages, le leader de l?alliance MSM-MMM a aussi une explication. Contrairement à l?opposition, la majorité a choisi de ne pas utiliser le plastique. Mais tout compte fait, elle va faire de concessions avec ses principes : l?alliance MSM-MMM songe à avoir recours au plastique biodégradable. Il y a la perception, il y a aussi le son. Peu vus en début de campagne dans les meetings de l?alliance gouvernementale, les percussionnistes ont été particulièrement bruyants, mercredi à Terre-Rouge et jeudi à Phoenix.

Voilà pour la forme. Pour le fond, on attend toujours les manifestes. A sa conférence de presse de jeudi, Rama Sithanen annonce que l?Alliance sociale publiera, dans deux semaines, un volumineux programme qui énoncera, secteur par secteur, ce qu?elle entend réaliser en cas de victoire. Ce document fera également « un contre-bilan » de l?action gouvernementale et soulignera les promesses non tenues. Il sera accompagné d?un résumé pour faciliter sa lecture par l?homme de la rue.

L?alliance gouvernementale attend, elle aussi, qu?un comité présidé par Jayen Cuttaree mette la dernière main à la rédaction de son manifeste. Ce document sera distribué en même temps qu?un dépliant portant, pour chaque circonscription, les photos des candidats et un résumé du manifeste électoral.

Pour l?heure, les ténors des deux blocs reprennent les arguments qu?ils véhiculent depuis plusieurs semaines. L?alliance gouvernementale est d?avis que la victoire ne peut lui échapper eu égard à son bilan, à son équipe, au budget 2005-2006 et aux défis qui guettent.

L?opposition rétorque en parlant de mauvaise gestion économique, de la montée du chômage, de la flambée des prix. Rama Sithanen a évoqué le déficit de Rs 1,1 milliard enregistré par la State Trading Corporation (STC). Preuve, dit-il, que cette corporation a été mal administrée « malgre tou lestoma ki zot finn tape ».

Le ministre des Finances ne l?entend pas de cette oreille. Il rappelle que le gouvernement MSM-MMM a, de septembre 2000 à juin 2004, ramené le déficit accumulé de la STC de Rs 1,9 milliard à Rs 539 millions mais que la situation s?est détériorée ces derniers mois en raison de la flambée des prix du pétrole, du ciment et du gaz ménager.

<B>La PSC mise en cause</B>

Le gouvernement, dira Paul Bérenger, a décidé de laisser au pouvoir qui sortira des urnes le soin de se prononcer sur ce dossier, à tête reposée. «Si nou ti mont prix ciment ek prix gaz, zot ti pou premier pou crie », dit-il en parlant de l?opposition.

A sa conférence de presse d?hier, Navin Ramgoolam a aussi accusé le gouvernement « d?abus de pouvoir et de non-respect des institutions ». Il allègue que la Public Service Commission (PSC), la police et certains départements de la fonction publique sont en train de faire le jeu de la majorité en recrutant à la veille des élections. A quoi le gouvernement réplique que c?est manquer de respect à la présidence de la PSC que de prétendre qu?elle se laisse manipulée. (voir ci-contre l?interview du président de la PSC).

Tandis que le Premier ministre se félicite de la façon « exemplaire » dont se déroule la campagne, son vis-à-vis trouve que ce n?est qu?un « simulacre de démocratie ». Il annonce avoir alerté les institutions internationales et la commission électorale sur ce qu?il considère comme des passe-droits.

<B>Rezistans fait de la résistance</B>

Est-on tenu de dévoiler son appartenance ethnique au moment de faire acte de candidature ? Le parti Rezistans ek Alternativ et la commission électorale s?opposent sur la question. En se basant sur l?alinéa 3 de la première cédule de la Constitution, des Returning Officers ont refusé, lundi, onze candidatures. Le chef juge Ariranga Pillay tranchera. Sa décision sera sans appel.

Dans un affidavit juré vendredi matin, les onze membres de ce parti affirment qu?ils sont tout à fait qualifiés, en vertu des articles 33 et 34 de la Constitution, à être candidats aux élections. Or, leurs candidatures ont été rejetées du fait qu?ils avaient omis de divulguer sur le formulaire approprié leur appartenance ethnique, indication nécessaire pour l?allocation des sièges de best losers. Non seulement, disent-ils, ils ont du mal identifier aux critères établis sous cette clause constitutionnelle, ils n?ont pas l?intention d?accepter des sièges de best loser. Ils trouvent inacceptable l?obligation faite au citoyen de la République de décliner sa « communauté ». Ils soutiennent que tout candidat doit viser à représenter les intérêts de l?ensemble des électeurs.

Le débat sur la nécessité de déclarer son appartenance ethnique au moment de faire acte de candidature n?est pas nouveau. Lalit tient le même raisonnement. Pour contourner le problème, ce parti a recours à un tirage au sort afin de décider ce que chacun de ses candidats doit inscrire sur son formulaire.

<B>Etincelles... </B>

Ça a failli barder à Phoenix. Selon Jean-François Chaumière, candidat rouge dans cette circonscription, il faisait campagne dans la région de Camp Fouquereaux lorsqu?il a appris qu?il y avait du grabuge à Phoenix. Des sympathisants du MSM-MMM intimidaient, dit-il, ses agents.

A son arrivée sur les lieux, il a été bousculé par des sympathisants de l?alliance gouvernementale. Cassam Wahedally, un des agents de cette alliance, aurait proféré des menaces de mort à son endroit. Jean-François Chaumière parle également de reproches concernant le football mais insiste sur le caractère menaçant des agents de l?adversaire.

Cassam Wahedally rejette l?accusation et parle de coup monté pour l?évincer de la campagne. Il concède avoir eu une prise de bec avec le président du Labour à propos d?un match de foot. Sans plus.

L?incident a été commenté jeudi lors d?une conférence de presse animée par Dharam Gokhool et Rama Sithanen. Hier, Paul Bérenger en a aussi parlé. Il soutient toutefois que « Jean-François Chaumière et Dharam Gokhool ont inventé des faussetés », qu?il y a eu clash, mais pas menace de mort.

Le Premier ministre indique avoir donné la garantie au leader de l?opposition que la police « pou fer so travay » et a décidé, à la requête de Jean-François Chaumière, de lui accorder une protection policière.

Le leader de l?alliance gouvernementale maintient que la campagne se déroule dans une ambiance relativement calme « malgré quelques frictions entre les activistes le soir ». Il a cité un cas noté dans la nuit de vendredi à Baie-du-Tombeau.

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