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N?oublions pas
En 2000, on ne les voyait pas trop venir. En 2005, on n?en parle pas beaucoup non plus. Pourtant, ce sont des hommes et des petits partis qui influent sur les résultats. Raj Dayal et Cehl Meeah, entre autres, sont des politiques qui usent et abusent de recettes populistes. Ils ont fait de bons scores en 2000, Dayal ratant même de très près un siège d?élu. Pour cette joute 2005, il ne faudrait pas non plus minimiser leurs rôles.
Avant même le déclenchement des hostilités, ces deux dirigeants ont tenté un petit stratagème qui n?a pas porté ses fruits. Ils ont, en effet, essayé un rapprochement avec les principaux blocs. Une tentative qui n?aurait officiellement rien accouché de concret. La man?uvre traduit une volonté de légitimation politique et une entrée dans le « main-stream » qui aurait pu conférer une plus grande assise électorale tant à Cehl Meeah qu?à Raj Dayal. Après avoir joué les trouble-fêtes lors des dernières élections, ils ont voulu franchir cette étape, une ambition nouvelle à exprimer. Maintenus sur le bas côté de l?autoroute des grands partis traditionnels, ils vont certainement vouloir faire la démonstration de leur force électorale. Et c?est sur ce terrain qu?il faudra les attendre.
Dans certaines régions spécifiques, ils pourront compter sur un réseau d?adhésions non significatif. Ce sont les caractéristiques de ces faisceaux d?électeurs qu?il importe de comprendre. Désabusés par les grands partis, sensibles aux discours de revendication, vulnérables aux promesses faciles et surtout fragiles dans leur citoyenneté, ces électeurs cèdent aux sirènes qui font jouer les pulsions les plus primaires.
Qu?il s?agisse de Raj Dayal ou de Cehl Meeah, ils ont bien saisi ce mécanisme. Populistes à souhait, ils profitent de la peur et des angoisses des électeurs pour prédire un monde plongeant dans l?obscurantisme. Cela fait recette. Parce que les gens ont peur du changement tout en le désirant. Parce que les gens s?identifient à ceux qui font remonter à la surface les instincts primitifs. Des politiques ne se privent pas de surfer sur ces sentiments contradictoires.
C?est la raison pour laquelle, il importe de ne pas réduire l?importance des groupuscules et des leaders qui profitent de cette situation. Les grands partis auraient tort de penser que les électeurs qu?ils fédèrent sont une quantité négligeable. Ce n?est pas seulement leur force électorale qu?il s?agit de prendre en compte.
L?existence même de ce type d?électeurs traduit la crise que traversent les partis traditionnels et celle de tout un système politique et parlementaire qui ne parviennent plus à répondre aux attentes de la population dans son ensemble.
À ceux qui s?excluent, il est du devoir de ceux qui représentent la République de leur envoyer un message d?intégration. Rapidement.
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