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Le dernier voyage de Mackenzie

5 juin 2005, 00:00

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Pascal Mackenzie Baptiste, 21 ans, est parti pour son dernier voyage mercredi. Cet habitant de Cité Joachim, Forest-Side, s’est pendu au moyen d’un engin de mort qu’il avait lui même mis au point. Grâce à un système de poulie actionné par sa valise, il s’est donné la mort, en expliquant toutefois les raisons de son geste dans une longue lettre. Dans ses adieux, le désespéré confie qu’il a tout fait pour pouvoir rendre visite à sa mère et à sa sœur, installées en France.

Mais comme sa demande d’un visa Schengen avait été rejetée par l’ambassade de France, tous ses rêves se sont envolés. C’est donc dans son plus bel habit, un kurta noir en soie, qu’il a décidé de commettre l’irréparable.

Il a profité de l’absence de son père, Stellio, Storekeeper, dans une entreprise de construction pour passer à l’acte. Mais ses proches n’arrivent toujours pas à croire cette disparition.

Jovial, Mackenzie cachait bien ses desseins. Il était connu pour ses talents d’artiste. Ainsi, il aimait faire des gravures sur miroirs et vitres.

Le jeune homme qui pratiquait sa religion avec piété, s’adonnait également à la confection de bougies. Il avait même un talent certain pour la musique.

« Il avait plein de projet. Il souhaitait enregistrer un CD, mais se payer les services d’une maison d’enregistrement et d’un producteur était hors de notre portée. Il voulait aussi se rendre en France, mais vu qu’il n’avait que sa Form IV, c’était pas facile… »

Aux yeux de tous, c’était un gentil garçon. « Mackenzie ti pli mouton ki mouton. ZamE li pa pou refiz ou kitsoz, li ti mari trankil… », confie Teddy, un de ses cousins.

Mais au fond de lui-même, c’était un être tourmenté. « Il a dû se passer quelque chose de très grave. Mackenzie se confiait peu. Moi qui suis son parent, il ne me disait jamais rien. On n’a rien vu venir », confie un de ses oncles.

On connaissait moins son côté sombre, celui où il ruminait ses échecs, où il était livré au désespoir. Se sentait-il seul et délaissé depuis que sa sœur et sa mère étaient en France ?

Pour Stellio Baptiste, son fils est mort en lui laissant une énigme à résoudre. Pour le médecin légiste Satish Boolell, il ne fait pas de doute qu’il est mort par pendaison.

« Tout so problème mo ti kone. Pa ti ena okenn indis pou montre ki li ti pe al suisider. Li ti an bon term avek tou dimounn, li ti ena mem enn kopinn… », déplore Stellio.

La tragique disparition de Mackenzie a ébranlé Cité Joachim, à Curepipe. Une bien triste fin pour un jeune homme très apprécié par ses proches.

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