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ça roule pour Dillen Veeraragoo

5 juin 2005, 00:00

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Une chose est sûre, Dillen Veera-ragoo a une bonne bouille. À l?intérieur de la station-service Esso à Curepipe, cet homme s?affaire derrière son comptoir et reçoit ses clients avec le sourire. Avec son frère Ganesan, 35 ans, et ses deux s?urs, Ruby, 43 ans et Nalini, 42 ans, cet homme de 41 ans loue aussi des voitures. Il doit sa réussite à Mougon, son père, son idole de toujours, décédé il y a quelques années.

Nostalgique, Dillen Veeraragoo, se souvient du temps où il se hâtait auprès de celui-ci pour le seconder après la classe à l?école primaire de Notre Dame de la Confiance. Nous sommes alors en 1945. Mougon Veeraragoo achète un hotel dithé à Curepipe qu?il baptise Nada et y vend du thé, des gâteaux ainsi que des billets de loterie verte et de course. Entre-temps, Pama, la mère de Dillen, âgée de 58 ans, allait cuisiner dans des familles.

« La vie était très difficile à cette époque. Les moyens faisaient défaut pour suivre une scolarité complète, et nous devions aider nos parents », confie le directeur commercial d?Ada. Au bout de 30 ans, la tabagie devient très florissante et tout semble aller pour le mieux. Mais voilà que le malheur s?abat. Un jour, le commerce est complètement ravagé par un incendie. Mougon Veeraragoo ne baisse pourtant pas les bras. Il cherche un autre emplacement et son choix se fixe sur une tabagie au marché de Curepipe. C?est cette persévérance que le petit Dillen d?alors admirait beaucoup : « Mon père se démenait toujours pour nous. Il avait le commerce dans le sang. Mon frère et moi essayions de l?aider et ce parfois de 6 heures à 17 h 30. Nous étions parmi les gros vendeurs de billets de loterie et de pools ».

Trois ans plus tard, en novembre 1978, la chance sourit. « Mon père a gagné à la loterie en association avec une dizaine de personnes. À l?époque, le premier lot était de Rs 300 000 et papa avait remporté Rs 30 000. Il songeait alors à l?investir dans un autre domaine ? le bookmaking ? car il fallait diversifier les activités », relate notre interlocuteur. Des démarches en vue d?obtenir une licence de bookmaker sont entamées. En 1986, la fortune leur sourit à nouveau. Mougon Veeraragoo avait alors écoulé son stock de billets verts à l?exception de soixante-deux. Il en avait pris quelques-uns, les glissant dans sa poche.

Et voilà que, cette fois, il remporte plus de Rs 1,2 million ! Le petit business de bookmaking prend alors forme. Une première échoppe est inaugurée derrière le marché de Curepipe, et une deuxième au Champ-de-Mars. Pendant dix ans, les affaires vont bon train : « On n?avait pas fait de grosses pertes mais on ne gagnait pas non plus des fortunes Nous étions très prudents. On ne voulait pas prendre trop de risques ».

Dillen privilégie les relations familiales

L?idée de fonder une société de location de voitures commence à germer dans l?esprit de Mougon Veeraragoo car le bookmaking posait quelques contrain-tes. Il voulait que son commerce réunisse davantage la famille. Le jour de ses 56 ans, on lui livre les trois premières voitures. Il s?agit de deux Mini Moke décapotables et d?une Honda Civic rouge immatriculée CP 558.

En 1989, il fait également l?acquisition de la station-service Esso à Curepipe en encourageant les filles à participer aux affaires. Commençant avec un taux de vente de 40 000 litres par mois, les Veeraragoo atteignent aujourd?hui les 400 000 litres. Devant ce succès, ils poursuivent sur leur lancée. En 1998,

les Veeraragoo possèdent déjà une vingtaine de voitures et signent une franchise chez Ada, en France. Ils desservent la clientèle française qui peut réserver une voiture à Maurice dans des agences en France. Ada prend ainsi son envol, avec le soutien du père.

En l?an 2000, Mogon décède. Dillen Veeraragoo est accablé. Mais la vivacité et la persévérance dont il a héritées lui font reprendre du poil de la bête. Avec l?aide de KPMG, il élabore des stratégies. « Chaque enfant possède des qualités. On a mis notre avenir entre les mains de Ganesan, qui était plus porté pour les chiffres tandis que moi, je me destinais à la gestion commerciale. Nalini s?occupait de la station-service. Que l?on soit dans un petit ou un grand secteur, il faut ?uvrer pour offrir le meilleur service qui soit. Par exemple, dans le cas de la location de voiture, il faut réaliser qu?un touriste vient dans un pays étranger et prend la route en conduisant à l?opposé. Il faut qu?il dispose d?un bon véhicule et qu?il ait un service de dépannage efficace. Le nôtre est disponible 24 heures sur 24. Il y a bien sûr des difficultés, comme la concurrence déloyale, mais il faut s?accrocher », explique Dillen Veeraragoo.

Aujourd?hui, Ada compte plus de 70 voitures destinées aux touristes mais aussi aux Mauriciens. Et pour s?enrichir des dernières stratégies, Dillen Veera-ragoo crapahute en France pour des stages chez Ada et sponsorise également les journées de courses hippiques. Du 24 avril au 6 mai dernier, il avait fait le déplacement à Longchamp pour une journée hippique spéciale.

Du peu de temps libre qui lui reste, Dillen Veeraragoo le passe auprès de ses clients pour mieux les connaître. Il privilégie aussi les relations familiales. Ainsi, le samedi reste, sacré car il ne faut pas manquer le déjeuner préparé avec délicatesse par Pama. Et il y a aussi son fils, Darren, 11 ans, qui le comble de joie. Etudiant en Form I au collège Impérial, celui-ci montre déjà beaucoup d?intérêt pour les voitures. Relève assurée ? Les années futures le diront.

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