Publicité

La politique

5 juin 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Tout pouvoir est-il politique, ou bien y a-t-il un pouvoir qui devient politique, par le biais d?une origine qu?il faudrait nommer ? Il y a le passage de l?état de nature à l?état civil, et non pure opposition de la nature à l?artifice ; c?est ce que suggère le passage de la notion de potentia (puissance de la multitude) à la potestas (pouvoir politique). Le pouvoir politique, c?est-à-dire pour Hobbes le pouvoir ou l?État, implique lui-même une puissance, mais régie par le droit. L?existence d?un tel développement permet de poser le problème en termes d?origine, à condition de déterminer si la contradiction affecte l?état de nature, que cette contradiction soit la condition né-cessaire du passage à l?état civil et qu?enfin l?état civil inaugure une dimension nouvelle susceptible de dépasser la contradiction de l?état de nature. Tout cela est possible si l?on fait du processus de la reconnaissance un enjeu essentiel, celui précisément de la détermination de l?origine du pouvoir politique. Cette reconnaissance n?est pas donnée d?emblée dans l?état de nature, qui est plutôt le règne de la dissimulation, du message, de la feinte et de la lutte, mais dans l?état civil où « celui qui doit gouverner toute une nation ne doit pas lire en lui-même tel ou tel individu, mais l?humanité », et où « la loi est alors la conscience publique ». L?origine du pouvoir politique est alors bel et bien le désir d?auto-conservation dans sa spécificité humaine, c?est-à-dire ori-enté vers le désir de l?autre. Ainsi y a-t-il une « inclination générale de toute l?humanité, un désir perpétuel et sans trêve d?acquérir pouvoir après pouvoir, désir qui ne cesse qu?à la mort ». D?où la nécessité pour chaque individu d?accroître sa puissance et la contradiction dans laquelle va sombrer le désir de puissance. L?institution du pouvoir politique n?est pas une création ex nihilo, ses conditions et son statut sont entièrement pré-inscrits dans l?état de nature. C?est le passage de la potentia à la potestas, qui constitue le moment du dépassement de l?état de nature en état civil. C?est donc dans son développement immanent que l?état de nature se supprime lui-même en produisant un ordre politique qui s?oppose aux passions et qui rend possible une reconnaissance juridique. L?État politique est spécifique et originaire. Il ne saurait dépendre d?un état antérieur. Il n?y a pas d?abord l?ho-mme, puis la société, la politique. Tout est donné en même temps, et remonter au-delà du social et du politique serait remonter au-delà de l?homme. Historiquement, le pouvoir n?apparaît pas comme un accident, c?est une nécessité, pour plusieurs raisons : l?homme n?est pas un être de pure raison, il a des passions, un amour de soi qui le pousse à agir selon ses intérêts, d?où la nécessité de les contrôler par une force, un pouvoir qui s?impose à tous.

Publicité