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Responsabilités politiques

1 juin 2005, 00:00

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L?île Maurice n?est jamais plus divisée que lorsque le MMM et le PTr s?affrontent dans une joute électorale. De 1976 à ce jour, ce sont principalement les élections opposant ces deux partis qui reproduisent, en termes de pourcentage, une segmentation quasi symétrique de la population électorale. En 1976, le MMM obtenait 39 % des voix et le PTr, sous la bannière du Parti de l?Indépendance, parvenait à 38 %. En 1982, le MMM avec le PSM réussissait l?exploit de réunir 62 % des votes contre 33 % au PTr-PMSD. Avec le MSM et le PMSD en 1983, le PTr raflait 51 % des voix exprimées contre 45 % au MMM. Les deux blocs qu?ils dirigèrent en 1987 était presque à égalité avec un infime avantage au PTr qui recueillait 49 % des voix contre 48 % au MMM. En 1991 avec le MSM, le MMM obtenait 56 % contre 39 % au PTr-PMSD. Et finalement en 2000, l?alliance MSM-MMM avait le soutien de 51 % des votants contre 36 % à l?alliance PTr-PMXD.

S?il fallait une preuve que le pays est divisé plus ou moins en deux parties lorsque ces deux formations politiques s?affrontent, les chiffres cités en sont une. Même si en 1991 et 2000, la balance s?est penchée en faveur de l?alliance à laquelle appartenait le MMM, il importe de souligner que des faits nouveaux vont ponctuer les présentes législatives. Pour la première fois, depuis l?Indépendance, Sir Anerood Jugnauth ne participera pas à une consultation électorale. C?est aussi une plateforme élargie que propose le PTr qui s?est assuré du soutien de plusieurs groupuscules et individus qui ont un ancrage régional dans certaines circonscriptions.

Au-delà de l?identité de l?alliance qui remportera ces élections 2005, il convient de souligner qu?un rapport de forces aussi tendu peut provoquer des clivages profonds au sein de la population. C?est une raison suffisante pour que les deux blocs jouent continuellement la carte de l?apaisement. Ce qui n?est pas donné en cette période où les susceptibilités sont exacerbées. Pourtant, à l?instar de quelques mouvements associatifs, il serait indiqué que les principaux leaders assument leur responsabilité. S?il est vrai que Paul Bérenger et Navin Ramgoolam jouent gros dans cette élection ? une défaite de l?un ou de l?autre pourrait signifier une éventuelle fin de carrière politique ? cela serait tout à leur honneur de préserver une voie de sortie qui ne soit pas entachée de tares quelconques.

C?est à partir de leur capacité à mener une campagne qui ne divise pas davantage la population, et à celle de contrôler leurs troupes pour éviter des dérives, que se dessinera la silhouette de l?homme d?Etat qui mérite de diriger le pays. Celui qui fera abstraction de ces responsabilités n?aura été qu?un politicien de bas étage qui n?a comme seule obsession que le pouvoir.

Un mois, c?est à la fois long et court pour une campagne électorale. Que nos leaders politiques en fassent un moment intense de débats et d?échange d?idées, ou serait-ce déjà trop leur demander?

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