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Une production record de viande de cerf attendue

1 juin 2005, 00:00

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Le secteur de l?élevage de cerfs se modernise. La saison de chasse, qui démarre aujourd?hui sur fond de nouveaux investissements pour accroître la production, s?étendra jusqu?au 30 septembre. Il est prévu que durant ces quatre mois, 12 000 cerfs seront abattus pour un poids carcasse total de 450 tonnes.

Si ces prévisions s?avèrent exactes, il s?agira d?un nouveau record de production. Déjà, celle de l?année dernière était de 442 tonnes, contre une moyenne de 375 tonnes ces cinq dernières années.

Robert de Maroussem, dont la famille a la passion de la chasse depuis deux générations, affiche la confiance quant aux perspectives de cette nouvelle saison. ?On a eu de bonnes conditions climatiques. On s?attend à un fort taux de naissance. Les animaux sont beaux, leur poids est bon. Toutes les conditions sont effectivement réunies pour une bonne saison de chasse?, dit-il.

Essais de mise en barquettes sous vide

L?élevage de cerfs est en pleine restructuration. Ce secteur se positionne désormais comme une activité économique à part entière, comme le golf et la pêche au gros, lesquels occupent aussi une place importante dans notre industrie touristique. Cette année, la cinquantaine d?élevages extensifs, membres de la Mauritius Meat Producers Association (MMPA), a fait des investissements majeurs dans la construction de ?lieux de partage? : il s?agit de sites, sur les élevages, qui recevront les carcasses des bêtes abattues pendant la chasse. Celles-ci y seront dépecées puis vendues aux bouchers.

Les investissements des divers élevages cette année s?élèvent à environ Rs 20 millions, essentiellement dans la construction de ?mini-abattoirs? qui répondent aux normes sanitaires établies par les services vétérinaires et le ministère de la Santé. La sucrerie Médine a investi Rs 1,7 million dans son lieu de partage. Pour les autres élevages, la moyenne de l?investissement est d?environ Rs 400 000.

?La mise sur pied de ces lieux de partage vient démontrer la volonté des éleveurs de cerfs de se moderniser afin de s?adapter aux exigences du marché. Ceux qui ne vont pas s?adapter vont certainement disparaître?, dit Jean Cyril Monty, secrétaire de la MMPA. Il estime que la restructuration et la modernisation du secteur impliquent, en toute logique, une réorganisation du système de marketing, jusqu?ici contrôlé par les bouchers.

Dès cette année, des essais de transformation de la viande de cerf (mise en barquette sous vide) seront entrepris. Il est prévu qu?une cinquantaine de tonnes de venaison seront transformées et mises en vente, principalement dans les régions rurales où l?on trouve les plus importants consommateurs de cette viande. Cela en attendant la mise en place d?une centrale de marketing et de transformation, projets qui verront vraisemblablement le jour au cours de la saison de chasse 2006.

L?élevage de cerfs occupe une superficie d?environ 25 000 hectares de terres sous forêts, dont 15 000 hectares de terres privées et 10 000 hectares loués de l?Etat. Le cheptel s?élève actuellement à environ 70 000 têtes. Il est prévu que ce nombre passera à 80 000 au cours des quatre prochaines années, et la production à 525 tonnes

Selon Jean Cyril Monty, ce secteur a un potentiel de développement intéressant avec l?intégration d?activités connexes, tels l?agri-tourisme et la sylviculture. Cependant, ?l?augmentation du troupeau de cervidés se fera principalement sur les terres marginales. Il serait prétentieux et irréaliste de croire une seule seconde, et ce pour des raisons évidentes, que l?élevage et la diversification agricole en général puissent occuper les 75 000 hectares consacrés à la canne à sucre?, dit-il.

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