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Harry Ganoo propose un code de conduite pour les ministres
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Harry Ganoo propose un code de conduite pour les ministres
?Si nous voulons maintenir notre fonction publique en tant qu?institution de valeur, de force dans la vie publique, nous devons protéger et préserver son caractère sacro-saint et ses valeurs essentielles.? Ainsi s?exprimait Harry Ganoo, le chef de la fonction publique, au cours de la cérémonie marquant le jubilé d?or de la Public Service Commission (PSC), lundi au Domaine Les Pailles. ?Le succès de la meilleure équipe dépend dans une grande mesure de la loyauté et de la confiance?, a-t-il rappelé.
Se référant au modèle britannique, Harry Ganoo a proposé l?introduction d?un code pour les ministres. Cela les aiderait à mener à bien les affaires de l?Etat et à maintenir les valeurs de conduite, tant constitutionnelles que professionnelles attachées à leurs postes. En outre, il contribuerait mieux à réduire le risque de colorer et politiser la fonction publique.
?A mon avis, l?introduction d?un tel code (...) contribuera à rehausser la confiance du public dans le gouvernement. Qui plus est, ces paramètres coïncideront avec le code sur la bonne gouvernance, dont l?introduction a été accueillie unanimement par nous tous?, a encore dit Harry Ganoo.
Outre l?obligation d?observer les principes de la vie publique, le Code édictera la conduite ministérielle dans une multitude de situations. Il incombera seulement au Premier ministre de juger les membres de son cabinet et de prendre le sanctions qui s?imposent pour non-respect de ces valeurs.
Maintenir la loyauté et la confiance
Il est reconnu que le ministre et le fonctionnaire ont chacun leur rôle dans l?initiation, la formulation et l?exécution des politiques publiques. Celui qui a essayé d?usurper les fonctions de l?autre a immanquablement chuté, a-t-il affirmé. Citant Sir Richard Wilson, ancien secrétaire du cabinet britannique, Harry Ganoo a énuméré les quatre traits de caractère intrinsèques d?un fonctionnaire : l?intégrité, l?impartialité politique, le mérite et l?aptitude à travailler pour des gouvernements successifs.
L?avènement des radios privées, dit-il, a mis les fonctionnaires sous les projecteurs. Chaque fait est analysé. Cependant, les fonctionnaires ne doivent, et ne peuvent, devenir des hommes publics et donner leur avis sur les politiques du gouvernement. Au cas contraire, la loyauté et la confiance seront entamées. La fonction publique est là pour assister le gouvernement démocratiquement élu, travailler sous ses ordres et réaliser son programme présenté à la population.?La fonction publique n?appartient pas à un gouvernement. Il en a été ainsi au cours de ces 37 ans d?indépendance. Il n?y a aucun signe que cela va changer. Mais si tel était le cas, il y aurait un changement dans l?équilibre interne de tout le système.?
Entre la gestion administrative et politique, Harry Ganoo a évoqué l?existence d?une zone d?ombre. C?est dans cette zone que se rencontrent les deux tendances, alors confrontées l?une à l?autre. ?Cette zone peut être sujette à beaucoup ou peu d?activités, mais elle dispose du potentiel de colorer le ton d?un ministère et de la fonction publique.?
Solliciter les conseils de professionnels
Abordant le chapitre des conseillers, le chef de la fonction publique a fait ressortir que les politiques ont davantage recours à leurs services. Et il n?y a aucun doute que cette pratique est là pour durer. ?J?estime qu?il n?y a là aucun mal. Les fonctionnaires ne peuvent revendiquer le monopole de conseiller les ministres. Le gouvernement devrait être en mesure de solliciter d?autres professionnels pour des conseils?, indique Harry Ganoo.
Un code de conduite pour ce groupe est essentiel : il déterminerait leur rôle, leur statut, leur fonctionnement, leurs liens avec le régime au pouvoir, leurs interactions avec la presse et leur engagement dans la politique. Ce code définirait ce que ces conseillers ne devraient pas faire : récompenses pour les fonctionnaires, allocations de contrats, voire autoriser des paiements des fonds de l?Etat. Car seul le fonctionnaire est habilité à signer des chèques. Et non pas le ministre, ni les conseillers. Eux, ils partent et ils reviennent?
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