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Nouvelle crise Dayal/Goburdhun

31 mai 2005, 00:00

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Le conflit opposant deux fonctionnaires municipaux de Vacoas-Phoenix, M. N. Dayal et Mlle Goburdhun, secoue de nouveau le gouvernement. L’affaire paraît assez sérieuse pour occasionner la démission de trois ministres, à savoir Kailash Purryag (Sécurité sociale), Oomarjee Saccaram (Emploi) et Iswardeo Seetaram (Pêche). Deux ministres menacent de faire de même si le Premier ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam, persiste à vouloir ménager la chèvre et le chou. Ce conflit provoque aussi la colère de 17 commissaires administratifs de cette ville. Ils remettent leur démission au ministre des Administrations régionales, M. Kamil Ramolly. Ce dernier se montre intransigeant. Il refuse d’entériner la nomination de M. Dayal comme Personnel Manager de cette municipalité, arguant que Mlle Goburdhun est mieux qualifiée pour remplir ce poste. Il est soutenu par deux députés du CAM, ayant déjà fait parler d’eux, dans des conditions identiques, dans l’affaire Diljore-Stanley. L’intransigeance ministérielle bute contre une majorité de commissaires administratifs s’étant prononcés en faveur de M. Dayal.

Les observateurs font toutefois ressortir que la remise des lettres de démission à un Premier ministre ou à un ministre ne signifie pas grand-chose car ces derniers peuvent toujours soit les ignorer, soit les retourner à leurs signataires. Ils citent à cet égard le cas d’Harold Walter souvent démissionnaire et toujours ministre. La situation paraît toutefois délicate pour le gouvernement, à la veille de la présentation du budget 1980-81, surtout si l’on tient compte des difficultés ayant surgi lors de la présentation par Ringadoo de ses différents budgets 1979-80. Les ministres démissionnaires insistent pour que la nomination de M. Dayal soit entérinée avant le 1er juillet 1980, date de l’entrée en vigueur de la loi régissant la Local Government Service Commission (LGSC).

A la même époque, une délégation de forces vives remet au gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay, un mémoire faisant la synthèse de leurs revendications. Ils demandent plus particulièrement que soient corrigés au plus vite les abus de pouvoir les plus criards. Il est intitulé « Pour une nouvelle île Maurice ». Le mémoire est remis au gouverneur général par l’abbé Henri Souchon. Les autres membres de la délégation sont Kenneth Noyau de l’Action civique, Jean-Claude de l’Estrac du MMM, M. Naïk du syndicat de la DWC. La mémoire porte la signature de quatre partis (PSM, MMM, UDM et Parti du Centre), de sept fédérations syndicales (FSSC, FSCC, GWF, FTU, Syndicats populaires, GTU, GSA) et de sept mouvements sociaux (MTPA, ACIM, AJIM, Action Civique, Comité Inter religieux pour la Moralité, Retired Servants Association, MLF). Les signataires osent cette fois aborder des questions politiques. Il y est dit que le Parlement est bafoué fréquemment par l’exécutif et que le droit de grève est souvent nié dans la pratique.

La crise secouant l’île Maurice suscite un sursaut national. Le mémoire s’élève au-dessus de toute considération partisane et représente un consensus général. Il condamne tout ce qui peut menacer nos institutions garantissant le bon fonctionnement de la démocratie. Pas question d’idéaliser qui que ce soit ou quoi que ce soit mais de préserver tout ce qui concourt à la bonne santé de la démocratie mauricienne.

Le Public Accounts Committee ne reçoit pas toujours le respect et la soumission auxquels il a droit, de par ses statuts, par des fonctionnaires rétifs à son autorité et à ses pouvoirs car se sachant protégés par des politiciens au pouvoir. Il paraît inconcevable que deux politiciens déjà blâmés pour corruption puisse en faire partie. Ces forces vives déplorent que le directeur de l’Audit soit traité aussi cavalièrement par le gouvernement. La Public Service Commission se dégrade continuellement. L’épisode Stanley-Diljore illustre bien le degré d’ingérence politique dans ses décisions. Le gouvernement exécutif ne tient pas toujours compte de la volonté du Parlement.

Ainsi, le rétablissement des élections partielles, voté le 12 décembre 1978, n’est toujours pas en vigueur. La population ne sait rien du coût de l’achat du riz et de la farine. Le gouvernement refuse de fournir la moindre précision à ce sujet au nom de… l’intérêt public. Des règlements désuets empêchent le Parlement de débattre des questions intéressant le plus la population. La population urbaine est privée de son droit de vote et de choisir les conseillers municipaux qu’elle désire. L’IRA et le POA rendent caduc le droit de grève. Et ainsi de suite.

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