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Système multilatéral : gare aux abus des pays riches
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Système multilatéral : gare aux abus des pays riches
L?avenir du système multilatéral a fait l?objet d?une conférence vendredi à l?IVTB house, à Phoenix. Le haut-commissaire de l?Afrique du Sud à Maurice, Ajay Bramdeo, y était le guest speaker. Le thème de la conférence organisée par le Rotary Club de Phoenix, à l?occasion du centenaire de la Rotary, était ?Multilateralism : the way forward?.
Ajay Bramdeo a parlé des défis auxquels sont confrontées les institutions multilatérales dont l?organisation des Nations unies (Onu) et l?Organisation mondiale du commerce (OMC). Le diplomate a fait un plaidoyer en faveur d?un multilatéralisme basé sur les règles. Le cas échéant, a-t-il dit, l?avenir du système multilatéral sera sérieusement affecté. ?Il faut des règles claires car la confusion règne dans plusieurs domaines de la politique internationale. Cette dernière ayant introduit des sémantiques dangereuses fait qu?on ne perçoit pas les enjeux et les problèmes de la même façon.?
Ajay Bramdeo cite l?exemple du terrorisme. ?Des groupes terroristes sont parfois considérés comme des mouvements de libération. Leurs définitions dépendent de la position des uns et des autres. Comment faire la distinction ?? Dans ce contexte, il suggère que l?Onu fasse une introspection sérieuse de son rôle et de sa responsabilité par rapport au respect des règles internationales. ?La guerre en Irak a marqué un tournant critique dans l?évolution du système multilatéral.?
Le diplomate déplore la décision des Etats-Unis et de ses alliés d?avoir livré cette guerre malgré l?opposition au sein du Conseil de sécurité de l?Onu. Il met en garde contre un système multilatéral qui favoriserait les puissants au détriment des pays pauvres et en développement.
Il condamne aussi le ?double langage? des nations riches concernant leurs engagements vis-à-vis des pays du Sud. Il rappelle les objectifs du Millennium developement goal et le rôle que les pays industrialisés sont appelés à jouer dans la réalisation de ce programme. Il s?insurge contre l?attitude de certains pays riches qui font, mais en vain, des promesses d?aide en faveur des pays pauvres.
Ajay Bramdeo situe l?importance du cycle de développement dans ce contexte. ?Les pays pauvres et ceux en voie de développement ont su faire entendre leurs voix à Cancun. Aujourd?hui, il y a une meilleure participation des pays du Sud dans le processus de dialogue à l?OMC.?
Très critique sur le rôle de l?Onu dans le maintien de la stabilité politique et sociale sur le Continent africain, il ajoute que ?l?Onu a été lente à réagir au conflit en Afrique?. Il déplore que l?institution internationale ne déploie pas les ressources nécessaires lors des crises sur le Continent noir alors qu?elle est prompte à intervenir dans d?autres région du monde, notamment en Europe de l?Est.
Le diplomate salue toutefois la ferme volonté de l?Afrique à se prendre en charge. Il estime que l?avènement du New economic partnership for Africa?s development est un pas décisif dans cette direction et que l?Afrique pourra ainsi trouver ses propres solutions à ses problèmes au lieu de dépendre uniquement de celles imposées par les pays industrialisés.
Le représentant de l?Afrique du Sud évoque aussi la position de son pays au sein des blocs régionaux. Pour lui, plusieurs pays dont Maurice redoutent une invasion commerciale de ce géant industriel dans leurs marchés domestiques respectifs dans le sillage de la libéralisation des échanges au niveau de la région.
Il rejette l?argument selon lequel l?Afrique du Sud voudrait accaparer les marchés et déstabiliser les pays de la région. Il plaide pour un processus d?ouverture à géométrie variable. ?Dans une forêt, les petits arbres ne doivent pas craindre la présence des grands. Ils peuvent tous se nourrir et grandir ensemble.?
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