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La France rejette la Constitution de l?UE

30 mai 2005, 00:00

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Le ?non? l?a emporté par 55 % des voix lors du référendum organisé en France hier. Le ?oui? recueillerait 45 % des voix. Les Français étaient consultés sur le traité constitutionnel européen.

Ils désavouent par leur vote le président Jacques Chirac, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et les dirigeants des grands partis, dont le socialiste François Hollande. Jacques Chirac a déclaré hier soir que la décision du peuple français ?est souveraine et j?en prends acte?.

Ce nouveau séisme politique, après l?élimination le 21 avril 2002 de Lionel Jospin au profit de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de l?élection présidentielle, va vraisemblablement faire une première victime en la personne du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. La défaite du ?oui? est un coup dur pour le président Jacques Chirac, avocat du traité constitutionnel européen

Trois noms circulent pour la succession de Jean-Pierre Raffarin à Matignon : le favori est le ministre chiraquien de l?Intérieur, Dominique de Villepin, devant sa collègue de la Défense, Michèle Alliot-Marie. Le président de l?UMP, Nicolas Sarkozy, qui ne cache pas son ambition de succéder à Jacques Chirac à l?Elysée dans moins de deux ans, est lui aussi pressenti.

Le ?non? est aussi un échec majeur pour le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, qui espérait conforter son autorité sur la gauche à l?approche des échéances présidentielle et législatives de 2007. En revanche, son principal adversaire, le numéro deux du parti, Laurent Fabius, sortirait vainqueur. Il a défendu le ?non?. La victoire du ?non? permettrait aussi à l?extrême-droite et à l?extrême-gauche, qui ont milité pour le rejet de la Constitution européenne, de se renforcer.

Michel Barnier, ministre UMP des Affaires étrangères, a estimé hier que la victoire annoncée du ?non? au référendum sur la Constitution européenne était ?une épreuve et une vraie déception?. ?Ça va être plus dur pour notre pays de défendre ses intérêts et donc il faut se rassembler.?

Jacques Chirac a pris acte de la ?décision souveraine? du peuple français et a confirmé qu?une ?impulsion? gouvernementale ?nouvelle et forte? serait donnée ?dans les tout prochains jours?.

?Vous avez exprimé vos inquiétudes et vos attentes. J?entends y répondre en donnant une impulsion nouvelle et forte à l?action gouvernementale. Je vous ferai part dans les tout prochains jours de mes décisions concernant le gouvernement et les priorités de son action?, a déclaré le chef de l?Etat français.

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