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Le mandat de Bush amorce un déclin des néoconservateurs
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Le mandat de Bush amorce un déclin des néoconservateurs
Les ?faucons? seraient-ils sur le déclin ? Paul Wolfowitz, l?idéologue, Douglas Feith, le ?cerveau? de la guerre en Irak ont laissé la place, mais aussi d?autres figures moins connues comme Ian Brzezinski, fils de l?ancien conseiller de Carter, l?un des ?civils du Pentagone? qui ne seront pas regrettés par leurs interlocuteurs transatlantiques. Quant à John Bolton, ?l?anti-multilatéral?, la confirmation de sa candidature très controversée au poste d?ambassadeur des Etats-Unis à l?ONU est l?objet d?une longue bataille au Sénat.
L?atmosphère est plus ?traditionnelle?, dit une ancienne diplomate, Avis Bohlen. ?La réalité a obligé le président, sans changer de position, à faire de la diplomatie.? Au Congrès, les républicains modérés se seraient ?réveillés? . ?Ils en ont assez d?entendre dire que tout va mieux en Irak mais qu?il faut voter 3 milliards de plus?, affirme un autre observateur. Le secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, n?écrit plus de mémos sur l?expérience ?transformationnelle? qui attend l?armée du XXIe siècle. Ou il ne les laisse plus filtrer. ?Il y a moins d?appétit pour les aventures, résume le directeur de l?équipe démocrate de la commission des affaires étrangères du Sénat, Anthony Blinken. L?administration est à nouveau bien plus préoccupée par les grandes puissances, comme la Chine ou la Russie. Il y a un retour à l?avant 11-Septembre.?
Le pouvoir, ou ?l?énergie?, comme disent les Américains, se trouve désormais au département d?Etat. A sa tête, Condoleezza Rice a constitué une équipe qui parle d?une seule voix, généralement la sienne. La presse se plaint déjà du ?verrouillage? de l?information mais les diplomates ne sont pas mécontents de ne plus être suspendus au résultat des affrontements qui se faisaient jour lors du premier mandat. Ni le numéro deux actuel, Robert Zoellick ? l?un des signataires du manifeste fondateur des néoconservateurs de janvier 1998 sur l?Irak ? ni ses collègues ne sont des ?acharnés du multilatéralisme?, comme le dit un familier du département d?Etat, mais les formes y sont. ?On sent une volonté de ne pas casser la vaisselle à chaque fois.?
Condoleezza Rice ne ménage pas sa peine pour éviter l?étalage des désaccords. La semaine dernière encore, en Amérique latine, elle n?a pas réussi à organiser la coalition ?anti-Chavez? dont rêve l?administration pour brider l?impulsivité du président vénézuélien. Elle n?a même pas pu imposer de candidat de son choix à la tête de l?Organisation des Etats américains (OEA). Il n?en est rien paru. Large sourire, soutien tardif au candidat préféré par les Latinos, le chilien José Miguel Insulza, ?Condi avale des couleuvres avec un certain talent?, admire un diplomate.
Même compromis sur le Darfour. Les Européens voulaient renvoyer les criminels soudanais devant la Cour pénale internationale (CPI). Les Américains ne voulaient pas légitimer cette tête de pont de la justice internationale. La négociation a duré des semaines. La CPI a finalement été saisie du Darfour. ?C?est l?exemple type d?un compromis qui ne plaisait pas aux durs et qu?elle a imposé?, dit un familier du dossier. Elle a osé ?rompre? avec ?la politique sans compromis décidée par Bolton?, ajoute l?éditorialiste Jackson Diehl dans le Washington Post du 9 mai.
Une approche pragmatique, félicite-t-il, mais qui signifie ?une diminution de la prééminence américaine? et ?des compromis occasionnels sur les priorités des conservateurs, comme Cuba ou la CPI?.
Sur l?Iran et sur l?Europe, les néoconservateurs ont aussi essuyé des revers. La grande stratégie de contournement de l?Union européenne par l?Organisation du traité de l?Atlantique Nord (OTAN) est moins en vogue. Washington a choisi aussi de soutenir la négociation des Européens sur l?Iran. Ces décisions sont portées au compte personnel du président Bush. ?Il a grandi dans le poste, constate le démocrate Anthony Blinken. Il est beaucoup plus à l?aise sur ses dossiers.?
Le test iranien
Les ?colombes? n?ont pas pour autant pris le pouvoir à Washington. ?Les néocons sont au point mort mais il n?y a pas eu de marche arrière?, résume Blinken. Plusieurs d?entre eux occupent toujours des postes-clés, comme le conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley, mais qui n?est pas jugé très influent, ou l?ancien ambassadeur en Turquie, Eric Edelman ? proche du vice-président, Dick Cheney ?, qui a remplacé Douglas Feith au Pentagone.
L?inamovible Eliott Abrams mis en cause il y a vingt ans dans l?affaire de l??Irangate?, ces ventes d?armes secrètes à l?Iran destinées à financer les combattants antisandinistes au Nicaragua, est chargé aujourd?hui de faciliter la démocratisation du Moyen-Orient, au Conseil de sécurité nationale. Si Rumsfeld est ?en sourdine?, Dick Cheney reste, lui, ?hyper-puissant?, disent les diplomates.
Paradoxalement, les ?néocons? apparaissent en repli à un moment où leurs idées se sont répandues, de l?Ukraine au Liban. ?Leurs théories ont déteint jusqu?au Parti démocrate?, note même un observateur. Ils ne veulent pas croire à un retour à l?avant-11-Septembre, à une normalisation. ?Nous sommes de retour au 10 septembre, à attendre que nos ennemis nous réveillent de notre torpeur satisfaite?, écrit, début mai dans une tribune, Michael Ledeen, le chef de file des ?durs? sur l?Iran.
Les ?néoconservateurs? semblent ronger leur frein, à l?image de Bill Kristol, un de leurs chefs de file, qui trouve que George Bush perd son temps avec la réforme des retraites alors que la mission est loin d?être accomplie. ?Le président a encore beaucoup à faire en trois ans et demi pour le Moyen-Orient et le monde en général?, écrit-il dans le Weekly Standard.L?heure de vérité est attendue sur le dossier iranien. Dans l?autre camp, on fait le même constat. ?Une crise se prépare sur l?Iran, dit un néoconservateur. Il va falloir que les Européens sachent s?ils veulent blâmer les Iraniens ou s?ils préfèrent nous blâmer nous, les Américains.? Les néoconservateurs en sont convaincus : sur ce dossier, Condoleezza Rice est de leur côté.
Corine LESNES © 2005 Le Monde News Service Distribué par The New York Times Syndicate
INTRUSION MYSTÉRIEUSE DANS L?ESPACE AÉRIEN DE WASHINGTON
Bush n?a été informé de la situation qu?après l?incident
■ Le président George Bush, qui effectuait mercredi à la mi-journée une excursion à vélo dans une réserve du Maryland, n?a été informé d?une intrusion mystérieuse dans l?espace aérien de Washington que près d?une heure après le déclenchement de l?alerte. Lorsque Bush a appris l?incident, qui semble n?être qu?accidentel, l?alerte était levée depuis un bon moment déjà. Elle a entraîné entre-temps l?évacuation de la Maison blanche et du Capitole. Selon la Maison blanche, le ?Secret Service? n?a pas informé aussitôt le président car il n?était pas en danger, se trouvant à l?écart.
Les hommes du Secret Service attachés à la présidence ont été avertis vers 11h59 locales de l?intrusion d?un petit avion de tourisme dans le ciel de Washington, dans une zone soumise à des restrictions. Des avions F-16 ont aussitôt décollé pour intercepter le petit Cessna et l?alerte a été levée à 12h14. Bush a été informé de la situation vers 12h50, à la fin de sa promenade à vélo. Il a quitté la réserve naturelle sept minutes plus tard et était de retour à la Maison blanche à 13h30. Bush avait quitté la Maison blanche à 11h03 et était arrivé à la réserve de Patuxent à 11h34.
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