Publicité

Six palangriers interdits d?accès à Port-Louis

25 avril 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Renforcement du contrôle de la pêche illégale de thon dans le sud-ouest de l?océan Indien. Afin de protéger les ressources halieutiques de la région, l?Union européenne (UE) financera un projet de la Commission de l?océan Indien (COI) à hauteur de Rs 120 millions. Cette aide s?ajoute à celle de Rs 40 millions de la France à la Réunion avec le même objectif.

Coopération accélérée entre les agences qui luttent contre le pillage des ressources marines. Depuis peu, Port-Louis est en présence d?une liste de six palangriers soupçonnés d?opérer illégalement dans les eaux territoriales dans un certain nombre de pays de la région.

Collaboration régionale

Les facilités des services portuaires leur sont désormais interdites. Ils sont le Hammer (ex-Carran), le Ross (ex-Alos, ex- Lena), le Condor (ex-Inca, ex-Viking, ex-Cisne Azul), le Kang Yuan (ex-Champion n° 1) le Jian Yuan (ex- Boston n° 1) et le Koko (ex-Austin n° 1). ?Il est difficile de savoir si ces bateaux sont venus à Port-Louis pour les besoins de ravitaillement ou de transbordement de poisson, explique-t-on dans les milieux portuaires. Ce qui est certain, c?est qu?on ne les a plus vus depuis que nous avons pris connaissance de cette liste.?

Le projet pilote régional de Suivi, contrôle et surveillance (SCS) des grands pélagiques migrateurs vise à définir et à tester les conditions de mise en place d?une collaboration régionale dans le domaine du SCS des pêches. Cela dans le but d?une gestion durable de la ressource.

A la suite d?un exercice d?appel d?offres, la société britannique Marine Resources Assessment (MRA) a obtenu le contrat pour ce projet. C?est dans ce contexte que David Ardill, coordonnateur régional, et Neil Ansell, conseiller technique, ont été dépêchés à Maurice. Ils ont pour tâche de créer un cadre harmonisé administratif et réglementaire des SCS des pêches. David Ardill a été Divisional Fisheries Officer au ministère de la Pêche au début des années 80 avant d?aller travailler à l?étranger pour d?autres organismes liés à la pêche.

Les deux experts de la MRA aideront à l?institution d?un mécanisme pouvant permettre à la douane, la National Coast Guard et le ministère de la Pêche d?approfondir leur coopération dans la lutte contre la pêche illégale.

Ce mécanisme devrait faciliter l?accès et la transmission des informations entre les états membres de la COI. La capacité de suivi des navires palangriers et senneurs sera renforcée.

Ces informations sont jugées indispensables aux travaux de suivi qui seront effectués par la Commission des thons de l?océan Indien. Elles seront transmises de manière plus organisée qu?actuellement. Regroupant d?autres états de l?océan Indien, y compris ceux de la région du Sud-Est asiatique, cette commission a déjà établi une liste de bateaux de pêche autorisés à y opérer.

Un récent rapport de cette commission indique qu?il y a quelque dix senneurs et 50 palangriers qui opèrent illégalement dans tout l?océan Indien. Qualifiés d??illegal, unreported, unrecorded vessels?, ils pêchent quelque 140 000 tonnes de poisson, soit 10 % des ressources de l?océan Indien. ?Nous aiderons à la mise en place d?un système de transmission des données qui puisse aider ces pays à gérer ces ressources halieutiques de façon rentable à long terme?, explique David Ardill. ?Si la législation et si le transfert d?information sont bien adaptés et s?il y a un système efficace de surveillance et d?inspection au niveau de tous les ports de la région, on devrait pouvoir, et pour pas cher, gérer la pêche illégale.?

Contrôle renforcé

Ces actions de la COI viennent s?ajouter aux mesures déjà prises par le gouvernement au niveau des différents départements pour empêcher les exportations illégales de thon. Ces mesures concernent principalement les certificats EUR 1 qui permettent l?accès duty free du thon et d?autres produits au marché européen.

Le contrôle des autorités mauriciennes sur l?octroi des certificats EUR 1 a été renforcé après l?utilisation de faux certificats par la compagnie Fish Processors Ltd pour l?exportation de thon vers la France et l?Italie. A ce stade, plus de 53 exportations illégales ont été enregistrées vers l?Europe.

Le gouvernement sera sans pitié envers les responsables de ces exportations illégales. La loi prévoit désormais une amende de Rs 200 000 et un emprisonnement de cinq ans pour les coupables. D?autant plus que Maurice aspire à devenir un seafood hub régional.

Publicité