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Pénurie de légumes en vue
En attendant, ils n?ont d?autre choix que de se rabattre sur des légumes mal-en-point mais qui coûtent assez cher en raison d?une baisse drastique de l?offre. Dans quelques semaines, certains légumes disparaîtront graduellement des étals. Soixante pourcent de la culture vivrière a été détruite par les pluies torrentielles et les vents cycloniques de Hennie.
Les étals des maraîchers avaient triste mine, hier, au Marché central. Les légumes verts ont presque disparu. Il faudra une vingtaine de jours avant que ne réapparaissent brèdes et bottes de cresson. Carottes et choux se feront de plus en plus rares durant les jours à venir. Les maigres stocks se vendent à prix d?or, soit Rs 40 le kilo de carottes et Rs 40 le chou. Haricots, pâtissons et choux-fleurs sont introuvables. En revanche, les plantes potagères filantes, plus tenaces de nature, ont mieux résisté aux intempéries. Aubergines et lalos affichent une forme insolente comparés à leurs comparses.
La pomme-d?amour retrouvera sa couleur d?antan en juin. Quant aux fines herbes, les maigres bottes se vendaient hier à Rs 10. « Les planteurs ont déjà mis la main à la pâte pour permettre aux consommateurs de retrouver leurs légumes », souligne Deenarain Lokee, le président de la Mauritius Vegetable Planters Association (MVPA).
En attendant le gouvernement a pris des mesures pour aider la population à franchir ce cap difficile. Des directives ont déjà été données aux importateurs de circuits hôteliers ainsi qu?à des petits planteurs pour l?importation de 300 tonnes de carottes et de chou de l?Afrique du sud et de l?Australie pendant la pénurie. Ils seront offerts à Rs 30 le kilo en attendant que la situation retourne à la normale.
Lors d?une réunion regroupant les responsables de l?Agricultural Research and Extension Unit, le Mauritius Sugar Industry Research Institute, vendredi, le ministre de l?Agriculture a assuré que des encouragements techniques et financiers seront accordés aux petits planteurs pour relancer la culture vivrière. L?Agricultural Marketing Board (AMB) dispose d?un stock de 50 000 boîtes de pommes-d?amour pelées. Elle en importera 100 000 supplémentaires.
Du côté de la MVPA, on accueille mal l?idée de l?Agriculture d?accorder une autorisation aux firmes privées pour l?importation des légumes. « Cette tâche devrait incomber au Small Planters Welfare Fund et l?AMB. Elle aurait permis de vendre à meilleur marché et le profit aurait pu être reversé à un fonds qui bénéficierait aux planteurs par temps difficiles », affirme Deenarain Lockee. La communauté des petits planteurs se dit « trop endettée » pour pouvoir bénéficier du plan de relance de la Banque de développement.
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