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Des mesures pour protéger le réseau informatique de l?État

26 mars 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?acte de sabotage à l?origine de la panne du réseau de Mauritius Telecom (MT) dimanche et lundi derniers fait réagir au plus haut niveau de l?Etat. L?impensable s?étant produit au niveau d?un opérateur privé, le gouvernement estime que son réseau à lui doit être davantage protégé.

La question a été longuement discutée à la séance hebdomadaire du Conseil des ministres, hier. Dans l?immédiat, il a été décidé que la gestion et la maintenance du Data Base Management System (DBMS) ne sera plus limitée à un seul opérateur. Ce système gère l?ensemble des réseaux informatiques liés de près ou de loin aux services gouvernementaux. Un break-down de celui-ci s?avérerait par conséquent une catastrophe pour le pays.

Jusqu?ici, le système d?exploitation, véritable moteur du DBMS, provenait de la multinationale américaine Oracle. Ceci pour la simple raison que State Informatics Ltd (SIL), compagnie parapublique, avait des intérêts auprès d?Oracle. « Si demain Oracle a un problème quelconque avec le gouvernement, elle pourrait bloquer les mots de passe donnant accès au système et ainsi le paralyser », affirme une source avertie.

Pour éviter cela, il y aura désormais des appels d?offres ouverts à toutes les compagnies sauf Oracle pour la mise en place de nouveaux réseaux ou systèmes. La décision de casser le monopole de la maintenance du DBMS, qui était entre les mains de SIL jusqu?ici, a également été prise. Le but est de ne pas laisser le réseau gouvernemental entre les mains d?une minorité d?opérateurs.

Alors que le cabinet discutait des mesures pour augmenter la sécurité du réseau gouvernemental, le présumé cybercriminel Vishaal Ramessur était traduit en cour. Le présumé auteur du crash du réseau ATM (Asynchronous Transfer Mode) qui a pénalisé 70 % des usagers de l?Internet haut débit (ADSL) et les compagnies utilisant des lignes dédiées, a comparu en cour de Port-Louis sous une charge de « denying access to a computer system » selon le Computer Misuse & Cybercrime Act de 2002.

La police n?y ayant pas objecté, Vishaal Ramessur a été libéré après avoir payé une caution de Rs 25 000 et signé une reconnaissance de dettes de Rs 100 000. Le Central CID lui reproche d?avoir commis un acte criminel causant « indirectement l?impossibilité d?accéder à un réseau informatique sans autorisation légale ».

L?ex-senior network technician a quitté MT le 14 mars dernier pour prendre de l?emploi chez un concurrent le lendemain. Cet élément n?a fait que renforcer les soupçons sur lui. Le C CID compte par ailleurs interroger d?autres personnes car ils ne sont pas convaincus que le suspect aurait agi seul. Quoiqu?il en soit, les deux processeurs et les disques durs de la plate-forme ATM de l?échange de Port-Louis ainsi que le Network Management System ont été endommagés vers 16 heures dimanche. Une enquête de MT et de l?Information & Communication Technologies Authority (Icta) aurait permis de remonter assez rapidement vers l?inculpé.

DEUX REPROCHES À MAURITIUS TELECOM

Ce dernier a alors été arrêté par l?IT Unit du C CID mardi. Son ordinateur portable aurait confirmé qu?il s?est bel et bien branché sur l?ATM de l?échange de Port-Louis à deux reprises. Le crash se serait produit juste après qu?il se soit déconnecté, à 16 h 23 dimanche dernier. Dans sa déposition à la police et en cour, il nie toutes les charges. Accompagné de son avocat, Me Joy Beeharry, il aurait affirmé être la victime d?un complot et d?une vengeance.

Le sabotage a également été au menu de l?Assemblée nationale où le ministre des Technologies de l?information et des Télécommunications, Pradeep Jeeha, a expliqué les causes, les implications et les conséquences de cet acte. Reste que MT n?est pas totalement innocente dans cette affaire de panne. Le gouvernement et l?Icta estiment qu?elle a pêché par inadvertance à au moins deux reprises. Premièrement, il est reproché à MT de n?avoir pas changé le mot de passe pour l?accès à son système quand Vishaal Ramessur a démissionné. Au moment de son départ, seuls quatre autres techniciens avaient le mot de passe et le code pour accéder aux logiciels.

Deuxièmement, un reproche est fait au département des ressources humaines de la compagnie par rapport au laisser-aller autour de la démission du suspect. Il ressort en effet que ce dernier aurait négocié avec MT au nom du fournisseur d?accès Internet, Network Plus, alors qu?il était encore employé de MT. C?est un autre incident quelques jours plus tard qui a finalement mené à sa démission.

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