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Les légumes prennent congé des étals
Impitoyable Hennie ! Les pluies et vents du cyclone sont venus envenimer une situation très précaire dans les champs. En attendant la relance de la culture vivrière, le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, a pris les dispositions pour contenir la pénurie qui s?étalera d?avril à juin.
Le directeur de l?Agricultural Research & Extension Unit (Areu), Sandrasagarren Naidu, a fait un constat «sévère» de la situation prévalant dans les champs. Avant le cyclone, les terres étaient déjà excessivement humides. Le passage de Hennie a aggravé leur état, endommageant davantage les plantations, anciennes et nouvelles, retardant du coup la prochaine récolte.
Avec les récentes intempéries, les pertes à la production, selon l?Areu, s?élèvent à 60 %, soit quelque 5 000 tonnes. Les légumes les plus touchés sont le cresson (100 %), le haricot (90 %), la carotte (80 %), la pomme d?amour (75 %) et les brèdes (30%).
A l?issue d?une réunion avec les partenaires de l?agriculture, hier, le ministre Nando Bodha a rassuré. Hormis les permis d?importation aux fournisseurs d?hôtels et petits planteurs, l?Agricultural Marketing Board interviendra pour régulariser les prix. L?AMB importera 300 tonnes de carottes et de choux. Il mettra sur le marché quelque 100 000 boîtes de tomates pelées. «Le but est d?alléger les souffrances du consommateur», a indiqué le ministre de l?Agriculture.
PLAN D?URGENCE
Le directeur général de l?AMB, Nagen Muneesamy, a affirmé que les premières cargaisons arriveront à Maurice dès mardi : «Nous importons de l?Afrique du Sud et de l?Australie, voire l?Inde. Indépendamment du coût de l?importation, par avion, nous écoulerons ces légumes au prix coûtant. Nous allons récupérer quand les cargaisons seront acheminées par bateau.»
Il faudra attendre en moyenne deux mois pour que les premières récoltes post-Hennie soient disponibles sur le marché. Pour relancer la culture vivrière, a précisé Nando Bodha, la Banque de développement proposera des prêts à un taux bonifié alors que l?Areu assistera les planteurs dans les champs. Quant à l?AMB, elle fournira des semences.
Un directeur de l?Organisation pour l?alimentation et l?agriculture étant à Maurice, le ministère en a profité pour solliciter un soutien financier en faveur de ces petits planteurs à travers un plan d?urgence.
Tout comme pour la canne, le mois de mars est généralement faible en production. C?est à cette période que les planteurs sèment pour les récoltes hivernales. Une longue période de soleil sera nécessaire pour la relance.
Entre-temps, à la vente à l?encan des légumes, à Port-Louis, les prix ont déjà grimpé. Les légumes en vente cette semaine, explique un planteur, sont ceux qui restent dans les champs.
Maraîcher depuis 20 ans, Rajcoomaree Doobraz se plaint que l?approvisionnement pour ses clients n?est guère facile, au vu des prix. «Pourquoi n?avons-nous pas une allocation de dédommagement comme les pêcheurs ?» clame-t-elle.
Aux larmes de désespoir des planteurs s?opposent le sourire des propriétaires des fermes l?hydroponiques. Contre vents et pluies, la production continue.`
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