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Glissement de terrainun quartier à reconstruire

26 mars 2005, 00:00

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Les habitants de Vallée-des-Prêtres sont dans de beaux draps. Ils se sont réveillés lundi matin pour constater que leurs maisons avaient littéralement bougé. Les grosses pluies des dernières semaines ont causé un glissement de terrain qui a eu des effets néfastes sur une cinquantaine de domiciles de ce quartier, ainsi que sur son infrastructure routière. La Chitrakoot Government School est fermée depuis lundi.

Des ingénieurs de la municipalité de Port-Louis et du ministère de l?Environnement sont descendus sur les lieux. Toutefois, les habitants se plaignent de la lenteur avec laquelle procèdent les autorités. La vie à la Vallée-des-Prêtres ne retournera pas de sitôt à la normale. Le problème est d?autant plus compliqué que les résidents sont heureux là où ils vivent et n?envisagent pas de bouger.

Sooneiny Beeharry, 73 ans, habite le quartier depuis 52 ans. Elle n?en est pas à son premier glissement de terrain. Ce qui ne l?empêche pas d?avoir peur du phénomène. Ses traits se figent quand elle parle des craquements qu?elle a entendus aux petites heures du matin, samedi.

La maison qu?elle occupe avec son fils, sa belle-fille et leurs deux enfants a été presque sectionnée en deux par le dernier glissement. Tout ce petit monde a dû emménager chez le fils aîné de Sooneiny, qui vit un peu plus loin. Mais comme le fait remarquer cette veuve, «komien letan eski li pou less nou ress kot li ?».

Le voisin de Sooneiny, Kumar Sookrah, se trouve lui aussi dans une situation précaire. Sa maison s?est presque détachée de sa base. «Bizin refer lakaz la. Pli gro problem se ki dilo desan depi la montagne. Zot inn fer bann ti drin, me li pa ase. Fode konstrir enn gro drin», suggère cet opérateur de 30 ans avant de déplorer que «bann otorite pa fer narien, nek vini ek gete».

Après le glissement vient la reconstruction. Mais, dans certains cas, il faudra raser les maisons avant de pouvoir les rebâtir. «Nou na pa pou kapav repar lakaz. Bizin kraz li ek apre refer», explique Ragini Hookoom en montrant le sol déchiqueté de son salon. Ses enfants ont été envoyés chez sa belle-s?ur. Malgré le bouleversement que l?incident a occasionné sur la vie de sa famille, Ragini affirme que «li mari bon pou ress par isi».

Une des images les plus marquantes du glissement est celle d?une maison chancelante appuyée contre la branche d?une arbre. La branche est prête à céder sous la pression. «Les ingénieurs viennent tous les jours. Ils regardent et puis ils partent. Les gens en ont ras-le-bol», lance le fils du propriétaire, Satish Luchoomun.

Si les habitants fustigent le manque de réaction des autorités, ces dernières affirment qu?elles font le maximum. Les ingénieurs de la municipalité et du ministère de l?Environnement, entre autres, se sont réunis hier à la Chitrakoot Government School pour discuter du problème. «On est à pied d??uvre», affirme le ministre de l?Environnement, Rajesh Bhagwan. Il a dépêché Gibbs, les consultants de son ministère, sur les lieux pour faire «une étude complète» des «problèmes graves» des familles de Vallée-des-Prêtres. Il a également informé le gouvernement de la situation lors du Conseil des ministres hier.

Les habitants, eux, attendent que les observations des autorités se transforment en actions. Cette tâche sera pour le moins difficile, comme l?a fait remarquer un technicien de la Central Water Authority, chargé de faire évacuer l?eau. «Ki pou kapav fer avek sa bann lakaz la ?»

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