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Panne Internet : Les dessous d?un sabotage

25 mars 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Comment mettre hors circuit un réseau Internet pendant une journée et pénaliser par là même ses utilisateurs ? Les autorités n?auraient pas tardé à percer le mystère de la panne de dimanche dernier: la police a pu procéder à l?arrestation de Vishal Ramessur, ancien Senior Chief Technician de Mauritius Telecom (MT) mercredi, grâce au rapport préliminaire de l?Information & Communication Technologies Authority (Icta) et à l?enquête interne menée par Mauritius Telecom.

Le présumé ?cybercriminel? comparaîtra probablement en cour de Port-Louis aujourd?hui après sa déposition officielle ce matin. Cela n?a pu se faire hier pour cause de mauvais temps.

Selon le rapport préliminaire de l?Icta, dont la copie finale sera remise aujourd?hui au ministre desTechnologies de l?information et des Télécommunications, l?opération aurait été montée à partir d?une connexion Internet classique (dial-up). Le ?cybercriminel? se serait connecté au réseau de MT dimanche dernier à deux reprises.

La première fois, c?était pour un laps de temps très court, soit une minute. La seconde fois, la connexion a duré 90 minutes. C?est le temps qu?il lui aurait fallu pour effacer la configuration du logiciel des processeurs et des disques durs tant au niveau de l?équipement principal que du matériel de sauvegarde. Une partie du logiciel du système de gestion du réseau de MT au niveau de l?échange de Port-Louis a été également altérée. Tel est le bilan établi par MT et un ingénieur de l?équipementier Nortel.

Coïncidence, le réseau est tombé en panne dès que le suspect s?est déconnecté. Pour être en mesure d?effectuer une opération de ce type, le saboteur devait détenir le mot de passe du réseau concerné. Or, seule une poignée de techniciens le connaissent.

Examen du disque dur

Au démarrage de l?enquête, MT soupçonnait trois anciens employés, dont un plus particulièrement. Ce dernier, en l?occurrence Vishal Ramessur, a soumis sa démission le 15 mars dernier pour prendre de l?emploi chez un fournisseur d?accès Internet concurrent le lendemain. Rapidement, MT et l?Icta ont pu remonter à l?ordinateur à partir duquel les modifications ont été orchestrées et en ont informé officiellement la police.

Mercredi après-midi, l?IT Unit du Central CID a effectué une descente chez le suspect et y a saisi un ordinateur portable. Un examen du disque dur de celui-ci aurait renforcé ses soupçons. C?est alors que le suspect a été arrêté. Le présumé ?cybercriminel?, Vishal Ramessur, qui a retenu les services de Me Joy Beeharry, nie cependant avec véhémence les charges qu?on lui reproche.

L?Icta devrait remettre aujourd?hui son rapport au ministre des Technologies de l?information et des Télécommunications Pradeep Jeeha lors d?une réunion. Des décisions devraient également être prises dans le but d?éviter que de tels problèmes ne se reproduisent à l?avenir.

Il ressort que MT aurait péché par imprudence dans cette affaire. Le réseau de la compagnie n?était pas à 100 % sécurisé, mais elle a pris les mesures appropriées pour y remédier. Autre élément troublant : MT n?a pas pris la précaution de changer de mot de passe donnant accès au réseau, malgré la démission récente de trois techniciens.

Possibilité de complot

Vishal Ramessur est provisoirement accusé ?d?avoir accédé sans autorisation à un système informatique avec l?intention de nuire?, selon le Computer Misuse & Cybercrime Act de 2003. Si sa culpabilité était prouvée, le suspect risque un emprisonnement de 20 ans et une amende maximale de Rs 200 000. L?enquête ne s?arrêtera toutefois pas là. La police, et en particulier le Central CID, n?écarte pas la possibilité d?un complot et compte également interroger d?autres personnes.

La panne a pénalisé 6 000 des 60000 abonnés de l?internet classique (dial-up) et l?ensemble des 3000 utilisateurs de l?internet haut débit (ADSL et lignes dédiées). Elle a affecté la majorité des compagnies engagée dans le Business Process Outsourcing et les centres d?appels. Ceux-ci ont été forcés au chômage technique pendant près de 24 heures. Une calamité pour une cyberîle.

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