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Hennie oblige, la météo et sa Journée

23 mars 2005, 20:00

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Les étés s?en vont, s?en viennent. Tantôt secs comme un motard verbalisant, tantôt mouillés comme une éponge imbibée. Les cyclones font de même, tel Hennie, nous procurant d?ultimes angoisses estivales. Du moins, espérons-le. Imperturbable, notre météo nationale, tant décriée par d?indécrottables ignorants, aspirant pourtant aux plus nobles fonctions, continue, bon an, mal an, de célébrer la Journée mondiale de sa spécialité scientifique qu?il tonne, pleuve ou flamboie.

Le 24 mars 1980, l?express titre déjà que ?nos services météorologiques sont à la hauteur?. Voilà donc un quart de ce siècle que ce journal a raison sur ce point précis. Il se fonde, il est vrai sur l?avis de l?expert venu installer le radar météorologique du Trou-aux-Cerfs et former nos techniciens appelés à photographier quotidiennement le ciel au-dessus de Maurice et à des centaines de kilomètres à la ronde.

Il se nomme Vaughn D. Rockney. Il a été président d?une des commissions spécialisées de l?Organisation mondiale de la Météorologie de 1966 à 1973, et chef de la division des opérations outre-mer du service météorologique états-unien de 1964 à 1974. Lassé des ennuis que procure une retraite trop paisible, il accepte l?offre du PNUD d?aller installer un radar météorologique au sommet du cratère éteint curepipien. C?est dire que nous avons affaire à un connaisseur, même si sa spécialité consiste à parler du temps qu?il fait en tous temps, à temps ou à contre-temps, bref de faire la pluie et le beau temps dans un département de la fonction publique pourtant.

Malgré son âge respectable, Rockney est de son temps et sait que pour détecter les cyclones et prévoir leur trajectoire, Maurice a besoin de satellites météorologiques en orbite au-dessus de l?océan Indien et de photos météorologiques des caméras installées à leur bord. A moins de 320 kilomètres de Maurice, le radar du Trou-au-Cerfs peut prendre le relais des satellites si serviables. Ce radar a ainsi suivi à la trace Laure pendant les 24 heures de son passage inopiné dans les parages de Maurice.

Satellite et radar pallient la difficulté majeure à laquelle doivent faire face les météorologues : l?absence d?informations. Ils peuvent épier tant qu?ils veulent un cyclone mais ne peuvent influer en quoi que ce soit sur sa trajectoire. Ils réussissent à nous prévenir du moindre changement de trajectoire, ce qui représente déjà un service des plus valeureux. Rockney sait ce que beaucoup de Mauriciens ignorent, à savoir qu?entre l?Australie et Maurice il n?y a pour ainsi dire aucun point d?observation météorologique digne de ce nom.

Ayant côtoyé nos météorologues pendant un semestre, plutôt cyclonique d?ailleurs, il est bien placé pour vanter les qualités de la météo mauricienne qui n?a pas grand-chose à envier aux meilleurs services du même type dans le monde. Il qualifie ses pairs locaux de chevronnés et de compétents.

Ce radar est équipé d?un émetteur d?ondes électromagnétiques et d?une antenne parabolique de 3,66 mètres de diamètre, protégée par un dôme en fibre de verre. L?émetteur émet des ondes de 164 pulsations par seconde. Elles rebondissent sur des gouttelettes de pluie et sont captées au retour par l?antenne géante du Trou aux Cerfs. Ces ondes se déplacent à 186 km à la seconde, ce qui permet d?établir la distance à laquelle se trouve par exemple un cyclone de Maurice. Il peut détecter la présence de bateaux et d?avions. Sa portée maximale est de 450 kilomètres.

Rockney rappelle que l?atmosphère tropicale est constituée de zones de basses et de hautes pressions. Dans un cyclone de l?hémisphère sud, le vent souffle dans le sens des aiguilles d?une montre et dans le sens inverse en cas d?anticyclones. Les cyclones se forment dans la zone de convergence tropicale quand se cognent les alizés du sud-est et les vents du nord-est. On connaît le mécanisme de formation d?un cyclone mais nul ne sait pourquoi telle zone de basse pression enfante un monstre cyclonique et pas telle autre. Raison de plus pour les surveiller de près et noter la moindre intensification. Humilité météorologique devant un temps qu?on se contente d?observer parce qu?on le sait capable de faire la pluie et le beau temps. Il rappelle enfin l?adage climatique enseignant que ? No hurricane, no sugar cane !? Que cela nous console des pertes cannières que pourrait nous causer Hennie qui, pour être tardif, n?en est pas moins dangereux pour des cannes à sucre frôlant les 1m75 de hauteur par endroits.

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