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Dixième anniversaire de l?attaque au gaz sarin de Tokyo
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Dixième anniversaire de l?attaque au gaz sarin de Tokyo
Il y a dix ans, l?heure de pointe du matin démarrait comme à l?habitude pour Tsutomu Ohmuro, contrôleur à bord du métro de Tokyo. Mais soudain, les passagers se sont mis à suffoquer.
?La panique s?est emparée des gens?, se souvient Ohmuro, 40 ans, l?une des milliers de victimes de l?attaque au gaz sarin qui a fait 12 morts, le 20 mars 1995, dans des métros bondés de la capitale japonaise. En tout, 5 000 personnes ont été intoxiquées par les gaz.
Hier, des employés du métro et des proches de victimes ont observé une minute de silence à 08 h 00, l?heure approximative à laquelle s?est produit l?attentat, perpétré par les fidèles de la secte de la Vérité suprême (Aum Shinri Kyo). L?attaque avait ébranlé le sentiment de sécurité qu?éprouvaient généralement les Japonais. Les enquêteurs ont déterminé que les fidèles de la secte Aum avaient libéré le gaz toxique en perçant les sacs qui le contenaient avec la pointe de leur parapluie.
Ce matin-là, Ohmuro s?est efforcé d?aider les victimes, terrorisées, à gagner la sortie, avant de s?effondrer lui-même. ?La station était remplie de silence?, dit-il. ?Je me suis senti impuissant, en entendant les bruits de pas s?évanouir peu à peu. Je me suis retrouvé seul, et puis j?ai perdu conscience.?
Il ne s?est toujours pas remis de ce qu?il a vécu le 20 mars 1995, et sa colère contre Shoko Asahara, le gourou de la secte Aum, condamné en février 2004 en tant que cerveau de l?attentat, ne s?apaise pas. ?C?est impardonnable?, estime-t-il.
La secte a reconnu en 1999 avoir perpétré l?attentat. Un an plus tard, elle se rebaptisait Aleph ? la première lettre de l?alphabet hébreu ? en se présentant comme un mouvement inoffensif. Ses membres font cependant toujours l?objet d?une étroite surveillance judiciaire.
Exécution souhaitée
?Il y a encore des fidèles qui proposent de sacrifier leur vie pour tuer des gens, si le gourou le leur demande?, a déclaré Takashi Ohizumi, directeur de l?Agence de renseignement de la sécurité publique, dans un récent entretien accordé à Reuters. Selon lui, la secte a recruté de nouveaux membres, mais ses effectifs ont fondu après l?attentat. Son noyau dur compte environ 650 membres. Un millier d?autres personnes peuvent être considérées comme des sympathisants au Japon, et la secte dénombre également 300 membres en Russie, selon le gouvernement japonais.
En 1995, la secte comptait environ 11 400 membres au Japon et 40 000 en Russie. A l?issue de huit ans de procès, Asahara, dont le vrai nom est Chizuo Matsumoto, a été condamné à la mort par pendaison pour toute une série de crimes, notamment pour avoir commandité l?attaque au gaz sarin. Mais on ignore toujours quel était son mobile.
Selon les médias, Asahara, qui est en prison, ne parle plus et semble totalement coupé de ce qui l?environne. Il a créé la secte en 1987, s?inspirant de principes bouddhistes et hindous, entre autres. Le gourou a prédit entre autres que les Etats-Unis attaqueraient le Japon à l?arme nucléaire.
Douze autres fidèles de la secte Aum ont été condamnés à mort pour le rôle qu?ils ont joué dans l?attentat. Aucun n?a encore été exécuté, et la procédure d?appel engagée par Asahara pourrait prendre des années.
?Nous aimerions que sa condamnation à mort soit confirmée rapidement?, soupire Shizue Takahashi, 58 ans, une représentante de l?Association des victimes de l?attentat, dans lequel son mari a trouvé la mort. L?organisation a demandé en vain des dédommagements financiers au gouvernement japonais et à la municipalité de Tokyo.
<B>Teruaki UENO</B>
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