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À paraître
<I>?Ecoutons le vent,il a quelque chose de dernière minute à nous dire.? Arnaldo Calveyra
Comme le hasard fait souvent bien les choses : au moment d?écrire les 1000 mots auxquels j?ai désormais droit pour Mémoriales ? recommandation de la rédaction en chef, à laquelle, en bon chroniqueur, je me soumets volontiers ? je retrouve les mots du poète argentin Arnaldo Calveyra que je cite ici, en épigraphe : ils sont de circonstance?
Je commence avec mon ami Jean Noël Schifano que j?ai dû rappeler plusieurs fois ? sa fonction de directeur de la Collection Continents Noirs, chez Gallimard, n?est pas de tout repos. Il m?a généreusement parlé de Natacha Appanah, pour annoncer que la sortie en librairie du troisième roman de notre compatriote, était prévue pour septembre prochain. Il a pour titre La noce d?Anna, ?un livre émouvant, et qui mobilise toute la maison Gallimard.? Et souligne Schifano : ?Natacha Appanah est une grande professionnelle ? elle sait dégraisser l?écriture? et son don de narratrice est immense? Elle a toutes les chances de bien figurer au palmarès des grands prix 2005?. Nous touchons du doigt l?ébène, notre bon bois noir !
Notre très chère Ananda Devi n?est pas en reste. Je l?ai appelée de Pretoria, en Italie, à Rome, et à Bologne où l?on célèbre la sortie de la version italienne de deux de ses romans : Draupadi et Pagli qui ont connu un succès unanime auprès du public mauricien, mais seulement. Tôt, dans la matinée, elle m?a répondu de sa chambre d?hôtel, où elle travaillait à écrire. ?Ce sont des occasions à ne pas perdre?, m?a-t-elle confié. ?Il m?arrive d?examiner plus d?un manuscrit à la fois.? J?en ai profité pour transgresser un peu plus, la grande retenue qui est la sienne. Ananda a fini par concéder qu?elle avait terminé, depuis un certain temps déjà, la rédaction de plus d?une version d?un même roman écrit sur fond africain, le génocide rwandais, mais sans pour autant le préciser. ?J?ai besoin de prendre un certain recul et ne pas me précipiter à donner livre sur livre??. Son ?uvre déjà riche, requiert un temps dont elle seule sait comment en disposer?
"Mon souci, pour tout dire, ma passion est bien cette littérature mauricienne (?) Je souhaite qu?elle soit encore et plus abondamment connue et aimée".
J?en viens à la Collection Maurice que dirige de concert Rama Poonoosamy et notre romancier-cinéaste Barlen Pyamootoo. Une collection inaugurée en 1994 et qui a permis, dans le domaine si particulier à illustrer parce que soumis à des critères bien précis d?inspiration et de concision, celle de la nouvelle, d?une part l?éclosion et d?autre part, l?affirmation de talents exercés dans le libre usage de l?anglais, du créole et du français. On se souviendra longtemps du premier des 11 recueils parus à ce jour : Le tour de l?île en quatre-vingts lieux. Cette collection est une initiative bien de chez nous et par ailleurs, ouverte sur l?universalité des thèmes traités. Preuve en est la diversité enclose dans l?éventail des titres à dessein : Au tour des femmes, Demain et Après, Au nom de l?amour, Kaléidoscope, Histoires d?Enfants, Nocturnes, Zistwar fer per, Travel Stories, Investigations, Lor lamer et? un douzième actuellement en cours de réalisation : Affaires de principe. Il s?agit, me faxe Rama Poonoosamy, ?d?histoires de principes d?hommes et de femmes qui y tiennent ou y renoncent, qui se battent résolument envers et contre tous, ou mènent un difficile combat intérieur??
Le téléphone sonne et j?apprends, de la bouche même de l?auteur, que suite à Au temps de l?île de France (1507?1810), le premier tome de Mauriciens Enfants de Mille Races, Jean-Claude de l?Estrac s?apprête à publier, en novembre prochain, un deuxième tome consacré à la période de notre histoire où débute la colonisation anglaise (1810) jusqu?à l?Indépendance (1968). Son plan de travail prévoit un troisième et dernier tome (1968 à nos jours). Une trilogie, qui selon son propre dire, exprime ?l?exigence (?) de s?élever au-dessus des querelles d?un autre temps pour appréhender ensemble les complications de l?histoire commune des Mauriciens.?
Mon souci et, et pour tout dire, ma passion est bien cette littérature mauricienne à laquelle, à ma mesure, je contribue. Je souhaite qu?elle soit encore et toujours plus abondamment connue et aimée. Elle le mérite? Et j?écris, j?appelle, comme ici?
À Shenaz Patel à qui je reproche de ne pas m?avoir envoyé Le silence des Chagos, paru aux éditions de l?Olivier, comme Sensitive, en 2002. Le Prix Radio France de l?océan Indien qu?elle reçut pour Portraits de Chamarel prouve qu?écrire n?est pas qu?un exercice, mais quelque part, la poursuite d?une quête autrement plus ensoleillée, et qu?elle doit poursuivre?
À Marie-Thérèse Humbert dont chaque roman, depuis A l?autre bout de moi, est empreint de la volonté jamais tarie de dire le monde, son monde, le nôtre, peu importent les théâtres proches ou lointains. Ça fait quatre ans, depuis la publication de son dernier titre Comme un vol d?ombres. Quatre années, pour moi et pour son public, trop longues. Et j?ai pris peur? Mais je la retrouve au bout du fil. La voix de plus en plus claire, Marie-Thérèse me parle d?une ?uvre en gésine : Le ciel au bout de la friche ou Le ciel derrière la friche, elle n?a pas encore tout à fait choisi. Une histoire où elle revient dans l?île qu?elle a inventée : ?Le Ligoualan?, cette fois dans sa partie désertique, dans le ?gast?, comme elle précise. Mais pour nous c?est le ?ciel?, qu?importe si ?au bout ou derrière.? Le ciel?
Voilà que, j?arrive à mes 1000 mots prescrits. Je dois donc abréger, mais je vous promets que vous aurez d?autres nouvelles littéraires la semaine prochaine?
Pretoria, 17-18 mars 2005
Edouard J. MAUNICK
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