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Le sens de la mort

21 mars 2005, 00:00

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Dans sa conférence donnée au Centre culturel d?expression française, à Curepipe, jeudi dernier, Joseph Cardella, enseignant de philosophie au Lycée Mascareignes, a interrogé le sens de la mort, notre destinée. Est-elle une fatalité ?

Il existe, selon notre conférencier, une attitude fataliste face à la mort. Cela consiste à dire que ce qui doit arriver arrivera. C?est quelque part nier toute idée de liberté humaine. C?est dans la mort que l?attitude fataliste est à son apogée. C?est lorsqu?elle survient que l?idée de destin, et l?attitude qui lui va comme un gant, le fatalisme, est la plus partagée. On dit bien lorsqu?un proche meurt : ?il est mort, c?était son destin !? C?est dire que nous n?avons pas le choix et qu?agir ne sert à rien. La mort est donc inéluctable ; nous ne pouvons y échapper. Alors comment vivre ? se demande Cardella.

Il existe une conception selon laquelle la vie est une manière de préparer la mort. En fait, explique-t-il, dans beaucoup de religions, la mort n?est qu?un passage vers une autre vie, plus importante que celle-ci. Platon soutient que ?la mort est un raccourci qui nous mène au but?. Et il fait dire à Socrate que philosopher, c?est apprendre à mourir : ?Tous ceux qui s?appliquent honnêtement à la philosophie ne s?occupent que de mourir?.

Beaucoup de philosophes, nous apprend Cardella, pensent que la mort est ce qui permet de philosopher, et qu?il n?est guère de salut personnel possible sans une prise en considération sérieuse et réfléchie de la mort. Les stoïciens affirment qu?il faut accepter la mort comme un phénomène naturel. Il faut alors agir sur nos représentations, nos désirs, nos jugements. Il faut vivre chaque jour comme si on devait mourir demain, afin de se consacrer à ce qui est essentiel, important.

Après Platon, c?est vers Epicure que se tourne notre conférencier. Ce philosophe avait développé une doctrine matérialiste selon laquelle dans la nature il n?y a que de la matière et rien d?autre. Il avait développé une approche assez originale de la mort. Avec lui, c?est possible de la dédramatiser car, lorsque la mort survient, ? le corps et l?âme, qui sont composés de matière, se décomposent?, donc, ils deviennent insensibles au plaisir et à la douleur. On peut donc dire que pour Epicure la mort est totalement extérieure à la vie. Et donc on ne doit pas craindre ce que, par définition nous ne connaîtrons jamais et n?expérimenterons jamais. Ainsi, déduit Cardella, la mort ne peut donc pas être une fatalité.

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